Ecole : sous Sarko, Darcos n'est plus Darcos

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Ancien pourfendeur d'une éducation nationale tétanisée par les syndicats de profs et les associations de parents d'élèves, Xavier Darcos a abandonné ses convictions pour le programme de Sarkozy, visant à la réduction des coûts et à la paix sociale. Ceux qui veulent étudier plus devront payer plus.

En septembre 2000, Xavier Darcos était l'auteur de L'art d'apprendre à ignorer (Plon, 2000) où il dénonçait avec vigueur le système scolaire français. En septembre 2007, Xavier Darcos est devenu un ministre de l'Education nationale comme les autres. Depuis la conférence de presse de rentrée, vendredi 31 août, ce dernier ne cesse de s'abriter derrière le programme électoral de Nicolas Sarkozy d'où il a tiré sa feuille de route: réduction des effectifs, études dirigées et heures de sport supplémentaires. Il était pourtant le pourfendeur attitré des méthodes « modernes » défendues par le pédagogue Philippe Meirieu et qu'ont relayées la plupart des administrations, de gauche comme de droite. Pour une fois qu'un ministre avait bonne réputation auprès des professeurs, il retourne sa veste, manquant une belle opportunité de réforme. Etonnant en effet que cet ancien inspecteur général, commentateur de Voltaire et de Tacite, se félicite des 83% de réussite au bac alors qu'il ne cesse depuis 10 ans d'attirer l'attention sur l'échec scolaire.

Adopter le sarkozysme pour éviter le siège éjectable

Bernard Kuntz, président du Syndicat national des lycées et collèges, étiqueté à droite, est très critique sur le fond : « A force de vouloir réduire les coûts, il en oublie de s'interroger sur les structures éducatives alors que tout le monde sait que le niveau baisse. » Preuve en est que le haut conseil de l'éducation, organisme consultatif habituellement très discret, a relevé dans son dernier rapport sur l'école (daté du 27 août) qu'à l'entrée en 6è, 15% des écoliers avaient de très grosses lacunes dans la maîtrise du français et 25% de grandes difficultés. Interrogé sur cette question dans Le Parisien du 3 septembre, le ministre a répondu qu'il mettrait en place une commission sur l'apprentissage du français, présidée par le linguiste Alain Bentolila… Qui avait déjà rendu un rapport sur la question en novembre 2006 et avait été consulté sur ce même sujet par Gilles de Robien en mars 2007.

Dans ce même article, le ministre concluait une réponse sur la suppression des 11 200 postes d'enseignants par une réplique éclairante : « N'oublions pas aussi que nous avons été élus pour sortir l'Etat de la situation où il se trouve, de réduire notre dette. » Frédérique Rolet, secrétaire général du syndicat national de l'enseignement secondaire, perçoit dans les propos du ministre « une volonté permanente de ménager le monde enseignant et d'affirmer son appartenance à l'équipe gouvernementale. Il essaie de vendre des choses qui, en grande partie, existent déjà. » Un passéisme d'autant plus surprenant que, ministre délégué à l'enseignement scolaire de Luc Ferry, il avait vu un livre d'entretien avec Philippe Meirieu (Deux voix pour une école, Desclée et Brouwer, 2003) repoussé suite aux pressions de Matignon pendant le débat sur la réforme scolaire. Le point de vue de Xavier Darcos avait été jugé trop contradictoire avec celui de son ministre de tutelle et aurait pu gêner les négociations...

Motivations économiques

Dernière annonce fracassante : les écoliers pourraient chômer tous les samedis. Le ministre en a même discuté avec Bertrand Delanoë : Paris connaît en effet déjà un système de samedi chômé une semaine sur deux dans le primaire. « Cette mesure s'inscrit totalement dans la collusion entre les libéraux et les libertaires, explique Fanny Capel, de l'association Sauver les lettres. Les bobos de gauche veulent une école peu contraignante et, pour les libéraux, la pédagogie sert de voile à des intérêts économiques, à commencer par le tourisme que ces longs week-ends favorisent. » Une thèse que ne dément pas Georges Mochot, président de la Fédération nationale des offices de tourisme et des syndicats d'initiatives : « Jusqu'ici, les samedis travaillés étaient un frein aux séjours courts. Le système d'un samedi libéré une semaine sur deux à Paris avait amené beaucoup de régions à promouvoir les séjours courts. Avec le lancement du TGV Est, si on nous donne ces 48 heures, c'est une grande facilitation pour le tourisme national. » De belles perspectives pour les parents aisés qui peuvent se permettre ces petites escapades.

Pour Fanny Capel, l'argument économique ne s'arrête pas là : « Le recours massif aux études dirigées et aux intervenants extérieurs pour les activités culturelles et artistiques est dans la droite ligne de l'abandon du service public au profit d'une libéralisation de l'enseignement. » Cette façon de caresser profs et parents offrira-t-elle au moins un autômne calme à Xavier Darcos ? « Entre les classes surchargées, les économies de bouts de chandelle et la dotation horaire globale, «pédagogistes» et «républicains» ont toutes les raisons de descendre ensemble dans la rue, assure une syndicaliste. Il se prépare une rentrée apocalyptique ! » Encore une jolie occasion pour Sarkozy d'inviter des syndicalistes au restaurant !

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sylvie 12/09/2007 11:00

"EVALUATIONS CM2
Le SNE-CSEN accueille les livrets d’évaluation de CM2 avec une impression curieuse et de
pénibles sentiments :
Impression de déjà vu : les travaux proposés aux CM2 ressemblent souvent comme un
« copié/collé » aux évaluations CE2 de 2006.
Incompréhension : que veut-on évaluer avec des exercices comme ceux-ci, d’une consternante
simplicité ?
Soupçons : quelles sont les motivations d’une démarche de ce type dans le cadre d’évaluations
données au niveau national ?
Ne cherche-t-on pas à « casser le thermomètre » pour limiter le nombre d’enfants déclarés en
difficulté ?
Colère : alors que l’on demande aux enseignants toujours plus de travail et davantage de
réflexion, on a l’impression que dans certains lieux l’exigence n’est pas la même, puisque
personne ne se donne la peine de créer de toute pièce un outil d’audit indispensable !
Inquiétude : peut-être croit-on vraiment en haut lieu, que le niveau national des enfants de fin de cycle 3 en est là !
Ce qui est le plus triste ce n’est même pas qu’on méprise notre travail (nous, enseignants,
en avons l’habitude) mais ce sont les élèves qui sont pris pour ce qu’ils ne sont pas."
Arrêtons de dire que le niveau baisse et allons voir réellement ce qui se passe dans les écoles.
Y EN A MARRE!!!
Quand à notre apparente docilité de ce début d'année?
"La rétrocession promise de 50 % du gain réalisé sur la productivité et les départs à la retraite est loin, selon eux, de compenser cet écart. Selon l'aveu même des ministres, la somme correspond à 500 millions d'euros en année pleine pour un départ sur deux et un peu plus de 300 millions d'euros pour un départ sur trois. "Cela représente 100 euros par an pour chacun des 5 millions de salariés. Soit 8 euros par mois", relève Eric Fritsch (CFDT)."
8 EUROS/ MOIS? ILS NOUS PRENNENT VRAIMENT POUR DES MOUTONS

LV 12/09/2007 23:39

8 euros par mois c'est la somme de l'immense générosité de Sarkozy ! Pouvait-on espérer plus de l'Empereur qui doit conserver un maximum pour ses frais de vacances avec ses amis people et ses frais de.....bush !Il sera difficile de faire avaler des couleuvres à nos bons enseignants qui eux n'ont pas appris à compter avec les programmes débilitants de TF1 et consorts !Résistance !!!