De la liberté

 

Pour parvenir à garder un autre individu en sa puissance, on peut avoir recours à différents procédés.

On peut l'avoir immobilisé par des liens, on peut lui avoir enlevé ses armes et toutes possibilités de se défendre ou de s'enfuir.
On peut aussi lui avoir inspiré une crainte extrême ou se l'être attaché par des bienfaits, au point qu'il préfère exécuter les consignes de son maître que les siennes propres, et vivre au gré de son maître qu'au sien propre.

Lorsqu'on impose sa puissance de la première ou de la seconde manière, on domine le corps seulement et non l'esprit de l'individu soumis. Mais si l'on pratique la troisième ou la quatrième manière, on tient sous sa dépendance l'esprit aussi bien que le corps de celui-ci. Du moins aussi longtemps que dure en lui le sentiment de crainte ou d'espoir. Aussitôt que cet individu cesse de les éprouver, il redevient indépendant. Même la capacité intérieure de juger peut tomber sous la dépendance d'un autre, dans la mesure où un esprit peut être dupé par un autre.

Il s'ensuit qu'un esprit ne jouit d'une pleine indépendance, que s'il est capable de raisonnement correct.
On ira plus loin. Comme la puissance humaine doit être appréciée d'après la force non tant du corps que de l'esprit, les hommes les plus indépendants sont ceux chez qui la raison s'affirme davantage et qui se laissent davantage guider par la raison.

En d'autres termes, je déclare l'homme d'autant plus en possession d'une pleine liberté, qu'il se laisse guider par la raison.

Spinoza

***************


 


Visiteurs uniques 

Libre de penser, libre de dire, libre d'écrire, libre d'oser, libre engagement, libre distance, libre de vivre.....libre vent

L'interdit de publier, d'afficher ou de diffuser de l'écrit, de la parole ou de l'image, est de tous les siècles et de tous les régimes... Libre Vent c'est évidemment tout le contraire !  La liberté d'informer et de s'informer ne s'use que lorsque l'on ne s'en sert pas... Je place ce site sous la responsabilitée et le controle de l'Organisation des nations unies...

Mercredi 26 novembre 2008 3 26 /11 /Nov /2008 10:19
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Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /Nov /2008 17:22

Les paradis fiscaux peuvent dormir tranquilles


A Toulon, le 25 septembre, Nicolas Sarkozy parlait de refonder le capitalisme et lançait : « Il faudra bien aussi se poser des questions qui fâchent, celles des paradis fiscaux… »


Très habile formulation, à laquelle il doit probablement une bonne moitié des points gagnés dans l’opinion à la faveur de la crise. D’un coup, celui qui embrassait les évadés du fisc durant la campagne électorale, devenait le chevalier blanc des honnêtes contribuables.

Certes, il ne précisait pas les termes de la question. Cela le dispensait d’y répondre. Ne nous fâchons pas.

S’il avait vraiment souhaité la disparition des paradis fiscaux, Nicolas Sarkozy n’aurait pas crié victoire samedi à Washington, commentant les résultats du « G20 ».

« S’agissant des paradis fiscaux, assura-t-il à la presse, c’est parfaitement clair. Il y aura sarkozy-deux-mains-ecartees.1226887907.jpgune obligation pour les banques de déclarer tout ce qu’elles investissent ou tout ce qu’elles font dans les paradis fiscaux ».

C’est une interprétation flatteuse de la déclaration finale du « sommet », d’où les mots « paradis fiscaux » sont d’ailleurs absents. Mais le Chef de l’Etat n’est pas homme à se laisser démonter pour si peu. Interrogé sur cette lacune, il transforma sa conférence de presse en une sorte de sketch. La vidéo est ici. Le passage commence aux deux-tiers.

« Alors l’expression internationale, c’est… les pays… non… les centres non coopératifs. Excusez moi, hein ! Alors pourquoi on ne dit pas paradis fiscaux ? On m’a expliqué que c’était le truc normé international. Centres non coopératifs. Ah bon. J’ai dit : qu’est-ce que ça veut dire ? Ah ! C’est les paradis fiscaux ? OK ! D’accord ! Alors, allons pour les centres non coopératifs… ».

Et d’ironiser : « C’est une concession énorme qui a été faite. M’enfin, je n’ai pas le souvenir que dans l’histoire des sommets, on ait parlé avec cette précision des centres non coopératifs pour dire qu’il seront désormais contrôlés et qu’il y aura des obligations de transparence sur ce que font nos banques dans ces centres ».

andorre-timbre.1226888103.jpgPrécisons toutefois que « juridictions non-coopératives », ce n’est pas « le truc normé » pour dire « paradis fiscaux ». Il s’agit des paradis fiscaux qui restreignent, voire refusent tout échange d’information même lorsqu’ils sont sollicités par un Etat tiers dans le cadre d’une procédure judiciaire. L’OCDE les raye de sa liste dès qu’ils timbre-monaco.1226888207.jpgs’engagent à faire mieux. Aujourd’hui, ils n’y sont plus que trois: Andorre, dont Nicolas Sarkozy est coprince avec l’évêque d’Urgell, le Liechtenstein, et Monaco.

Les paradis fiscaux, dont la liste est à géométrie variable, sont beaucoup plus nombreux que ça. L’administration fiscale américaine en énumère trente-quatre sur sa liste, reprise dans le projet de loi anti paradis fiscaux notamment signé par Barack Obama. La Suisse et le Luxembourg y figurent, mais pas Monaco.

timbre_liechtenstein_1989_calcite.1226888308.jpgQuant aux engagements du G20, ils sont un peu plus flous que Nicolas Sarkozy l’assure. Les Vingt prendront « des mesures de protection contre les risques financiers illicites issus de juridictions non coopératives ». Et ils continueront de promouvoir « l’échange d’informations, notamment en ce qui concerne les juridictions qui ne se conforment pas encore aux normes internationales en matière de secret bancaire et de transparence. »

Du jamais vu au G7 puis au G8 ? Ceux que cela intéresse liront les morceaux choisis des déclarations finales des chefs d’Etats ou des ministres des finances aux sommets de Lyon (1996), Cologne (1999), Okinawa (2000), Gènes (2001).

Notez qu’à ces « sommets » passés, il fut parfois question de protéger les marchés financiers contre les dérapages - avec l’efficacité que l’on sait. Quant à l’OCDE, elle concède que les engagements pris par les paradis fiscaux rayés de la liste noire ne sont pas tous suivis d’effets. Si Nicolas Sarkozy s’était posé la question, on n’en serait pas là.

Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 18:01

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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /Nov /2008 19:25
Des économistes lancent un appel en faveur de la candidature de Benoît Hamon

Pour eux, le prochain secrétaire du Parti Socialiste, c'est lui. Des économistes apportent leur soutien à Benoît Hamon : il serait le seul à réaliser le bon diagnostic à propos de la crise actuelle, ouvrant de «nouvelles voies». Voici leur appel.

L’économie subit sa plus grave crise depuis 1929. Les pistes que notre pays empruntera pour en sortir dépendront avant tout des choix politiques qui seront réalisés. C’est pourquoi, en tant qu’économistes, quelles que soient nos appartenances politiques, nous ne sommes pas indifférents à l’issue des débats internes qui se mènent  au sein du principal parti d’opposition.

Nous sommes conscients que ce dernier jouera un rôle décisif dans la constitution dans une alternance capable de déboucher sur une alternative réelle. Pour se faire, le Parti Socialiste devra tirer un bilan sans concession des politiques menées depuis plus de deux décennies.

Au cours de cette période, la financiarisation de l’économie, la déréglementation bancaire, le libre-échange incontrôlé, l’ouverture à la concurrence dans les secteurs de service public, les soi-disant réformes structurelles du marché du travail et les politiques macroéconomiques conduites ont creusé les inégalités et se sont avérées incapables d’assurer le plein-emploi.

Ces politiques ont, au contraire, abouti à une détérioration constante de la situation du plus grand nombre. Elles ont, de reniements en reniements, conforté les discours sécuritaires et identitaires. Il convient donc, dès maintenant, de penser la politique nécessaire pour assurer la transition vers un nouveau modèle de croissance et de développement.

Les réflexions économiques des candidats à la direction du Parti Socialiste laissent présager de la politique qui sera menée. A cet égard, les chantiers que propose de creuser Benoît Hamon ouvrent des voies nouvelles et pertinentes dans le contexte actuel.

Parmi ceux-ci, l’entrée de l’Etat dans le capital des banques recapitalisées est nécessaire pour contrôler, consolider et étendre la sphère du pôle public financier pour reconstruire les conditions de stabilité et d’efficacité du mécanisme du crédit. Ceci doit aussi se faire dans le cadre d’un redéploiement de la politique industrielle qui assume pleinement les responsabilités de l’État comme organisateur, comme initiateur, mais aussi le cas échéant comme producteur.

Les services publics doivent être le modèle de référence de la gestion des biens collectifs. Le système fiscal doit être rendu plus redistributif pour éviter que l’effort de financement de l’action publique ne pèse avant tout sur les classes moyennes et modestes qui subissent la crise du pouvoir d’achat. Ceci implique un contrôle sur les mouvements financiers afin de pénaliser les pratiques d’évasion et de concurrence fiscale qui sont les moyens que les plus riches se donnent pour se soustraire à la loi commune et violer ainsi les principes de la décision démocratique.

La puissance publique doit organiser, avec les partenaires sociaux, l’indexation des salaires sur l’inflation et les gains de productivité. L’extension de l’assiette des cotisations sociales doit être privilégiée, comme alternative au recul de l’âge de la retraite pour préserver le système par répartition. La progressivité et la modulation de l’impôt sur les sociétés doit permettre de taxer la rente et de favoriser les entreprises qui investissent et qui créent des emplois. On ne saurait tolérer plus avant les pratiques de dumping fiscal, social et écologique que l’on constate hors mais aussi dans l’Union Européenne et qui aboutissent, par le biais du libre-échange, à défaire de l’extérieur ce qui a été construit à l’intérieur.

Des protections sont donc nécessaires et seront à mettre en place, notamment par l’activation du principe de préférence communautaire, pour mettre fin à la déflation salariale et garantir les normes sociales et écologiques contre le libre-échange. Un véritable New Deal doit être élaboré pour sortir l’Europe de la récession. Pour cela, l’Europe doit pouvoir lever l’emprunt. Le pacte de stabilité doit être définitivement abandonné. Les statuts de la Banque Centrale Européenne (BCE) doivent être refondés pour permettre une politique monétaire faisant du plein emploi et de la stabilité du système financiers des objectifs à part égal avec la stabilité des prix. L’action de la BCE doit être intégrée dans une logique de politique économique globale, à l’inverse du dogme d’indépendance qui n’est ni fondé en théorie, ni désormais applicable en pratique.

La candidature de Benoît Hamon a d’ores et déjà permis de réhabiliter de nombreux débats interdits de politique économique. Il est temps de les aborder de front, car la poursuite d’une stratégie consistant à amender à la marge le modèle de croissance néo-libéral se trouverait décalée vis-à-vis des défis qu’il faut relever en ce moment-charnière pour élaborer un programme de sortie de crise.

 

Premiers signataires : Bruno Amable (Université de Paris 1), Angel Asensio (Université de Paris 13), Liêm Hoang-Ngoc (Université de Paris 1), Thierry Kirat (Université de Paris 9, CNRS), Dany Lang (Université de Paris 13), Jérôme Maucourant (Université de Saint-Etienne), Jean-Marie Monnier (Université de Paris 1), Stefano Palombarini (Université de Paris 8), Véronique Parel (Université de Paris 1), Bernard Paulré (Université de Paris 1), Muriel Pucci (Université de Paris 1), Nathalie Rey (Université de Paris 13), Michel Rocca (Université de Grenoble 2), Jacques Sapir (EHESS), Richard Sobel (Université de Lille 1), Damien Sauze (Université de Bourgogne), Patrick Ternaux (Université de Grenoble 2), Nadine Thévenot (Université de Paris 1), Bruno Tinel (Université de Paris 1), Stéphane Tizio (Université de Bourgogne), Julie Valentin (Université de Paris 1), Franck Van de Velde (Université de Lille 1).

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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /Nov /2008 18:04

Le quotidien Le Figaro a effacé, sur sa Une, le bijou coûteux que la ministre porte à sa main gauche.


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Plus d’an an après le gommage des poignées d’amour de notre cher Président dans Paris Match, c’est au tour de Rachida Dati de connaître cet honneur: la retouche. Et ça se passe dans le Figaro.


L’information est révélée par nos confrères de L’Express ce jeudi. En réponse à la lettre des 534 magistrats transmise en début de semaine à la Chancellerie, dans laquelle ils dénoncent l’«incohérence des politiques pénales» et demandent à la ministre des «excuses publiques» envers une magistrate, la garde des Sceaux répond aux critiques dans une interview au Figaro, propriété de Serge Dassault, autre proche de la présidence, comme l’est Arnaud Lagardère, le propriétaire de Paris Match.


L’information est d’une importance telle que le quotidien en fait sa Une. Avec une photo de Dati, prise au Sénat le 17 juin dernier, pour l’illustrer. Comme par magie, la bague que la ministre porte sur l’original, le modèle «Liens» de la marque Chaumet «en or gris pavé diamants» d’une valeur de 15.600 euros, a disparu.


Commentaire de la rédactrice en chef du service photo du Figaro, recueillie par L’Express: «On assume. On ne voulait pas que la bague soit l’objet de la polémique.» Ça a parfois du bon d’avoir des amis patrons de presse...


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Dimanche 16 novembre 2008 7 16 /11 /Nov /2008 00:05



Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /Nov /2008 15:44
Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 07:21
Le Monde révèle que les coûts de personnel des ministères sont en très nette hausse, avec l'embauche de 357 personnes supplémentaires et une hausse des primes de 20%.

Sale temps pour un Etat qui se veut économe, mais qui, dans les faits, à souvent du mal à mettre en pratique cette discipline budgétaire. Après la hausse des dépenses de l'Elysée (http://www.lefigaro.fr/politique/2008/10/14/01002-20081014ARTFIG00718-nouvelle-polemique-autour-du-budget-de-l-elysee-.php), après le rapport au vitriol de la Cour des comptes sur les dépenses de l'Assemblée (http://www.lefigaro.fr/politique/2008/11/03/01002-20081103ARTFIG00271-la-gestion-de-l-assemblee-nationale-epinglee-.php), c'est au tour des ministères de se voir épinglés.

Selon une enquête du Monde (http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/11/05/les-frais-de-personnel-des-ministres-explosent_1115159_823448.html), les frais de personnel ont explosé au sein du gouvernement. S'appuyant sur une annexe au projet de loi de finances 2009, le journal constate que les effectifs des cabinets ministériels sont en hausse : 397 personnes supplémentaires, soit environ 20% de plus en un an. Les personnels de soutien (sécurité, assistance administrative, intendance ou logistique) sont quant à eux en hausse de 15%.

Ces hausses de personnels ont eu lieu alors que François Fillon avait fait passer une circulaire à ses ministres, leur demandant de ne pas dépasser 20 conseillers par ministre de plein exercice et quatre conseillers par secrétaire d'Etat. Une consigne qui a été suivie par quelques ministres : Eric Woerth (Budget), Brice Hortefeux (Immigration), Rachida Dati (Justice), Christine Boutin (Logement) et Christine Albanel (Culture) ont obéi. En revanche, aucun des secrétaires d'Etat ne fonctionne avec moins de six personnes dans son cabinet. Record : Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation, qui emploie 18 conseillers.

Les primes en hausse de 20%
Mais d'autres membres du gouvernement ont également embauché à tour de bras. C'est le cas de Christine Lagarde, qui a recruté en 2008 21 nouveaux conseillers et qui emploie au total 66 personnes dans son cabinet. Xavier Bertrand, ministre du Travail, a embauché 36 personnes en 2008, dont 14 dans son cabinet. Roselyne Bachelot (Santé) a quant à elle recruté 52 personnes, dont 21 dans son cabinet. Plus gênant en pleine crise du pouvoir d'achat, les «indemnités pour sujétions particulières» accordées aux personnels des cabinets sont en hausse de 20% également.

Au total, ce sont 5 millions d'euros supplémentaires qui ont été accordés aux collaborateurs des ministres et secrétaires d'Etat. Dans le détail, Matignon a augmenté de 45% le montant de ces primes (+2,2 millions d'euros), le secrétariat d'Etat aux anciens combattants de Jean-Marie Bockel a quant à lui augmenté ces bonus de 83%. La palme revient au secrétariat d'Etat à la prospective d'Eric Besson, qui voit les primes augmenter de 125%.
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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 01:38
Dans la série boulette-qui-révèle-le-fond-de-mon-inconscient, Brice Hortefeux a fait assez fort hier mercredi 5 novembre sur BFM radio en estimant que l'élection de Barack Obama avait «un côté symbolique puisque chacun sait qu' (il) est d'une famille issue de l'immigration». Ajoutant: «C'est le témoignage que le défi de l'intégration peut être relevé.» Obama immigré? Son père était certes kenyan mais le futur président des Etats-Unis est né à Hawaï, Etat américain, d'une mère américaine.
Est-ce à dire que sa peau noire en fait d'office un immigrant ?

Lors d'une visite officielle aux Etats-Unis le 6 novembre 2007, Nicolas Sarkozy avait lui aussi gaffé.
«Moi, j'admire les Etats-Unis, avait-il déclaré, parce que Madeleine Albright, Colin Powell, Mme Rice, ce n'est pas des Américains de longue tradition.»

Or, si Madeleine Albright est effectivement née en Tchécosvolovaquie et a été naturalisée américaine et si Colin Powell est né à New York de parents jamaïcains, ce qui peut à la rigueur en faire des Américains de «fraîche» tradition, Condoleezza Rice est née, elle, aux Etats-Unis de parents et de grand-parents américains.

Sauf que, comme Barack Obama, elle est noire. Coïncidence ?
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 08:08
A 5 heures 05, heures de Paris, le 5 novembre 2008, Barack Obama est devenu le 44e président des Etats-Unis. Et le premier président noir. «Est-ce qu'il y a quelqu'un qui doute que tout est possible aux Etats-Unis?» a-t-il demandé en préambule de son discours.

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Tout un symbole. Le bushisme s'est éteint là où il avait vu le jour, il y a huit ans, en Floride, cet Etat ensoleillé du Sud-Est des Etats-Unis, paradis des touriste et des retraités, qui avait installé le règne des néo-conservateurs en 2000.

A l'époque, on s'en souvient, il avait fallu près d'un mois et demi de contestations et de recours en tous genres, sous l'œil attendri (et attentif) de son frère Jeb, gouverneur des lieux, pour que George W. Bush finisse par faire avaliser sa victoire par 537 voix d'avance par la Cour suprême. En décrochant les 27 grands électeurs de la Floride, et bien que devancé de 500 000 voix au vote populaire par le démocrate Al Gore, George W. Bush s'était ouvert les portes de la Maison-Blanche. Barack Obama n'aura pas eu besoin d'autant de temps pour les claquer au nez de celui qui n'aura jamais pu se débarrasser du fardeau des années Bush, le républicain John Mac Cain. Cette nuit, il a fallu à peine trois heures à Barack Obama pour voir tomber cet Etat-clef de 18 millions d'habitants, symbole des fameux « swing states », dans son escarcelle. En remportant la Floride avec 51% des suffrages (contre 49% pour McCain), Etat symbole de la débâcle économique du bushisme et frappé de plein fouet par la crise des « subprimes » le candidat démocrate s'est assuré de dépasser la majorité de 270 grands électeurs nécessaire pour devenir, en janvier prochain, le nouveau président de Etats-Unis.

Un peu plus tôt dans la soirée, les Etats de la côte est s'étaient peu à peu colorés sur la carte du pays les uns en rouge, couleur des républicains de John Mac Cain, les autres en bleu, teinte des démocrates de Barack Obama, sans que ne se produise de véritable surprise. Les deux premiers signes encourageants pour le candidat démocrate furent la sauvegarde, haut la main, de la Pennsylvanie (21 grands électeurs), Etat convoité par JohnMac Cain qui y avait concentré l'essentiel de ses forces, et le gain , par une marge plus étroite de l'Ohio (20 grand sélecteurs). Cet Etat du nord-est du pays frappé par la crise économique et la désindustrialisation avait assuré la réélection de George W. Bush face à John Kerry en 2004. En l'emportant dans l'Ohio, Obama, qui avait recueilli le soutien de Bruce Springsteen lors d'un concert, dimanche soir, à Cleveland devant 80 000 personnes, avait fait un grand pas vers la victoire, confirmant sa capacité à séduire la classe moyenne blanche paupérisée et les classes populaires durement frappées par la crise. A l'ouest du pays, le candidat démocrate est aussi parvenu à enlever les 5 grands électeurs du Nouveau-Mexique, Etat qui avait également voté George W. Bush il y a quatre ans.

Un taux de participation record
Au final, c'est bien un scrutin historique, marqué par un record absolu de la participation électorale (80% dans l'Ohio !), qui a porté cette nuit, de façon nette et sans appel, le premier président noir à la Maison-blanche. Un homme de 46 ans qui a triomphé, justement, parce qu'il est parvenu à dépasser la question raciale pour se poser en rassembleur d'une Nation divisée, en médecin de ces deux Amériques qui se sont tellement affrontées depuis huit ans, et plus encore depuis le 11 septembre 2001 et ses conséquences. Après s'être révélé au grand public il y a seulement quatre ans, lors de la convention démocrate qui avait adoubé John Kerry, puis en se faisant élire gouverneur de l'Illinois, Barack Obama l'a donc emporté haut la main en dépensant plus de 600 millions de dollars au fil de la campagne la plus coûteuse de toute l'histoire des présidentielles américaines. Vainqueur dans les urnes, il est ainsi passé du « Yes we can » au « Yes, he did » !

Reste le plus difficile : d'une part, concrétiser ce « changement » qui fut son slogan de campagne, dans la vie quotidienne des Américains, notamment à travers la réforme du système de protection sociale et la mise en place d'une fiscalité plus juste et relever une économie mise à bas par une crise financière qui a assuré son succès électoral ; d'autre part, restaurer aux yeux du monde l'image et le prestige d'un pays durement décrédibilisé par le bellicisme et l'intolérance bushistes. Au vu de l'Obamania qui enflamme la planète depuis des mois, il ne sera pas simple de décevoir pour celui qui est d'abord le nouveau président des Etats-Unis, soucieux de défendre les intérêts de son pays, quand tant de ses supporters à travers le monde, le rêvent – et le fantasment – en icône humaniste, dépositaire de l'héritage humaniste de Martin Luther King…

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