Les Ewing sont morts, vive les Darling

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Moins de stars, plus d'idées : pour Garry Garron, de l'Hollywood Reporter, les séries américaines de la rentrée 2007 lancent "une saison au rabais". Face à la manne que rapporte la télé-réalité, peu chère à tourner, les producteurs se sont adaptés. Comment coûter moins et gagner autant ? Ils ont décidé de rogner sur les castings, en vertu du raisonnement suivant : 1. Un acteur inconnu exige un salaire moindre. 2. Un acteur inconnu ne le reste pas longtemps si la série est bonne.

Avec le succès de "Grey's Anatomy" ou d'"Ugly Betty", la chaîne ABC (Disney) a prouvé la validité du calcul. Mais elle n'en fait pas une loi absolue. Le 26 septembre, elle a lancé "Dirty Sexy Money", une des séries phares de la rentrée. Argument massue : la présence en haut de l'affiche de Peter Krause, l'un des acteurs les plus "bankables" du moment. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais son visage certainement quelque chose. "Il se peut que Krause ait de la chance, mais ses rôles les plus connus sont la crème de la crème du média télévisuel", soulignait le New York Magazine dans un récent portrait de l'acteur : "Sport Night" (inédit en France), "Seinfeld", et surtout "Six feet under", qui racontait le quotidien d'une famille de croque-morts. Dans "Dirty sexy money", il a pour partenaire Donald Sutherland (oui, oui, le papa de Kiefer, alias Jack dans "24 Heures", comme on a pris la triste habitude de le présenter).

Peter Krause s'est fait prier avant d'accepter le projet. Comprenez : il a fait monter les enchères. Dans "Dirty sexy money", il joue le rôle de Nick George, un avocat qui succède à son père au service des Darling, la famille la plus riche de New York. Nick s'était juré de ne jamais accepter le poste : excentriques et tyranniques, les Darling ne sont pas des employeurs rêvés. Mais il les suspecte d'avoir assassiné son père, et veut enquêter à sa guise.

Le concept n'a rien de révolutionnaire. Un nouveau venu pénètre un monde qui n'est pas le sien, celui des super-riches ("Dallas", "Dynastie"), poussé par l'envie de résoudre une mort suspecte ("Twin Peaks", "Veronica Mars"). Clin d'œil des scénaristes : Ted Shackelford fait une apparition dans la série. Cadet des frères Ewing dans "Dallas", il joue ici le gynécologue de la famille Darling, sommé par le père de prouver que sa progéniture est bien… légitime.

Qu'on se rassure. Des Ewing aux Darling, il y a loin. Au fil des épisodes, la série déborde des sentiers qui lui semblaient destinés. Les Darling se révèlent plus givrés les uns que les autres. Qu'on en juge par le fils aîné : Patrick a un cruel dilemme. Il ne sait que choisir, entre concourir au Sénat (ce que veut papa) ou vivre au grand jour son amour pour Carmelita (ce que veut Carmelita). La blonde a des attributs à faire valoir. Sa poitrine est aussi forte que sa voix est grave. Avec, à la clé, une première dans une série américaine : un rôle récurrent de transsexuel, tenu par un transsexuel, Candis Cayne.

Le 20 novembre, malgré la grève des scénaristes, la série a été reconduite pour une seconde saison. En France, Canal + a acheté les droits de diffusion.

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