"Je", "moi" et "moi-même" à l'Elysée

Publié le par .

C'est un président qui dit "je" comme il respire, au risque d'étouffer son gouvernement. Un président qui communique tout le temps, surtout après une victoire moins belle qu'espéré aux élections législatives et avant un rendez-vous capital pour sa crédibilité internationale à Bruxelles.

Un hyperprésident ? En plaçant sa séquence de communication sous les ors de l'Elysée, Sarkozy a voulu montrer que tout se passe ici : dans la salle des fêtes bruissante des murmures des parlementaires UMP conquis ou dans son bureau où ont été convoqués les caméras de TF1.

Problème : comment évoquer ses ministres – et notamment le premier d'entre eux – dans un discours dont la version écrite ne fait quasiment aucune mention ? Facile quand il s'agit de remplacer un "je veux" par un "nous voulons". Mécanique quand il faut saupoudrer de quelques "François Fillon" des phrases dans lesquelles son nom avait été oublié par la "plume" habituelle du président de la République, Henri Guaino.

Mais parfois périlleux, au moins pour la syntaxe. En témoigne cette phrase baroque à propos de la réforme de l'Etat : "C'est un chantier prioritaire et je le piloterai directement avec le premier ministre", était-il écrit dans le texte remis à la presse, "et moi-même" a ajouté le président pour faire bon poids...

Devant les élus, il n'a même pas cherché à réprimer un sourire lorsqu'il a assuré Fillon "de sa fierté pour la manière dont il a conduit la composition de ses deux gouvernements".

Insouciant de la contradiction flagrante, Sarkozy continue : "Un président de la République ça ne constitue pas un gouvernement en fonction de ses amitiés, de l'ancienneté, des équilibres territoriaux de telle ou telle famille politique. On ne fait pas de grandes réformes avec une petite équipe."

D'ailleurs, si certains veulent se plaindre, qu'ils s'adressent à lui : "Moi j'assume les ambitions déçues " de ses amis.

Devant les caméras de TF1, il s'est efforcé d'être un peu plus partageur, citant ses ministres (notamment Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde), mais une fois de plus le "je" l'emporte.

L'ouverture ? "Je ne voulais pas que ce soit un coup, un truc sans lendemain. J'ai l'ambition d'être le président de tous les Français."

Son absence médiatique entre les deux tours des législatives ? : "J'ai réfléchi. Mais je ne suis pas le sauveur suprême".

On a failli l'oublier...
 

 

Commenter cet article

sylvie 23/06/2007 12:18

L'introspection, Mr S ne connaît pas. Il va devenir de plus en plus omnipotent comme la grande lignée de nos Louis.... Il faudrait au moins rétablir la fonction de Fou du Roi, qui est volontaire?