Immobilier : Baisse d’impôt pour hausse des prix ?

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Le baromètre Bipe/Empruntis estime que la déductibilité des intérêts d’emprunt provoquera une hausse des prix de 3% en 2007.

En septembre dernier, le premier baromètre Bipe/Empruntis avait créé l’événement en annonçant une baisse des prix de 4% pour 2007. En février, elle n’était plus que de 2%. Depuis, la déductibilité des intérêts d’emprunt est passée par là, et les prix sont revus à la hausse… Selon le 3ème baromètre, dévoilé mardi, ils devraient terminer 2007 à +3%, en glissement annuel.

Mesures fiscales : effet ou intox ?
En proposant la déductibilité des intérêts d’emprunt, le gouvernement va véritablement délivrer un chèque de crédit d’impôt de 1 500 €, notamment aux 50% de ménages non soumis à l’impôt sur le revenu mais désireux d’accéder eux aussi à l’eldorado de la propriété.
1 500€, cela peut représenter une année de vacances dans certaines familles. Et l’appréciation psychologique de ce gain de pouvoir d’achat est tout aussi importante que le calcul financier : "vous connaissez quelqu’un qui n’est pas ravi d’apprendre que ses impôts vont baisser ?", commente Cyril Blesson, directeur Services financiers Macroéconomie du Bipe. Celui-ci voit dans la déduction fiscale un autre effet psychologique, celui d’opérer un rééquilibrage de l’accession à la propriété par rapport à l’investissement locatif. Il y a en effet une très forte demande sociétale pour accéder à la propriété, et les exclus le sont faute de moyens.

Qui perd de l’impôt gagne quoi au juste ?
L’étude s’attache à montrer, toutes choses égales par ailleurs, que l’économie d’impôt réalisée sur 5 ans par un couple avec un enfant empruntant 180 000€ sur 20 ans revient à faire payer l’assurance emprunteur par la mesure, ou encore faire baisser les taux de 0,30%, l’emprunt s’effectuant à 4% au lieu de 4,3%. L’effet est encore moins spectaculaire quand on ramène l’économie réalisée aux 2,2 m² supplémentaires que la mesure permet d’acheter sur Paris. Un bon placard !

Des économies d’impôt guère macroéconomiques
Au delà du bien fondé de ces mesures, le Bipe regrette l’absence de "mesures plus ambitieuses sur l’accession à la propriété". Cyril Blesson estime ainsi que "ces mesures ne vont pas forcément toucher beaucoup de population à faible taux d’épargne, et la consommation n’a pas forcément besoin de relancer la demande. D’ailleurs la BCE confirme cet avis en relevant ses taux".
Illustration par les chiffres : 4% des ménages accédants, soit 30 000 ménages environ, devraient se voir ainsi resolvabilisés. Or 5 à 10% des accédants à la propriété paient cash.
Autre point de vue intéressant, Patrick de la Morvonnais, du Bipe, considère lui "les mesures liées aux successions et donations infiniment plus importantes dans la mesure où ce sont elles qui vont organiser un transfert intergénérationnelle qui permettra réellement de mettre le pied à l’étrier de l’accession pour un jeune ménage".

Jusqu’où peut-on inciter à l’accession ?
"On pourrait cibler plus les primo accédants (80% des 3 ou 4 milliards du coût des mesures vont concerner des transactions déjà effectuées !) en traitant le flux avec une incitation fiscale un peu plus forte et exclure les secundo accédants de la mesure. Est- ce que les travaux sur la résidence principale seront pris en compte ou pas ?"
s’interroge Cyril Blesson avant de concéder "ce n’est pas en injectant de l’argent public - 14 milliards d’euros pour le paquet fiscal ! - que l’on va relancer la consommation et redynamiser l’économie française".

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sylvie 29/06/2007 08:12

on est toujours content quand on apprend que l'on va payer moins d'impôts. mais, moi, avec, un peu moins de 2000 E. par mois et 2 enfants à charge je n'en paye pas d'impôts, alors ??? mais mes crédits je les paie, je dois être un cas à part ???
T'as raison LV je vais aller voler...