La Sécu finance les fonds de pension anglo-saxons

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Les cliniques privées sont un marché hyper sûr… qui attire les fonds de pension anglo-saxons. D'où une inquiétude : et si les fonds en question se retiraient du jour au lendemain ?

Et si les fonds de pension, après avoir misé sur la santé, se retiraient du jour au lendemain ? C'est une hypothèse d'école, car pour le moment, la rentabilité économique des cliniques ne cesse de croître, comme le révèle une enquête de la direction de la recherche, des études et des statistiques. Le taux de rendement des capitaux investis dans les cliniques a bondi de 10,8% en 2004 à 15,7% l'année suivante, soit un niveau de performance supérieur à celui des 250 plus grandes sociétés françaises (hors secteur financier). Quand on sait que le marché est entièrement solvabilisé par la sécurité sociale, qu'il est en croissance régulière, que la concurrence est quasi-inexistante sur le plan international et très maîtrisée à l'intérieur des frontières, on peut parler d'un filon en or.
Une note confidentielle de la Fédération hospitalière de France* alerte le gouvernement en ces termes:
«Dès lors que l'on considère que les cliniques privées constituent une composante à part entière de notre système de santé, les pouvoirs publics devraient, bien évidemment, veiller à maintenir une rentabilité satisfaisante du secteur pour maintenir un flux d'investissement. Mais ils devraient aussi veiller à ne pas constituer de rentes de situation pour les investisseurs de ce secteur, la situation de la sécurité sociale n'autorise pas de telles générosités».


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La Sécu en mère nourricière des Fonds de pension anglo-saxons, il y a en effet de quoi s'inquiéter. Le maintien de tels niveaux de rendement ne risque-t-il pas, en captant l'investissement, de déstabiliser le secteur public ? Le problème, souligne la note de la Fédération hospitalière, c'est que la fixation des tarifs, toute administrative et budgétaire qu'elle est, est « inadaptée à la régulation d'un secteur qui obéit aux règles de l'économie de marché ». Le temps que notre administration accepte de prendre le problème dans l'autre sens, les fonds de pension seront probablement allés chercher des liquidités ailleurs, comme ils savent si bien le faire !


*Publiée dans un livre paru le 4 mai 2008 chez Fayard, « Ma Sécu. De la Libération à l'ère Sarkozy », d'Eric Merlen et Frédéric Ploquin

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Philippe 14/05/2008 07:56

Même si je suis globalement d'accord avec ce qui est dit (article et com), il faut relativiser pour mieux comprendre (un peu pédant ce que je viens d'écrire... désolé !). L'hospitalisation privée en France n'existe presque pas au sens strict, il s'agit des cliniques non conventionnées, donc hors sécu. Les cliniques sont à gestion privée, la nuance ets plus importante qu'il n'y paraît. Ainsi, la sécu paye toutes les structures hospitalières (hôpitaux et cliniques) avec 2 tarifs différents et à titre de comparaison, un accouchement classique, sans complication (GHM 540) est payé environ 30% de plus en public qu'en privé, honoraires des praticiens compris ! et les écarts de "prix de revient" de revient sont situés entre 10 et 40% ! Autrement dit, une même hospitalisation coûte nettement à la Sécu en privé qu'en public ! C'est bien un problème... car le public est incapable d ejustifier, chiffres en mains, cet écart ! et parce que là-dedans n'entrent pas les dépassements d'honoraires ! Pernicieux... le total dépensé (sécu+patient+mutuelle) n'est pas forcément à l'avantage des cliniques, mais peu importe à la Sécu... Quant à savoir si les fonds peuvent se désangager brutalement... oui ! C'est ce que vient de faire Blakstone ! Les cliniques rachetées par ce fond... personne ne sait ce qu'elles deviennent ! Et puis... leur but n'est pas de rester présent très longtemps : Capio a été racheté par deux fonds il y a 2 ans environ... depuis les conditions de travail sont devenues déplorables dans certaines cliniques ! Le personnel n'en peut plus et fuit... mais le but des fonds de pension étant de générer un max de fric pour pouvoir revendre le tout bien plus qu'ils ne l'ont acheté... avec la bénédiction des autorités sanitaires et de la sécu : ça coûte moins à tout le monde ! sau au patient, sauf à la santé, sauf en matière sociale... mais ça !

Le sang coule 10/05/2008 01:03

Ces slaes petits rats de droite privatise et ensuite nous donne à bouffer aux fonds de pension anglais ?

Magnifique.

Vive le service public, si on renationalisait le service de la santé.
Oups, pardon, j'ai du dire un gros mot.

RESSITANCE !!!

LV 10/05/2008 01:21


Tu ne diras jamais autant de gros mot que NS ;-)


Elbosco 09/05/2008 19:48

LE VRAI PROBLEME avec l'idéologie déveveloppée par les anglo-saxons est que l'ETAT doit s'incliner devant les intérêts particuliers ! c'est innacceptable ... SEUL un ETAT fort c'est-à-dire LEGITIME est à même de contrer cette dérive : pour cela, le dispositif mis en place par DE GAULLE serait à même de réagir s'il n'avait été dévoyé par un certain GISCARD D'ESTAING avec une loi scélérate du même style que votée le 4 Février 2008 qui annule une AUTRE loi votée par REFERENDUM ! Il serait temps que les Français ouvrent les yeux ou, alors, ils risquent de devenir les nouveaux esclaves des temps modernes !

Martial 09/05/2008 19:43

Ca les arrange bien d'engraisser le privé pour mieux détruire le public. L'Etat Sarko, est un Etat autodestructeur. Le peuple, c'est le dernier de leur soucis.
Nous sommes gouvernés par des voleurs.

serge 09/05/2008 19:38

Et 9,5 milliards d'euros de déficit de la Sécu qui était excédentaire sous la Gauche. La droite oligarchique donnerait le produit de nos cotisations sociales à l'oligarchie financière? Les 90% de travailleurs, retraités, jeunes etc. ont pas fini d'en baver. Putain 4 ans !