De la liberté

 

Pour parvenir à garder un autre individu en sa puissance, on peut avoir recours à différents procédés.

On peut l'avoir immobilisé par des liens, on peut lui avoir enlevé ses armes et toutes possibilités de se défendre ou de s'enfuir.
On peut aussi lui avoir inspiré une crainte extrême ou se l'être attaché par des bienfaits, au point qu'il préfère exécuter les consignes de son maître que les siennes propres, et vivre au gré de son maître qu'au sien propre.

Lorsqu'on impose sa puissance de la première ou de la seconde manière, on domine le corps seulement et non l'esprit de l'individu soumis. Mais si l'on pratique la troisième ou la quatrième manière, on tient sous sa dépendance l'esprit aussi bien que le corps de celui-ci. Du moins aussi longtemps que dure en lui le sentiment de crainte ou d'espoir. Aussitôt que cet individu cesse de les éprouver, il redevient indépendant. Même la capacité intérieure de juger peut tomber sous la dépendance d'un autre, dans la mesure où un esprit peut être dupé par un autre.

Il s'ensuit qu'un esprit ne jouit d'une pleine indépendance, que s'il est capable de raisonnement correct.
On ira plus loin. Comme la puissance humaine doit être appréciée d'après la force non tant du corps que de l'esprit, les hommes les plus indépendants sont ceux chez qui la raison s'affirme davantage et qui se laissent davantage guider par la raison.

En d'autres termes, je déclare l'homme d'autant plus en possession d'une pleine liberté, qu'il se laisse guider par la raison.

Spinoza

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Vendredi 11 janvier 2008
S'arrêter de travailler et vivre de ses rentes, pour beaucoup cela tient de l'utopie.

Pourtant, en anticipant assez tôt le capital nécessaire pour se retirer 10, 15 et même 20 ans avant l'âge de la retraite, et en sachant le faire fructifier dans des placements sécurisés, le rêve peut devenir réalité. Découvrez des pistes pour y parvenir.

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Arrêter de travailler le plus tôt possible est d'autant plus tendant que la France favorise sans conteste la situation de rentier sur le plan fiscal. Au maximum, le taux d'imposition atteint 27 % et ne porte que sur les plus-values alors que les revenus liés à une activité professionnelle peuvent être imposés jusqu'à 40 %. Mais comment s'y prendre pour que le rêve devienne réalité ? Avant tout, en préparant soigneusement votre projet.

La première étape, vers une situation de rentier, consiste à déterminer le capital nécessaire pour couvrir vos besoins jusqu'à la fin de vos jours. Pour cela, établissez le montant que vous souhaitez percevoir chaque mois.

Ensuite, il vous faut décider de l'âge auquel vous envisagez de cesser toute activité. Bien entendu, plus vous comptez vous retirer jeune, plus votre capital devra être important puisque vous avez toutes les chances de vivre au moins jusqu'à 80 ans. En effet, l'espérance de vie en France s'affiche actuellement à 84 ans pour les femmes et 77 ans pour les hommes.

Pour vous aider dans votre réflexion, voici plusieurs exemples qui vous permettront d'apprécier le capital dont vous aurez besoin si vous souhaitez vivre de vos rentes à 45 ans, 50 ans ou 55 ans. Ils tiennent compte du montant des rentes servies, à savoir 1.500, 3.000 et 4.500 euros par mois, et d'un taux d'intérêt annuel moyen rémunérant votre capital de 3 % ou 5 %. Ce qui correspond à un placement sécurisé ou peu risqué en 2007.

Au plus, il vous faudra ainsi disposer d'un capital d'environ 1,2 million d'euros, rémunéré à 3 % net par an, pour vivre d'une rente de 4.500 euros par mois dès 45 ans et pendant 35 ans. Au mieux, vous n'aurez besoin que de 260.000 euros, rémunérés 5 % net par an, si vous souhaitez vous arrêter de travailler à 55 ans en vous versant 1.500 euros par mois pendant 25 ans.

Les produits financiers ne manquent pas pour se constituer ou faire fructifier votre capital. Cependant, tous ne proposent pas une sortie sous forme de rente. Cette gamme va des placements qui vous demandent peu d'implication au quotidien à ceux où ce sont avant tout vos arbitrages qui conditionnent vos gains. En voici un panel.

» Assurance-vie
L'assurance-vie constitue, et de loin, le support préféré des français car il est simple à comprendre et souple. Vous constituez en une fois ou par versement, régulier ou non, votre capital de départ. Après vous n'avez plus rien à faire, si ce n'est d'attendre l'arrivée de votre contrat à son terme : le moment où vous avez choisi de profiter de ce que vous avez capitalisé.

Là, la compagnie d'assurance ou votre banque vous verse annuellement, semestriellement, trimestriellement ou mensuellement la rente que vous souhaitiez percevoir jusqu'à la fin de vos jours. Notez que rien ne vous interdit de panacher les modalités de sortie de votre capital. Vous pouvez convenir d'un versement en rente sur une partie du capital et de percevoir l'autre portion dès l'échéance de votre assurance-vie. Exemples : 75% en rente, 25% en capital ; 50% en rente, 50% en capital ; 12% en rente, 78% en capital. Tous les cas de figures sont possibles, même la sortie complète en capital. Ensuite, libre à vous d'en faire un bon usage pour tenir votre challenge : vivre sans travailler.

» Contrat Madelin
Pour le cas où vous seriez un commerçant, un artisan, une profession libérale et ou bien encore un dirigeant non salarié, vous pouvez vous appuyer sur une assurance-vie, appelée contrat Madelin, à la condition de payer des impôts sur le bénéfice industriel, commercial ou non commercial. Vous versez chaque année une cotisation minimale au sein de l'une des cinq classes de versement proposées. Elle reste bloquée pour dégager votre rente après la cessation de votre activité.

» Le plan d'épargne retraite populaire (PERP)
Ce concurrent de l'assurance-vie présente quelques atouts face à l'impossibilité de débloquer le capital avant l'échéance. Le plan d'épargne retraite populaire transforme en épargne une déduction accordée par le fisc. Son montant peut atteindre au maximum 10 % de vos revenus professionnels de l'année précédente et huit fois le plafond de la sécurité sociale en vigueur, soit une déduction maximale de 21.456 euros en 2007.

A l'âge de la retraite, votre PERP vous permet de percevoir sous forme de rente les sommes capitalisées. Le montant est lié aux divers versements que vous aurez réalisés tout au long du contrat. Plus votre niveau d'imposition est élevé, plus vous parviendrez à dégager une rente importante et proche de vos souhaits.

» Le plan d'épargne entreprise (PEE)
Votre employeur peut, s'il le souhaite, vous aider à générer une rente. Il dispose pour cela du plan d'épargne entreprise (PEE) où sont versés les montants de la participation et l'intéressement qu'il vous accorde. Rien ne vous interdit d'y apporter également votre contribution pour augmenter votre cagnotte. Au contraire ! Votre entreprise pourra même abonder jusqu'à trois fois votre mise dans certains cas. Sachez tout de même que tout versement et intérêts associés restent bloqués pendant cinq ans. Mais dès que vous quitterez l'entreprise, cette clause sera levée. Vous récupérerez toutes les sommes placées, y compris les plus récentes.

Le PEE vous permet de placer ces différentes contributions dans des fonds communs de placement d'entreprise (FCPE) investis soit dans le capital de l'entreprise, soit sur d'autres valeurs ou autres produits issus des marchés financiers. Ce dispositif vous laisse aussi la possibilité d'investir par son intermédiaire sur les marchés actions ou dans d'autres Sicav ou OPCVM.

» Le plan d'épargne inter-entreprise (PEI)
A défaut de PEE, l'entreprise peut aussi proposer un plan d'épargne inter-entreprise (PEI). Ce dispositif fonctionne comme un PEE. A ceci près qu'il s'adresse en particulier aux petites et moyennes entreprises. Si votre entreprise entre dans le champ d'application géographique ou professionnel d'un PEI, vous pouvez procéder à des versements complémentaires, bien que votre employeur n'y ait pas adhéré individuellement. Attention ! Ces versements ne pourront pas être abondés par l'entreprise.

» Le plan d'épargne pour la retraite collectif (PERCO)
Lorsque que le PEE ou PEI s'installent dans la durée, et en tout cas dépassent cinq années d'existence, la loi invite les entreprises à créer des plans d'épargne pour la retraite collectifs (PERCO). Les sommes placées dans un PEE ou PEI pourront y être déplacées. Pour ce produit, le reversement d'une rente va dépendre de l'accord passé entre la direction de votre entreprise et les représentants des salariés.

» Le plan d'épargne en actions (PEA)
Le plan d'épargne en actions que vous pouvez souscrire auprès de votre banque peut jouer un rôle très proche de celui des PEE ou PEI, faute d'en disposer. Pour cela, vous acceptez de ne pas sortir de capital durant les huit premières années. Passée cette période, vous pourrez effectuer des prélèvements plus ou moins réguliers assimilable à une rente.

Le montant des virements va fortement dépendre de vos acquisitions en actions et en OPCVM proposées sur le marché français et éligibles. Leurs gains fabriqueront vos revenus futurs. Ici, vous êtes seul aux commandes à moins d'accorder à votre conseiller en investissement financier (CIF) un mandat sous gestion. En ce cas, il prend le relais et met son expertise au service de votre patrimoine.

Indépendamment des produits financiers, il existe plusieurs façons de percevoir un revenu régulier. L'immobilier reste la piste la plus connue et la plus explorée. Toutefois, il en existe d'autres, moins courantes.

» Louer un logement
Depuis bien longtemps, la location immobilière offre une source non négligeable de revenus réguliers pour les personnes qui ont cessé leur activité professionnelle. Les loyers correspondent à une rente complète dès que l'emprunt, qui a financé l'acquisition du bien, est échu.

A ce titre, la location en meublé permet d'obtenir un loyer plus élevé. Par comparaison, l'écart avec un logement vide peut être d'une centaine d'euro pour un studio. Si l'effort d'investissement est plus important, car il faut équiper le logement des appareils indispensables à la vie quotidienne, ces sommes pourront être amorties en partie avec un déficit foncier plus élevé sur la feuille d'impôt que pour un logement vide. Autre point à ne pas négliger : les locataires s'engagent sur une durée plus courte. Le bail se renouvèle tous les ans, au lieu de tous les trois ans pour une location vide.

» Vendre son électricité
Pour compléter votre rente, vous pouvez envisager de vendre de l'électricité. Vous ne le savez peut-être pas, mais la loi impose à Electricité de France de racheter la production fabriquée par les particuliers qu'ils ne consomment pas. Quelle que soit la manière dont l'électricité est produite, vous pouvez compter sur une base de 0,30 euro par kwh transmis à EDF. Par exemple, une éolienne produisant 3.500 kwh/an, permet de percevoir 1.050 euros. Et si vous avez eu la bonne idée de vous équiper en panneaux solaires, vous bénéficiez d'une prime de 0,25 euro par kwh supplémentaires et d'aides financières pour l'installation. Une condition : les panneaux doivent occuper une fonction technique ou architecturale essentielle à l'acte de construction de votre habitation. Un panneau de 20 m² produisant en moyenne 2.000 kmh/an apportera une rente annuelle de 1.100 euros.

» Louer son toit ou une parcelle de terrain pour installer une antenne de téléphonie mobile ou un panneau publicitaire.
Toujours dans un objectif de compléter votre rente, si vous êtes propriétaire de votre maison - ou locataire mandaté - vous pouvez louer votre toit, votre mur ou votre terrain afin d'accueillir une antenne-relais de téléphonie mobile ou un panneau publicitaire. Pour les antennes-relais, "les dossiers d'implantation sont le plus souvent gérer par les municipalités et concernent les toits des bâtiments publics", rapporte l'opérateur SFR. En milieu rural, les opportunités semblent nettement plus ouvertes et accessibles. Mais ce sont les opérateurs télécoms qui déterminent la localisation des pylônes. Ils vous contacteront si votre terrain les intéresse.

Du coup, l'accueil d'un panneau publicitaire apparaît plus réaliste, même "s'il y a dorénavant plus de décrochages de panneaux que de montages", note JCDecaux-Avenir, l'un des leaders du marché français. En fonction du trafic routier, de la visibilité du panneau et de la taille de l'agglomération, vous pourrez obtenir un loyer fixe ou variable s'échelonnant de 100 à 1.500 euros par an, pour une durée renouvelable de six ans. Les contrats de location sont rarement inférieurs à cette durée pour obtenir une rentabilité des investissements engagés suffisante. En optant pour un loyer variable, votre rente sera liée au nombre de campagnes publicitaires relayées sur le panneau par tranche de sept jours. Faites ce choix si l'emplacement est de très bonne qualité et donc susceptible d'être attractif pour les annonceurs. Autrement, mieux vaut accepter un loyer fixe, même si vous risquez de générer une rente moins importante.

Les principaux groupes d'affichage disposent de services dédiés pour recevoir vos demandes. Avant d'effectuer cette démarche, nous vous conseillons de vous adresser aux services de l'urbanisme de votre commune pour connaître les règles qui s'appliquent. S'il existe une loi depuis 1979 complétée par le code de l'environnement, chaque municipalité peut durcir les contraintes, à défaut d'empêcher une implantation. Il s'agit par exemple de limiter la surface, ou l'espacement entre deux panneaux. La décision d'accepter votre demande se base sur deux critères : la situation de votre mur ou de votre parcelle de terrain et la visibilité du panneau. Dès qu'il vous donne son accord, l'afficheur prend en charge toute la procédure liée à l'installation et la gestion du panneau : la conformité du panneau, la zone d'affichage, etc.

Vous pouvez également bénéficier d'une rente si vous arrivez à valoriser vos talents. C'est notamment le cas avec les droits d'auteurs, les œuvres d'art et les brevets d'innovation.

» Les droits d'auteurs
Un texte, un dessin, une photographie, un programme informatique... Les domaines couverts par les droits d'auteurs s'avèrent extrêmement larges et méconnus. Pour chacun d'eux, il existe un cadre juridique et une grille de tarifs qui assure un minimum de rémunération. Mais la négociation, soit avec le producteur, soit avec le revendeur, reste la règle pour fixer le juste montant des droits à percevoir.

Même avec une rémunération a minima, il suffit, par exemple, d'un tube de l'été chez un artiste-auteur pour dégager une rente intéressante. Imaginez qu'il décroche un disque de platine, soit l'équivalent d'un million d'exemplaire ! Le voilà à la tête d'au moins 228.700 euros. En effet, sur le seul périmètre des hypermarchés et des disquaires, un artiste peut espérer toucher au moins 0,2287 euro par single vendu. Et si le succès s'installe dans la durée, une rente peut naître et devenir quasi perpétuelle.

» Les œuvres d'art
Le succès conditionne aussi le prix d'une œuvre d'art. L'engouement du public devant le talent d'un artiste-peintre ou d'un sculpteur permet au prix d'augmenter au fil des années. Comme l'artiste dispose d'un droit de suite qui ne le sépare pas totalement de son œuvre une fois celle-ci cédée, à chaque fois qu'elle est revendue, la commission européenne prévoit qu'il perçoive une commission plafonnée à 12.500 euros, dans le cas d'une vente aux enchères.

» Les brevets d'innovations
Concevoir une innovation peut également être source d'une rente à la condition de déposer un brevet, notamment auprès de l'institut national de la propriété industrielle (INPI). Ce titre juridique permet d'empêcher des tiers de fabriquer, de vendre ou encore d'utiliser une invention sans autorisation. C'est-à-partir de cet instant que s'établit la rente. L'idée consiste, non pas à céder la totalité de vos droits, mais à demander une redevance pour l'utilisation de l'innovation. Il est possible d'accorder une exclusivité ou d'autoriser un maximum d'industriel. Ce choix, comme celui du montant de cette redevance, relèvent de votre appréciation mais aussi de l'intérêt des entreprises pour la transformer en un projet industriel. Si ce dernier dégage des bénéfices, une partie de la rente peut-être calculée sur ce montant. Au total, un brevet non cédé peut fournir le montant de la rente que vous attendiez pour cesser de travailler avant vos 60 ans.

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