Poutine futur Premier ministre ?

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Le chef du Kremlin a réglé la question de sa succession en faveur de son vice-Premier ministre Dmitri Medvedev, qui lui a aussitôt demandé de devenir chef du gouvernement. Reste que la fonction de Premier ministre est tout sauf une sinécure.

Au lendemain de son adoubement par Vladimir Poutine pour lui succéder au Kremlin après l'élection présidentielle de mars 2008, l'actuel vice-Premier ministre Dimitri Medvedev a proposé officiellement, mardi 11 décembre, que le président sortant occupe le poste de chef du gouvernement.

"La Russie semble s'orienter sur la voie d'une république parlementaire", titre la Komsomolskaïa Pravda. A la question "Qui sera le numéro un, Medvedev ou Poutine ?", les experts interrogés par le journal pro-Kremlin n'ont guère de doute sur la prééminence du futur Premier ministre Poutine. "Le [prochain] président se transformera en reine d'Angleterre, c'est-à-dire qu'il régnera mais ne dirigera pas", estime le politologue Stanislav Radkevitch.

D'après Alexandre Tsipko, cité par la KP, "Poutine gardera le pouvoir alors que le jeune, énergique et libéral Medvedev sera l'interlocuteur de l'Occident. C'est la candidature idéale pour des fonctions de représentation mais il aura néanmoins la possibilité de donner sa position en matière de politique internationale de la Russie."

A cet égard, la Nezavissimaïa Gazeta consacre son éditorial à l'avenir des rapports entre la Russie et l'Occident, qui juge d'un bon œil le choix de Medvedev, de réputation libérale, comme dauphin de Poutine. Mais "l'Occident se trouve à présent face à un dilemme" et doit faire un : insister soit sur les questions de droits de l'homme et de politique intérieure dans ses relations avec la Russie ou bien sur la coopération sur les thèmes centraux de politique extérieure, à savoir le problème du nucléaire iranien.

En politique intérieure, "tout le pouvoir au gouvernement", titre RBK Daily, qui s'attend à ce qu'"une partie de l'administration présidentielle passe au sein de la Maison blanche [siège du gouvernement]". Certes, Poutine n'a pas encore accepté de devenir Premier ministre, souligne le journal, "mais il est peu probable qu'une telle proposition vienne personnellement du dauphin Medvedev car, ce qui en jeu, ce n'est pas l'avenir professionnel de Poutine mais le début du processus de délimitation des pouvoirs entre le Kremlin et la Maison blanche". Si Poutine accepte, il sera "le premier homme politique de l'histoire de la Russie postsoviétique à diriger à deux reprises le gouvernement", souligne Vremia Novostieï.

Reste que cette fonction n'a rien d'une sinécure. "Les visites dans les régions et les réunions de travail font partie intégrante de la fonction de Premier ministre en Russie", observe Kommersant. "Le plus dur est le caractère quasi immuable de la semaine de six jours de travail du Premier ministre. A la différence du président, qui dispose de résidences en dehors de la ville, les Premiers ministres travaillent toujours à Moscou et ne partent en congé plus de deux semaines deux ou trois fois par an. Le chef du gouvernement a en outre des rendez-vous hebdomadaires fixes. Ainsi, en vertu de la tradition instaurée lors du second mandat de Poutine, le chef du gouvernement se rend chaque semaine à la résidence présidentielle pour faire un rapport dont la teneur est presque toujours tenue secrète." Des visites jusqu'à la lointaine île Sakhaline, des réunions à profusion, tel est "le fardeau du pouvoir exécutif", selon Kommersant.

Mais le chef de l'Etat est prêt, selon Vremia Novostieï. D'ailleurs, le journal note que "Poutine a déjà défini le programme de son futur gouvernement". Vremia Novostieï fait référence à la rencontre de Poutine avec les dirigeants de la Chambre de commerce et d'industrie, dont l'ancien Premier ministre Evgueni Primakov, juste après que Medvedev a annoncé son souhait de nommer Poutine Premier ministre. Et aux représentants du monde des affaires russes, ce dernier a déclaré : "Nous ne comptons pas créer un capitalisme d'Etat. Ce n'est ni notre choix ni notre voie."

Mais qu'est-ce que Poutine ne ferait pas pour être certain de retrouver son poste de Président lors des prochaines élections présidentielles ?
CQFD !
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Lhuna/Angelique 16/12/2007 03:36

Un petit malin celui-là !