Quelle étrange machine, un journal de 20 Heures

Publié le

On le croirait parfois fabriqué par davantage de réflexes que de réflexion. Exemple cette semaine : pourquoi seul Tapie a-t-il eu les honneurs d'un passage au 20 Heures, le soir de son audition, et pas l'ancien président du Crédit lyonnais Peyrelevade, pourtant entendu le même jour par les mêmes députés ? Choix politique des télés aux ordres ? Peut-être. Les journaux télévisés, après tout, ne se sont pas trop attardés à se demander si Sarkozy, en l'occurrence, avait donné un coup de pouce à Tapie, pour l'aider à récupérer quelques dizaines de millions.
Mais la réponse est peut-être plus rassurante et plus inquiétante à la fois.  Ecoutez donc, sur le plateau, les réponses d'un témoin de choix : Jacques Asline, réalisateur du 20 Heures de TF1 depuis de longues années (et encore aujourd'hui). Inconnu du public, l'homme est présent à toutes les réunions, assiste à tous les choix. Pourquoi Tapie ? lui demandons-nous. Et pourquoi justement l'instant où il semble au bord des larmes ? La difficulté d'Asline à répondre est éloquente. Je ne vous en dis pas plus. Notre émission est ici

Inéluctablement, l'audience des JT décline et surtout, ces temps-ci, celui de TF1 (sur notre plateau, son réalisateur en convient d'ailleurs entre les lignes...) Pas étonnant, tant ils s'évertuent à détourner les yeux. Autre exemple : la fameuse exposition Jeff Koons, à Versailles. Tous les journaux, faussement effarouchés, ont montré l'image du « scandale » : le chien-ballon de l'artiste américain devant les Fragonard. Mais pas un seul, pour mentionner que le directeur du château de Versailles, Jean-Jacques Aillagon, rend ainsi un joli service à son ancien patron, le milliardaire François Pinault, grand collectionneur de Koons. Ce serait trop compliqué pour les télespectateurs. Notre article est ici


Daniel Schneidermann


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

charlotte 14/09/2008 16:06

PAS pu voir n'étant pas abonnée.