Jeudi 1 février 2007
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La vie politique a entrepris de courir après la tendance people. La course est effrénée et devient donc extrêmement préoccupante car elle peut conduire au gouffre la politique elle-même. Au nom de la notoriété, clé de tous les succès, les candidats(e)s recherchent désespérément la soutien du showbizz, du sport, des médias, des écrivains... Le programme passe mais ces noms alignés sur une liste constituent un renfort très valorisant car ils crédibilisent une personne hors de son domaine de compétence. Le paradoxe réside dans le fait que l'on se reconstruit une image très écornée en allant puiser des renforts chez des gens réputés recommandables mais totalement ignorant des arcanes de la gestion publique. Ils ne sont là que comme potiches décoratives lors de meetings ou de réunions afin de mobiliser l'œil béni des caméras. Cette américanisation des campagnes électorales éloigne le citoyen des véritables enjeux et confirme que, désormais, seules les apparences comptent. Il y aura donc de plus en plus d'interaction entre le monde des gens qui comptent médiatiquement et ceux qui essaient de convaincre. La mutation s'accélère avec l'intrusion de Nicolas Hulot dans le jeu habituellement réservé à une clientèle se connaissant sur le bout du bulletin de vote.
Le problème c'est que le mélange des genres peut conduire à l'effet inverse de celui que l'on recherche. Nicolas Sarkozy qui annonce toujours à grand renfort de communiqués de presse les ralliements dont il fait l'objet doit devenir plus prudent. Il vient en effet d'essuyer trois revers qui peuvent servir de leçon à d'autres : il vaut mieux bien réfléchir avant de coucher sur le papier quelques noms douteux de la nomenklatura des variétés. A Marseille il avait dans les plis du drapeau tricolore embrassé son grand ami Johnny ancien supporter acharné de Jacques Chirac avant de saluer le fumeur de moquette Doc' Gynéco et de se frotter goulûment à Pascal Sevran. Il tenait avec ce trio, atypique pour un Ministre de l'Intérieur en exercice, son viatique pour la marginalisation. Il espérait casser sa classification d'homme d'un ordre injuste en s'acoquinant avec des personnalités opposées à ce que le grand public pense de lui. Même si l'attelage paraissait surréaliste il avait provoqué suffisamment de commentaires pour justifier son installation. Il restait à vérifier si au-delà de l'effet d'annonce il aurait un développement durable. En quelques jours on est revenu à la triste réalité. Son trio de Mousquetaires s'est effondré beaucoup plus discrètement qu'il était arrivé au sommet médiatique.
Le premier à avoir " sombré " fut le couple formé entre un " ministre-candidat-président " et le rappeur nonchalant dans tous les domaines Doc' Gynéco. Ce parangon de l'intelligence et du savoir-vivre (surtout envers les femmes) est tellement recommandable dans la gestion publique qu'il avait oublié de déclarer ses revenus pendant 4 ans... Un exemple dans un comité de soutien ! En 2001 il se disait proche du parti socialiste mais cette année, il adhère à l'UMP et annonce son soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle. Doc Gynéco déclare le considérer comme son " petit maître à penser " et " un ami ". Il était proche de lui depuis quelque temps déjà. Il compte, explique-t-il avec une enthousiasme débordant sur la politique sociale de Sarkozy pour redonner aux habitants des banlieues leur dignité et leur faire quitter leur " tempérament d'assistés " tout en traitant les banlieusards de clowns.
Même s'il n'est pas le premier people à avoir rejoint le clan Sarkozy, Jean Réno, Depardieu, Clavier, Bigard, Barbelivien ou plus récemment Steevy l'ont fait avant lui. Peu importe que Doc Gynéco ait de gros problèmes à régler avec le fisc, qui lui réclame tout de même 665 750 €, soit plus de 4 millions de nos anciens francs. Pourquoi tant de haine ? Eh bien parce que Doc Gynéco aurait "oublié" de payer ses impôts entre... 1998 et 2000 (une paille !). Déjà en 2004, son appartement parisien avait été hypothéqué pour éponger une partie de ses dettes, mais on n'était encore loin du compte. Aujourd'hui, il doit à nouveau faire face à ses responsabilités qui illustrent sa fiabilité face à l'administration fiscale, mais aussi face à la police pour une autre affaire. En effet, le 13 septembre dernier, il était convoqué au commissariat de la Muette, pour, cette fois, répondre de plusieurs infractions au code de la route, notamment quelques excès de vitesse. La sanction a été nette et sans appel puisque Doc Gynéco s'est fait retirer son permis sur le champ. Il mérite donc amplement de jouer un rôle dans le milieu politique.
Son voisin dans les réunions aura été Pascal Sevran, transfuge du Mitterrandisme de proximité dont on connaît les propos extrêmement intelligents tenus sur l'Afrique. Dans une interview publiée dans Var Matin, Le Bachelor des RPA ou des thés dansants animateur de télévision de France 2, était interrogé sur un extrait de son dernier livre, Le privilège des jonquilles, paru chez Albin Michel le 4 janvier 2006 où il avait écrit : " La bite des noirs est responsable de la famine en Afrique ". Il a justifié de tels propos en ajoutant : " Et alors C'est la vérité ! L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète " (certifié exact). Interrogé par Europe 1 sur ces déclarations indignes a déclaré : " Je n'ai pas de comptes à rendre, ni à vous ni à personne. Je dis ce que je veux et j'écris ce que je veux ! ".
Des déclarations aussi ouvertement racistes, un éloge aussi clair de l'eugénisme tombent sous le coup de nos lois. Elles lui vaudront au supporter 3° âge du " Ministre-président-candidat " un blâme sévère de son employeur qui le paie avec notre redevance pour éructer de tels propos. A ce jour Nicolas Sarkozy ne lui a toujours pas demandé de se retirer de son comité de soutien et de rejoindre celui plus approprié du camps très proche sur la droite. Mais on sait que le temps permet de laver plus blanc et, courant février, Pascal Sevran se montrera au premier rang s'un meeting spécial troisième âge a moins qu'il soit présenté comme le futur Ministre de la culture ou mieux le prétendant au fauteuil de ministre de l'immigration... Croyez-moi en politique le Pascal il en connaît un bout !
Il risque de ne pas croiser souvent Johnny Hallyday qui après avoir revendiqué la nationalité belge va s'installer à Gstaad, en Suisse, à raison de six mois plus un jour par an dès la fin décembre, pour des raisons fiscales.
"L'ancien supporter de Jacques Chirac, qui avait lui aussi apporté, de manière spectaculaire, son soutien à Nicolas Sarkozy, a en effet décidé de quitter cette France que son nouveau mentor défend farouchement. Il est vrai que Johnny a de la suite dans les idées car il avait il y a quelques mois tenté d'obtenir, en vain, pour des raisons... également fiscales, la nationalité belge. En septembre dernier, le rocker avait prudemment déclaré qu'il pourrait quitter la France si Nicolas Sarkozy, "un homme d'honneur" qui "aime la France et les Français", ne tenait pas "ses promesses". Il a donc déjà trouvé une bonne excuse car à sa place il aurai pu aisément dire qu'il partait car celui qu'il avant antérieurement soutenu, Jacques Chirac, n'avait jamais tenu les siennes ! Il était donc fondé à aller voir ailleurs, un pays où on les tient sans attendre d'être déçu par Sarkozy !
Interrogé lors du compte rendu du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, n'a pas souhaité faire de commentaire sur ce désir de Johnny Hallyday d'aller voir "si l'herbe est plus verte chez le voisin". Mais, a ironisé celui qui doit faire appliquer la législation fiscale française, citant un proverbe, "l'herbe du voisin est toujours plus verte que la sienne jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que c'est du gazon artificiel." En l'occurrence c'est plutôt Sarkozy qui propose du gazon artificiel que fume Doc' Gyneco sous l'œil bien malveillant d'un Pascal Sevran prêt à broyer du noir.
Le problème c'est que dans le camp d'en face on rassemble aussi ces figures de proue censés donner une popularité accrue. Souhaitons que tout le monde soit en règle avec le fisc, que personne n'ait son domicile en Suisse ou au Luxembourg et qu'aucun ne soit copain ou copine avec Georges Frèche...