Energie : les particuliers dans le noir...

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L'ouverture à la concurrence du marché de l'énergie, depuis le 1er juillet 2007, est loin de déchaîner les foules. La faute à une réglementation plus que complexe…

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Rarement une ouverture à la concurrence aura provoqué aussi peu d’enthousiasme : selon un sondage réalisé il y a un mois seuls 9% des sondés étaient prêts à changer de fournisseur de gaz ou électricité à compter du 1er juillet 2007, contre 11% d'indécis ("peut-être") et 78% de réfractaires ("non"). Selon les spécialistes du secteur, à peine quelques centaines de particuliers devraient changer de fournisseurs dès le départ. Tout simplement parce que l’intérêt de l’opération n’a rien d’évident…

"Il faut sauver le tarif France"
L’expression est de l’UFC Que Choisir qui a lancé il y a quelques semaines une mise en garde contre les particuliers tentés d’abandonner les tarifs réglementés actuels pour les tarifs libres : "les risques d'augmentations violentes des prix sur le marché libre sont bien réels. Les tarifs réglementés resteront ainsi inférieurs, voire très inférieurs pour l'électricité, aux prix de marché", estime l’association, qui rappelle que "le choix que feront les consommateurs de souscrire une offre au prix de marché sera irréversible". Qui plus est, ajoute-t-elle aujourd'hui dans un communiqué, "la Commission Européenne est d'ores et déjà partie en guerre contre les tarifs réglementés de l'électricité en France".

Un choix irréversible attaché au logement
Dans l’état actuel de la réglementation, "le choix effectué par le propriétaire ou son locataire est irréversible et attaché au logement", alerte la FNAIM. Elle prédit "des litiges entre propriétaires et locataires, face auxquels les administrateurs de biens se trouveront confrontés, sans solution pratique". Car "même en cas de changement d'occupant, le nouveau locataire, le nouveau propriétaire ou le propriétaire bailleur souhaitant reprendre son logement, est lié par le choix de l’occupant précédent". Conséquence prévisible : "le choix d’une offre du marché libre, entraînant l’abandon irréversible des tarifs règlementés, pourra sans doute s’avérer être un facteur objectif de négociation voire de dépréciation"

Sans parler du casse-tête qui s’annonce pour ceux qui emménagent dans un logement neuf : ceux-là peuvent bénéficier des tarifs réglementés pour l’électricité jusqu’en 2010. En revanche, pour le gaz, le tarif libre leur est "imposé"

La Fédération nationale des collectivités concédantes et régies demande "que la réglementation de la fourniture d’électricité et de gaz soit au plus vite modifiée en rendant l’exercice de l’éligibilité réversible". Pour aider les particuliers à y voir plus clair, elle vient de lancer le site Energie2007.

Des économies de bouts de chandelles ?
L’ouverture du marché de l’énergie risque de se faire dans un premier temps en circuit fermé, celui des promoteurs ou des bailleurs sociaux qui auront fait le choix collectif de choisir un fournisseur d’énergie proposant des tarifs dérégulés. Mais elle peut attirer d’autres types de clientèle : les "early adopters" qui le feront par principe, les anti-monopolistiques par combat, les verts par souci écologique.

Ce qui est certain, c’est que les adeptes du Sudoku tiennent là un nouveau jeu rébus chiffré et qu’à l’échelle d’un particulier cela relève plutôt d’hypothétiques économies de bouts de chandelles…

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