Obama : yes, he did !

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A 5 heures 05, heures de Paris, le 5 novembre 2008, Barack Obama est devenu le 44e président des Etats-Unis. Et le premier président noir. «Est-ce qu'il y a quelqu'un qui doute que tout est possible aux Etats-Unis?» a-t-il demandé en préambule de son discours.

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Tout un symbole. Le bushisme s'est éteint là où il avait vu le jour, il y a huit ans, en Floride, cet Etat ensoleillé du Sud-Est des Etats-Unis, paradis des touriste et des retraités, qui avait installé le règne des néo-conservateurs en 2000.

A l'époque, on s'en souvient, il avait fallu près d'un mois et demi de contestations et de recours en tous genres, sous l'œil attendri (et attentif) de son frère Jeb, gouverneur des lieux, pour que George W. Bush finisse par faire avaliser sa victoire par 537 voix d'avance par la Cour suprême. En décrochant les 27 grands électeurs de la Floride, et bien que devancé de 500 000 voix au vote populaire par le démocrate Al Gore, George W. Bush s'était ouvert les portes de la Maison-Blanche. Barack Obama n'aura pas eu besoin d'autant de temps pour les claquer au nez de celui qui n'aura jamais pu se débarrasser du fardeau des années Bush, le républicain John Mac Cain. Cette nuit, il a fallu à peine trois heures à Barack Obama pour voir tomber cet Etat-clef de 18 millions d'habitants, symbole des fameux « swing states », dans son escarcelle. En remportant la Floride avec 51% des suffrages (contre 49% pour McCain), Etat symbole de la débâcle économique du bushisme et frappé de plein fouet par la crise des « subprimes » le candidat démocrate s'est assuré de dépasser la majorité de 270 grands électeurs nécessaire pour devenir, en janvier prochain, le nouveau président de Etats-Unis.

Un peu plus tôt dans la soirée, les Etats de la côte est s'étaient peu à peu colorés sur la carte du pays les uns en rouge, couleur des républicains de John Mac Cain, les autres en bleu, teinte des démocrates de Barack Obama, sans que ne se produise de véritable surprise. Les deux premiers signes encourageants pour le candidat démocrate furent la sauvegarde, haut la main, de la Pennsylvanie (21 grands électeurs), Etat convoité par JohnMac Cain qui y avait concentré l'essentiel de ses forces, et le gain , par une marge plus étroite de l'Ohio (20 grand sélecteurs). Cet Etat du nord-est du pays frappé par la crise économique et la désindustrialisation avait assuré la réélection de George W. Bush face à John Kerry en 2004. En l'emportant dans l'Ohio, Obama, qui avait recueilli le soutien de Bruce Springsteen lors d'un concert, dimanche soir, à Cleveland devant 80 000 personnes, avait fait un grand pas vers la victoire, confirmant sa capacité à séduire la classe moyenne blanche paupérisée et les classes populaires durement frappées par la crise. A l'ouest du pays, le candidat démocrate est aussi parvenu à enlever les 5 grands électeurs du Nouveau-Mexique, Etat qui avait également voté George W. Bush il y a quatre ans.

Un taux de participation record
Au final, c'est bien un scrutin historique, marqué par un record absolu de la participation électorale (80% dans l'Ohio !), qui a porté cette nuit, de façon nette et sans appel, le premier président noir à la Maison-blanche. Un homme de 46 ans qui a triomphé, justement, parce qu'il est parvenu à dépasser la question raciale pour se poser en rassembleur d'une Nation divisée, en médecin de ces deux Amériques qui se sont tellement affrontées depuis huit ans, et plus encore depuis le 11 septembre 2001 et ses conséquences. Après s'être révélé au grand public il y a seulement quatre ans, lors de la convention démocrate qui avait adoubé John Kerry, puis en se faisant élire gouverneur de l'Illinois, Barack Obama l'a donc emporté haut la main en dépensant plus de 600 millions de dollars au fil de la campagne la plus coûteuse de toute l'histoire des présidentielles américaines. Vainqueur dans les urnes, il est ainsi passé du « Yes we can » au « Yes, he did » !

Reste le plus difficile : d'une part, concrétiser ce « changement » qui fut son slogan de campagne, dans la vie quotidienne des Américains, notamment à travers la réforme du système de protection sociale et la mise en place d'une fiscalité plus juste et relever une économie mise à bas par une crise financière qui a assuré son succès électoral ; d'autre part, restaurer aux yeux du monde l'image et le prestige d'un pays durement décrédibilisé par le bellicisme et l'intolérance bushistes. Au vu de l'Obamania qui enflamme la planète depuis des mois, il ne sera pas simple de décevoir pour celui qui est d'abord le nouveau président des Etats-Unis, soucieux de défendre les intérêts de son pays, quand tant de ses supporters à travers le monde, le rêvent – et le fantasment – en icône humaniste, dépositaire de l'héritage humaniste de Martin Luther King…

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charlotte 06/11/2008 21:39

Mais d'où viennent ces 600 millions $ ?