Le cyberespionnage fait rage

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Le Pentagone vient de reconnaître que des hackers de l'armée chinoise se sont introduits dans certains de ses réseaux. Une pratique qui se généralise et contre laquelle les Etats sont en partie impuissants.

Le général Robert Elder, chargé du cyberespace au sein de l'armée de l'air américaine, déclarait il y a peu encore sur le ton de la plaisanterie que la Corée du Nord "ne doit avoir qu'un seul ordinateur portable". Une manière de rappeler qu'à l'exception de Pyongyang, tous les adversaires potentiels de Washington surveillent régulièrement les réseaux informatiques américains. La Corée du Nord est peut-être impuissante dans le cyberespace, mais il n'en va pas de même de son voisin. En juin, l'armée chinoise a fait trembler le Pentagone en réussissant à pénétrer par effraction dans un réseau non protégé qu'utilisent les principaux conseillers politiques de Robert Gates, le ministre de la Défense.

L'Armée populaire de libération (APL) a sondé les réseaux du Pentagone des centaines de fois par jour ces dernières années, mais les Etats-Unis s'inquiètent davantage de la multiplication et de la complexité de ces attaques. Le Pentagone a passé plusieurs mois à repousser ces assauts avant que l'APL ne parvienne à pénétrer le système, qu'il a fallu fermer pendant plus d'une semaine pour analyse. "L'APL a fait la démonstration de sa capacité à mener des attaques susceptibles de désemparer notre système… et de sa capacité, dans une situation de conflit, à rouvrir une brèche et à provoquer des perturbations à très grande échelle", explique un ancien responsable, qui ajoute que l'APL avait également pénétré les réseaux de contractants et de consultants de la défense américaine.

A Washington, on assure de source officielle qu'il ne fait "aucun doute" que la Chine surveille maintenant les échanges de courrier électronique sur les réseaux non protégés du gouvernement. D'après des spécialistes du renseignement, Pékin a trouvé un moyen simple de compenser son manque d'expertise en recrutant des espions non chinois aux Etats-Unis.

La Maison-Blanche n'est pas la seule à surveiller la Chine. Lors d'une récente conférence de presse avec la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a fait part de sa "profonde inquiétude", l'APL ayant été soupçonnée d'avoir eu recours à des "chevaux de Troie" pour infiltrer des logiciels d'espionnage dans les réseaux du gouvernement allemand. Si la doctrine militaire chinoise met l'accent sur l'importance du cyberespace, de nombreux autres Etats, y compris les Etats-Unis, pratiquent l'intrusion électromagnétique. Ainsi, cette année, l'Estonie a accusé la Russie d'avoir orchestré une attaque massive qui a temporairement paralysé les réseaux officiels estoniens.

Le Defence Science Board, un cabinet de consultants indépendants auprès du Pentagone, devrait bientôt publier une étude sur les défis militaires non conventionnels, dont les cybermenaces. L'US Air Force, quant à elle, va rapidement se doter d'un cybercommandement opérationnel qui aura pour objectif d'améliorer les capacités défensives et offensives afin de répondre à de telles menaces asymétriques. Dans un monde toujours plus connecté, les Etats sont contraints de prendre en considération un éventail sans cesse croissant de menaces électroniques, telles que des attaques terroristes sur des infrastructures stratégiques, l'espionnage commercial et la traditionnelle collecte de renseignements. La France et l'Allemagne ont imposé des restrictions à l'utilisation des BlackBerries par leurs hauts responsables, de crainte que les services américains n'interceptent des messages sensibles.

Emettant des craintes du même ordre, la Maison-Blanche a également interdit l'utilisation de ces appareils dans certains pays, dont la Chine. Elle envisage par ailleurs d'en limiter l'emploi sur le territoire national, éventualité qui a fait souffler un vent de panique dans les rangs des membres de l'administration à Washington, grands amateurs de BlackBerry.

Sami Saydjari, directeur général de Cyber Defense Agency et ancien expert en informatique du Pentagone, met en garde contre la capacité de groupes terroristes comme Al-Qaida à s'en prendre au secteur financier, aux télécommunications et aux réseaux des décideurs. Pour enfoncer le clou, il rappelle que jamais une cyberéquipe rouge, ces hackers recrutés pour attaquer les systèmes afin d'en identifier les faiblesses, n'a échoué.

Gregory Garcia, secrétaire adjoint à la sécurité électronique du ministère de la Sécurité intérieure, rapporte que 35 000 cyberincidents ont été signalés cette année à l'équipe d'alerte électronique du ministère. En 2005, ce chiffre n'était que de 4 100.

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ALLAIN JULES COMMUNICATION 10/09/2007 15:27

Bonjour LV.
A tropvouloir surveiller les autres, on oublie sa propre sécurité car, celle des autres devient plus importante.

C'est le revers de la médaille !

@+

Michele DEMAIN 10/09/2007 05:50

Tout fait rage, par les temps qui courent, comment se protèger de tout, en relevant la tête pour que le ciel gris se déchire et que le soleil illumine la vie, engendrant rires et sourires et quelquefois des larmes, mais des larmes de joie!!!
TRES SEREINEMENT A TOI !!!
Michele