Le moral des Français a chuté en juillet à un nouveau plancher

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PARIS (AFP) - Le moral des Français a chuté en juillet à un nouveau plancher depuis vingt ans, les craintes d'augmentation du chômage semblant désormais relayer celles d'inflation, nouveau signe annonciateur d'une consommation atone et d'une croissance en berne au second semestre.

L'indicateur mesurant le moral des ménages français a perdu deux points sur le mois, s'établissant à -48 contre -46 en juin, enfonçant un nouveau plus bas historique depuis 1987, a annoncé mardi l'Insee.

"La crise de confiance est désormais avérée", en conclut Alexander Law, économiste chez Xerfi.

Au mois de juillet, l'opinion des ménages sur le niveau de vie en France a continué de se dégrader, qu'il s'agisse de son évolution passée ou future.

"Le niveau de confiance fait essentiellement les frais de la hausse passée des prix qui obère le pouvoir d'achat", analyse Nicolas Bouzou, chez Asterès.

Pourtant, les perspectives d'évolution de la situation financière personnelle des Français remontent un peu en juillet, signe, selon les économistes, que le tassement probable de l'inflation en juillet a été perçu.

"L'évolution des prix a paru moins peser sur leurs finances qu'au cours des deux derniers mois", souligne Mathieu Kaiser, chez BNP Paribas.

"Il faudra cependant que le cours des matières premières énergétiques et alimentaires se confirme pour que l'inflation cesse de faire reculer le pouvoir d'achat", tempère-t-il.

Les prix du pétrole ont chuté de plus de vingt dollars ces deux dernières semaines.

"Toute baisse significative des prix redonnerait immédiatement une bouffée d'oxygène au pouvoir d'achat, ce qui permettrait d'envisager l'avenir avec plus de sérénité, et donnerait un coup de fouet bien nécessaire à la consommation des ménages", note M. Law.

Pour l'heure, les économistes continuent de prévoir une consommation atone au second semestre.

Les intentions d'achat des Français se sont certes stabilisées en juillet, mais à un niveau extrêmement faible, qui ne "permet pas d'envisager une reprise rapide de la consommation", relève Mathieu Kaiser.

Après un sursaut en mai, celle-ci est repartie à la baisse au mois de juin en France.

Relayant les préoccupations entourant la hausse des prix, les Français se montrent désormais inquiets de l'augmentation du chômage. Ces craintes atteignent en juillet "un sommet depuis mars 2006", souligne Marc Touati, chez Global Equities.

Selon l'économiste, la réduction des effectifs concernera l'industrie, mais aussi la construction, comme l'indique le nouvel effondrement des mises en chantier, en baisse de 28,2% entre avril et juin.

"Ce point est problématique car il donne l'impression que, même si les anticipations d'inflation s'apaisent, la dégradation du marché du travail prendra le relais pour tirer le moral des ménages vers le bas", juge Nicolas Bouzou.

"Les Français sont de plus en plus inquiets de l'assombrissement de la conjoncture mondiale et du marché de l'emploi, et même si l'inflation se calme, ils seront tentés de se constituer une épargne de précaution, au détriment de la consommation", estime pour sa part Jean-Christophe Caffet, chez Natixis.

"Or, sans consommation des ménages, pas d'amélioration globale de la conjoncture française à attendre", assène Nicolas Bouzou.

Pour Alexander Law, sa prévision de croissance du PIB de 1,7% en 2008, "pourrait ne pas résister à un nouvel accès de faiblesse de la demande domestique".

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Rébus 04/08/2008 13:12

Cercle vicieux, je vois mal la consommation des méanges reprendre au moment ou l'on annonce des hausses de tarif EDF, venant se greffer à toute les pertes de pouvoir d'achat ces derniers temps. Pertes réelles, et non ressenties comme voudrait le faire croire l'INSEE.