Supprimer le mail indésirable

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Passage en revue des moyens de lutte contre ce fléau numérique.


Depuis que le spam atteint des proportions déraisonnables, le monde entier cherche à en recevoir le moins possible. Logiciels anti­spam, création d’adresses multiples, « pots de miel » et fatalisme : les solutions sont nombreuses, aucune n’est parfaite. Seule une règle reste valable : il ne faut jamais répondre à un spam.

 

Masquer son identité
La principale méthode contre le spam, et la plus ancienne, a été créée en réaction à la façon dont les spammeurs collectent les adresses mail : leurs logiciels analysent les pages Web à la recherche d’adresses qu’ils enregistrent dans leurs bases de données. Au lieu de conserver leur adresse sous une forme normale (nom@hébergeur.com, par exemple), certains internautes l’affichent sous une forme modifiée, avec les signes de ponctuation écrits en toutes lettres (ce qui donne nom arobase hébergeur point com). Hélas, les logiciels des spammeurs sont aujourd’hui suffisamment doués pour contourner de tels stratagèmes, et la méthode ne donne guère plus de résultats.

 

Créer des adresses
Certains internautes préfèrent se créer de nouvelles adresses mail, en abandonnant les précédentes. La protection est minimale, les spammeurs finissant toujours par trouver les nouvelles adresses. Pire : à l’inconvénient du spam, cette méthode ajoute l’impression d’être un SDF du mail.

 

Les « pots de miel » et Signal Spam
Ce n’est pas une protection mais une réaction contre le spam : les « pots de miel » sont des boîtes mails dont le but est de recevoir des spams. Lesquels sont ensuite analysés pour identifier l’expéditeur. Certains services, comme la « boîte à spams » de la Cnil et plus récemment Signal Spam, sont conçus pour que les internautes leur renvoient les spams qu’ils ont reçus. L’opération « boîte à spams » a permis à la Cnil de dénoncer cinq entreprises pour collecte commerciale illégale.

 

Les logiciels supplémentaires
C’est la méthode la plus efficace : un logiciel qui s’intègre à celui de la messagerie et qui trie les « vrais » mails et les spams. Ces derniers ne sont pas automatiquement supprimés, ce qui permet de récupérer un mail trié par erreur. Certains ­logiciels se basent sur des listes d’expéditeurs (notamment à l’aide des pots de miel), tandis que d’autres utilisent un système de filtre « intelligent », dit filtre bayesien (inspiré par le modèle de probabilités du mathématicien Thomas Bayes), qui va apprendre au fur et à mesure à distinguer le bon grain de l’ivraie. Le logiciel de messagerie gratuit Mozilla Thunderbird intègre ce type de filtrage antispam, qui demande un laps de temps avant d’être pleinement opérationnel. A l’inverse, Outlook, le logiciel mail de Microsoft, qui reste le plus utilisé, demande l’utilisation d’un logiciel supplémentaire, comme par exemple SpamPal, gratuit lui aussi, pour profiter d’un antispam.

 

Les filtres des fournisseurs d’accès
La plupart des fournisseurs d’accès français proposent à leurs clients un filtre sur leur messagerie. Par rapport au filtre installé dans le logiciel, cette méthode supprime les spams captés. Ce qui peut être un inconvénient quand le système se trompe, car il n’y a pas moyen de vérifier les erreurs.

 

Les mesures juridiques
Les internautes les plus rancuniers ont, en France, la possibilité de porter plainte ou de saisir la Cnil. Ce type de manœuvre, rarissime, a peu de chances d’aboutir : les spammeurs opérant depuis l’Hexagone ou depuis l’étranger utilisant un très grand nombre d’intermédiaires pour brouiller les pistes.

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