Sarkozy dévoile ses intentions sur les régimes spéciaux

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Le président doit prononcer mardi après-midi un discours très attendu sur les objectifs, le calendrier et la méthode de la réforme des régimes spéciaux de retraites.

Faut-il réformer les régimes spéciaux de retraites, et comment ? Nicolas Sarkozy va dévoiler ses intentions, mardi 18 septembre, à14h30, dans un discours au Palais du Luxembourg, à l'occasion du 40e anniversaire de l'Association des journalistes de l'information sociale (AJIS).
Il s'agit du premier de la première de deux rendez-vous très attendues, avant d'exposer mercredi son projet pour la fonction publique.
"Il tracera à cette occasion le cadre, les objectifs, le calendrier et la méthode de la réforme des régimes spéciaux. Il indiquera les conditions dans lesquelles se dérouleront au niveau de l'Etat et des entreprises les négociations qui lui paraissent nécessaires", explique le porte-parole de l'Elysée, David Martinon.

500.000 actifs

Les régimes spéciaux de retraite concernent plus de 500.000 actifs et 1,1 million de retraités en France, notamment dans les entreprises publiques comme la SNCF, la RATP, EDF et GDF. Justifiés autrefois par la pénibilité des métiers, ils permettent à leurs bénéficiaires de prendre leur retraite plus tôt. Leur déficit se chiffre en milliards d'euros.
Nicolas Sarkozy est attendu au tournant par les syndicats, échaudés par l'annonce prématurée de la réforme, le 9 septembre, par François Fillon. En annonçant que la réforme, qui était prévue en principe pour 2008, était déjà "prête" et qu'il suffisait "d'aligner les régimes spéciaux sur celui de la fonction publique", le Premier ministre a pris le risque de miner un peu plus un dossier explosif, sur lequel Alain Juppé s'était cassé les dents en 1995, et qu'il n'avait pas osé ouvrir lors sa réforme de 2003.

Menace d'un "conflit majeur"

Les syndicats, à l'image de François Chérèque (CFDT), ont aussitôt brandi la menace d'un "conflit majeur" en cas "de passage en force" du gouvernement, laissant planer le spectre des grandes grèves de novembre-décembre 1995. Les cheminots, en première ligne sur ce dossier, sont sur le pied de guerre. Leurs fédérations syndicales se réuniront mercredi pour discuter d'une éventuelle mobilisation.
Agacé par la sortie de François Fillon, le chef de l'Etat devrait donc s'efforcer mardi de rassurer sur la méthode, en proposant aux partenaires sociaux d'ouvrir des négociations, pour une conclusion avant la fin de l'année.
Car pas question pour lui de céder sur le fond. "La vérité, c'est qu'il existe des régimes spéciaux de retraite qui ne correspondent pas à des métiers forcément pénibles, et qu'il existe des métiers pénibles qui ne correspondent pas à un régime spécial de retraite. Je vais changer cette situation parce qu'elle indigne", déclarait-il mardi dernier.
Nicolas Sarkozy, qui bénéficie toujours d'un certain état de grâce même si les difficultés se multiplient, mise sur le soutien de l'opinion publique pour réussir cette réforme en début de quinquennat.

Le PS divisé

La conjoncture est relativement favorable: les syndicats acceptent tous une discussion sur l'évolution des régimes spéciaux. Le PS, en crise depuis sa défaite à la présidentielle, est divisé sur la question, entre une minorité qui réclame un alignement des régimes spéciaux sur le régime général et une majorité favorable à "une évolution négociée".
Nicolas Sarkozy veut en profiter. Après les régimes spéciaux, le président présentera dès le lendemain son "projet pour la fonction publique" dans un discours devant les élèves de l'Institut régional d'administration de Nantes (Loire-Atlantique).
Selon David Martinon, il entend "redire combien il est pour lui essentiel que les métiers soient mieux valorisés", et détailler "les réformes pour y parvenir" en matière de gestion des ressources humaines, de carrières, de mobilité dans l'emploi, de rémunération et de protection des agents. Il s'agit pour Nicolas Sarkozy de faire avaler la pilule du non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur trois dans le budget 2008. Un autre sujet de mécontentement pour les syndicats, même si l'objectif initial d'un non-remplacement sur deux a été repoussé à 2012.

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