«Casse toi pauvre con» : Sarkozy ne s'est pas excusé devant les lecteurs du Parisien

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Quand l'Elysée retouche une interview...

Des lecteurs du Parisien ont alerté les médias sur le fait que le Président n'a jamais prononcé devant eux la phrase : « Au Salon, j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre.» Explications.
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«Le président s'explique», titre en une le Parisien qui a eu l'excellente idée d'inviter Nicolas Sarkozy à répondre à un panel de lecteurs. Et qu'a dit le Président selon le quotidien ? C'est titré sur deux pages : « J'aurais mieux fait de ne pas lui répondre. » C'est d'ailleurs de cette façon que, mardi 26 février, les radios et télévisions ont repris l'info.
Oui, mais est-on bien sûr que le Président a prononcé cette phrase ? Ce matin, Dominique de Montvalon , le directeur adjoint de la rédaction du Parisien, est allé sur tous les plateaux expliquer pourquoi le Parisien a accepté de rajouter la fameuse phrase de regret, qui a été rajoutée par le cabinet de l'Elysée au moment de la validation de l'interview : « A l'origine, a expliqué Dominique de Montvalon, le Président a répondu sur le thème « Je persiste et signe ». En gros il nous a dit : Un Sarkozy quand on le cherche on le trouve que ce soit à l'école ou à l'Elysée. Quand on veut pas me serrer la main pourquoi se mettre sur mon chemin. La phrase ajoutée marque un changement de ton. Au cours de la journée l'Elysée a pris la mesure de l'impact de ce qui s'était passé et nous avons récupéré la version finale de l'interview le soir très tard juste avant de boucler le journal. La phrase est devenue le titre parce qu'elle est forte. »

Sont-ce des lecteurs du Parisien présents lors de la rencontre qui ont alerté les médias sur le fait que le Président n'avait pas prononcé cette phrase ? Ou bien Dominique de Montvalon s'est-il rendu compte dans la nuit qu'il avait été piégé par le cabinet de Sarkozy et, du coup, a décidé de raconter l'histoire sur Canal à 8 heures où il avait été invité dès la veille ?

Pour des journalistes, l'incident est banal : il arrive fréquemment que des personnalités interviewées ajoutent un mot ou une phrase au moment de la validation d'un entretien. Mais pour des lecteurs simplement attachés à la vérité des faits, ce rajout est choquant voire, comme l'a dit un auditeur d'Europe 1, marque le manque d'indépendance de la presse. Dominique de Montvalon a d'ailleurs indiqué que le Parisien allait publier mercredi la réponse originelle du Président. En attendant, l'interview du Président est toujours titrée avec la même phrase sur le site du quotidien.

En tout cas, l'incident montre qu'en matière de communication, le Président, dont on saluait autrefois la vista, a perdu la main. Il a fallu, cette fois-ci, que l'un de ses communicants imagine la phrase de regrets, puis le convainque de son intérêt pour, qu'in fine, le Président finisse par obtempérer… et que le Parisien puisse faire sa une sur une « repentance du Président » qui ne s'est pas produite devant ses lecteurs.

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Marianne 27/02/2008 16:52

et ce n'est qu'un debut...