Ingrid livre son dernier combat

Publié le

C'est la course contre la montre depuis qu'on a appris, lundi, qu'Ingrid Betancourt refuserait de s'alimenter, en plus d'être très malade. Après s'être adressé mardi après-midi directement au n°1 des Farc, Manuel Marulanda, dans un message radio-télévisé pour lui demander de "relâcher" immédiatement l'otage franco-colombienne en "danger de mort imminente", Nicolas Sarkozy a appelé son homologue colombien au téléphone. Lui faisant part de son "extrême inquiétude" au sujet de l'otage, le président français lui a annoncé sa volonté d'envoyer "sans délai" une "mission humanitaire (...) pour prendre contact" avec la guérilla des Farc et "obtenir accès à notre compatriote", a annoncé l'Elysée dans la soirée, indiquant que le président avait aussi appelé le président du Venezuela, Hugo Chavez, pour "faire le point avec lui sur la situation des otages en Colombie".

Parallèlement, le  président colombien a annoncé la suspension des opérations militaires dans le sud-est de la Colombie, là où la mission dépêchée par Paris et  "accompagnée par le Comité international de la Croix rouge (CICR)" indiquera qu'elle doit aller. Et ce afin de permettre à cette "mission médicale internationale" de "prendre contact avec les otages et de les soigner". Selon une source de la présidence colombienne, Alvaro Uribe a d'ailleurs assuré à Nicolas Sarkozy, lors de leur entretien téléphonique, qu'il n'y aurait aucune "tentative de sauvetage militaire" de l'otage. Le CICR a annoncé à Bogota n'avoir pas été contacté au sujet d'une telle mission humanitaire "qui a un caractère indépendant".

Interrogé, un porte-parole de l'Elysée n'a pas précisé si cette mission était "en route", comme le laisse entendre le président colombien. Le secrétaire d'Etat français à l'Outre-Mer, Yves Jégo, avait auparavant indiqué sur France info que que des moyens aériens se tenaient prêts en Guyane à intervenir "dès qu'un signe" serait donné. La présidence française avait prépositionné ce week-end un avion médicalisé en Guyane avant de le ramener à Paris, affirmant qu'un autre appareil se tenait prêt à décoller à tout moment pour aller chercher Ingrid Betancourt. Le Premier ministre, François Fillon, a pour sa part confirmé mardi que la France était prête à accueillir des membres des Farc qui seraient libérés par Bogota en échange d'otages, dont Ingrid Betancourt, et qu'elle leur accorderait le statut de "réfugiés politiques".

Sur LCI, Fabrice Delloye, ex-mari d'Ingrid Betancourt, a jugé le message de Nicolas Sarkozy très important, alors qu'"Ingrid est en train de livrer son dernier combat". "Son corps est à bout de force (...) Elle sait que sa vie est en train de se terminer (...) Ou les Farc la libèrent ou alors ce sera une martyre", a-t-il dit mardi soir. La fille de l'otage, Mélanie Delloye, a appelé à son tour les Farc à répondre au message du président français en libérant sa mère, avertissant que les guérilleros seraient "les premiers responsables" de sa mort.

Le président du Comité de soutien à l'otage, citant des "sources relativement sûres", a affirmé mardi qu'Ingrid Betancourt, qui serait atteinte d'une hépatite B et de leishmaniose, une maladie de peau transmise par des piqûres d'insectes, aurait entamé son mouvement de grève de la faim le 23 février dernier. Date qui correspond à sa prise en otage, le 23 février 2002, il y a plus de six ans. "Nous avons ces informations mais nous n'arrivons pas à les vérifier", a pour sa part affirmé la Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB). Lundi, une source des renseignements de l'armée colombienne avait également affirmé que la Franco-Colombienne refusait tout soin et restait attachée à longueur de journée depuis qu'elle a essayé de se jeter dans une rivière.

Quatre membres du comité de soutien à Ingrid Betancourt ont remis mardi à Nicolas Sarkozy une pétition comportant 602.000 signatures demandant la libération de l'otage des Farc. Le Comité de soutien organise en outre dimanche prochain une "marche blanche" à Paris et dans dix autres villes de France.

Commenter cet article