Un train qui n'en cachera peut-être pas d'autres

Publié le par LV

TrainCoree.gifEn ouvrant deux lignes entre le Nord et le Sud, le 17 mai, Séoul et Pyongyang font un nouveau pas vers la détente dans la péninsule. Dommage que les deux capitales ne veuillent pas accélérer le mouvement, estime un quotidien sud-coréen.

Pour la première fois depuis cinquante ans, des trains ont passé la frontière. Ce premier test aura sans aucun doute un effet sur les tensions qui existent entre le Nord et le Sud, dans la mesure où il lève un nouvel obstacle militaire.

La mise en place de liaisons ferroviaires peut contribuer à la prospérité des deux pays. Cela permettra à la Corée du Sud de réduire de façon considérable ses coûts logistiques tout en redonnant de la vitalité au complexe industriel de Kaesong et au tourisme en Corée du Nord. Les Nord-Coréens pourront recevoir les aides alimentaires plus rapidement, sans oublier les millions de dollars qu'ils percevront de l'exploitation de la seule ligne de Gyeongeui.

Mais toute la valeur symbolique et tous tous les bénéfices induits par l'ouverture de ces liaisons ferroviaires seront perdus si les trains ne circulent pas de façon régulière. Sur ce point, les récentes déclarations faites des deux côtés de la frontière sont très décevantes. Pyongyang a refusé de répondre favorablement à une demande de Séoul portant sur la mise en place d'une protection militaire permanente du train. Les Nord-Coréens semblent seulement intéressés par une liaison permettant le transport des matières premières en provenance du Sud.

En d'autres termes, Pyongyang ne souhaite pas que les marchandises et les habitants du Sud arrivent en masse sur son territoire. Toutefois, la façon dont Séoul a géré le dossier, notamment en exagérant la portée de ce premier test, est également décevante.

Cet essai a eu lieu sept ans après l'accord conclu entre les deux capitales pour la réouverture des liaisons ferroviaires. Cela signifie que personne n'est en mesure d'évaluer les moyens et le temps nécessaires pour procéder à d'autres tests – sans même parler d'une liaison régulière. Que le gouvernement [de Séoul] évoque aujourd'hui une liaison avec Pyongyang et un raccordement au réseau ferré russe laisse sans voix.

Il est aussi gênant que la population n'ait pas été associée au test : les passagers du train étaient presque tous des officiels et des politiciens. En cherchant à récupérer politiquement cet événement, le gouvernement a réduit la portée symbolique de la première liaison ferroviaire entre les deux Corées.

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Alice 03/06/2007 18:47

Un train ?
Untrain d'avance ?
Un train de retard ?