Il faut en finir avec le « jusqu'à » des FAI

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Il y a des mots qui fâchent. Et si j'osais, j'affirmerais que les opérateurs du câble et de l'ADSL sont avant tout des hypocrites. Juste pour ne pas fâcher.

« Aigrefin, arnaqueur, charlatan, crapule, filou, fripon, larron, malfaiteur, malhonnête, escroc... » Les mots qui fâchent ne manquent pas pour qualifier certaines attitudes commerciales. Et je me demande parfois si celles des fournisseurs du câble et de l'ADSL - qui usent et abusent de promesses mettant en avant du « jusqu'à » - ne sont pas de celles qui fâchent...

Le « jusqu'à » est un domaine réservé à l'Internet et a ses produits dérivés. Pourtant, on n'est pas dans le domaine du rêve. La technologie offre certes un certain potentiel. Mais de là à vendre le maximum que l'on atteindrait si tout allait pour le mieux. C'est bien ce qui se passe. Comme si le débit était le même ici, là et là-bas. Comme si indiquer une valeur n'avait aucun sens. Et il est vrai que ceux qui vendent du Wi-Fi à 300 Mbit/s, du CPL à 200 Mbit/s, voire de la téléphonie mobile, ont également cette fâcheuse tendance à pousser le débit plus loin que la réalité.

Et pourquoi pas des oeufs vendus jusqu'à 12 par boîte ?

Et si tout le monde pratiquait la politique du « jusqu'à » ? On aurait ainsi des voitures pouvant rouler jusqu'à 220 km à l'heure mais qui ne dépasseraient jamais le 60, des oeufs vendus jusqu'à 12 par boîte, de l'électricité qui ne fonctionnerait que pendant les périodes creuses, de l'eau qui n'aurait jamais de pression pour la douche... Ça fâcherait.

Au législateur d'intervenir

Messieurs les vendeurs de débits, il n'est que trop temps de cesser cette hypocrisie. On se demande d'ailleurs qui vous en donne l'autorisation. Ma grand-mère aimait ce proverbe « et si ma tante en avait... » Aurait-elle eu pour autant le débit tant promis par les publicités qui s'étalent en 4 par 3 ? Je ne le saurai jamais, mais une chose est certaine : à force de jouer à ce petit jeu là, les clients au potentiel si affirmé commencent à se fâcher.

Et aujourd'hui c'est au législateur d'intervenir. Voilà peut-être une mission pour Eric Besson, qui pourra ainsi étrenner sa charge du développement de l'économie numérique. A moins que Luc Chatel, notre secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation ne s'occupe d'ici là de cette... fâcherie.

Un vrai diagnostic qui engage le prestataire

La solution, tout le monde la connaît. Aucune entreprise ne devrait être habilitée à vendre du service « jusqu'à » sans être obligée d'établir un diagnostic préalable. Je ne vois pas pourquoi les Free, Orange, Numericable et autres prestataires sont autorisés à - ce que le bon sens devrait nous permettre de qualifier - « gruger ». Chaque prestataire devrait être obligé à réellement vérifier si l'acheminement des données est possible jusqu'à l'installation de ses clients potentiels. « Jusqu'à »... la prise téléphonique ou « jusqu'à » la prise murale du câble.

Je ne parle pas d'un test théorique que nos FAI aiment câbler sur leur portail. Tant qu'il ne s'agissait que d'une histoire de débits pour geeks et autres accros au téléchargement, ça passait... Mais là on touche à de vrais services pour M. et Mme Tout-le-Monde : le téléphone, la télévision, la vidéo à la demande... Et, franchement, les histoires de débits « jusqu'à » de nos FAI, ça fâche !

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sylvie 15/04/2008 10:06

Jusqu'à ras le bol!

réré 14/04/2008 16:54

Moi mon fournisseur m'a fait de la vente forcée. J'ai du hausser le ton ...!