Cécilia Sarkozy, une première dame de France imprévisible et secrète

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En séchant, pour raison de maladie, le pique-nique des Bush dans le Maine samedi, Cécilia Sarkozy, réapparue dimanche dans les rues de Wolfeboro, a accentué son image d'une première dame de France secrète, imprévisible, voire déroutante, aux antipodes de celles qui l'ont précédée à l'Elysée.

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Cette absence - seule fausse note d'un rendez-vous chaleureux des présidents français et américain - vient après d'autres qui avaient étonné et alimenté les interrogations sur le "mystère Cécilia".

 

Il en avait été ainsi tout au long de la journée électorale du 6 mai qui a vu le triomphe de son mari, jusqu'à sa réapparition le soir à la Concorde.

 

Elle succède aussi à des gestes spectaculaires de Cécilia Sarkozy - ses voyages en Libye au premier chef - qui font dire à un observateur de la présidence française: "elle est là où on ne l'attend pas, elle n'est pas là où on l'attend".

 

Samedi, la défection de Cécilia, qui s'en est excusée par téléphone auprès de Laura Bush, a été annoncée in extremis, une heure et demie avant l'arrivée de son mari à la résidence de vacances de Kennebunkport.

 

Nicolas Sarkozy a dûment expliqué que son épouse souffrait d'une "angine blanche", précisant que deux de ses enfants étaient atteints de la même maladie bénigne, mais pénible.

 

"Le pire, c'est que c'est moi qui la lui ai passée", a insisté le président français.

 

George W. Bush s'est dit "déçu", "mais nous comprenons", a-t-il ajouté.

 

Dimanche, la presse américaine n'a pas commenté l'absence de Cécilia, se contentant de relever en passant que M. Sarkozy est venu seul à cette partie de campagne présidentielle, qui réunissait l'ensemble de la tribu Bush.

 

La Maison blanche avait pourtant expliqué que c'était au départ Laura qui avait convié son homologue française, tandis que le caractère amical et à la bonne franquette de la rencontre était fortement mis en avant : pancartes de bienvenue préparée par les plus jeunes de la tribu, pique-nique, chemisettes...

 

Toujours est-il que la première dame de France se promenait dimanche dans le centre de Wolfeboro, accompagnée de deux amies, au risque de relancer les spéculations quant à une maladie diplomatique.

 

Cécilia Sarkozy avait déjà surpris par d'autres absences retentissantes, d'autres silences assourdissants.

 

Le 6 mai, pour le second tour de l'élection présidentielle, on l'attend partout en vain.

 

Elle n'est pas aux côtés de Nicolas Sarkozy quand il va accomplir son devoir électoral à Neuilly-sur-Seine - on apprendra plus tard qu'elle n'a pas voté. Le soir, elle n'est pas au QG de campagne, ni salle Gaveau, parmi les militants UMP qui exultent. Quand elle réapparaît à la Concorde, tous sont frappés par son air absent, troublé, fragile.

 

Mais dix jours plus tard, elle est éclatante dans une robe inattendue, une robe de star, satin grège et bras nus. Rien à voir avec les tailleurs aussi haute couture qu'austères affectionnés par Claude Pompidou, Anne-Aymone Giscard d'Estaing, ou Bernadette Chirac.

 

Au G8 en Allemagne, Cécilia tranche par son allure, son élégance. Mais elle abrège le séjour, rentre en France. La raison ? L'anniversaire d'une de ses filles.

 

Le 14 juillet, elle n'est pas non plus au grand concert populaire et familial voulu par son époux, le soir au Champ de Mars.

 

Elle déroute plus encore quand elle apparaît au premier plan du dénouement de l'affaire libyenne: c'est elle qui ramène à Sofia les soignants bulgares détenus pendant huit ans à Tripoli.

 

S'ensuit un torrent d'interrogations sur le statut et le rôle de l'épouse du président. La presse lui consacre des unes à répétition: "Cécilia, l'insoumise", clame Gala. "L'énigme Cécilia", écrit le Nouvel observateur.

 

Dans une rencontre avec des journalistes, le jour de la Fête nationale, le président avait confié: "Au fond, Cécilia, c'est mon seul souci".

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