Intégration réussie selon Hortefeux

Publié le

Dans la série boulette-qui-révèle-le-fond-de-mon-inconscient, Brice Hortefeux a fait assez fort hier mercredi 5 novembre sur BFM radio en estimant que l'élection de Barack Obama avait «un côté symbolique puisque chacun sait qu' (il) est d'une famille issue de l'immigration». Ajoutant: «C'est le témoignage que le défi de l'intégration peut être relevé.» Obama immigré? Son père était certes kenyan mais le futur président des Etats-Unis est né à Hawaï, Etat américain, d'une mère américaine.
Est-ce à dire que sa peau noire en fait d'office un immigrant ?

Lors d'une visite officielle aux Etats-Unis le 6 novembre 2007, Nicolas Sarkozy avait lui aussi gaffé.
«Moi, j'admire les Etats-Unis, avait-il déclaré, parce que Madeleine Albright, Colin Powell, Mme Rice, ce n'est pas des Américains de longue tradition.»

Or, si Madeleine Albright est effectivement née en Tchécosvolovaquie et a été naturalisée américaine et si Colin Powell est né à New York de parents jamaïcains, ce qui peut à la rigueur en faire des Américains de «fraîche» tradition, Condoleezza Rice est née, elle, aux Etats-Unis de parents et de grand-parents américains.

Sauf que, comme Barack Obama, elle est noire. Coïncidence ?

Commenter cet article

guy sauzet 08/11/2008 12:27

Oui, mais il n'a pas dit qu'Obama était immigré, mais qu'il est d'une famille issue de l'immigration ce qui m'apparait différent et exact. Il me semble n'avoir en aucun cas parlé de sa couleur de peau, ce qui est presque dommage dans le contexte historique des Etats Unis

Alors, procès d'intention ?

guy sauzet 08/11/2008 12:22

Oui mais Madeleine Albright elle n'est pas noire...
Alors, procès d'intention ?

rachid 07/11/2008 06:42

Comme disait l'aveugle....

D’un point de vue strictement symbolique, Barak Obama a raison. Le changement a déjà eu lieu puisque, pour la première fois, un Noir (en fait un métis) vient d’être élu dans une grande démocratie issue d’une ancienne société esclavagiste. Est-ce la revanche de Cimendef (le vrai, celui de l’Histoire) ? Oui. Et l’on voit bien que cette nouvelle prend un relief particulier (trop ?) en Afrique, notamment au Kenya pays du père d’Obama. Elle prend également du relief en France où l’on a suivi avec enthousiasme (trop ?) cette élection. Cette victoire symbolique aura à n’en pas douter des répercussions symboliques. Leçon numéro un : les partis politiques français doivent aujourd’hui s’ouvrir d’avantage sur la société. Ne serait-ce que pour dépasser définitivement la notion de race, de couleur, de communauté au bénéfice du seul débat sur les idées. La victoire d’Obama réjouira donc tous ceux qui militent en faveur d’une société post-raciale (et non pas communautariste). Elle ne doit pas nous transformer en apôtres du « rêve américain » pour autant. N’en déplaise, le « rêve américain » s’est fait sur le génocide d’un peuple : les Indiens d’Amérique, parqués dans des réserves. Qui en a parlé pendant la campagne ? Obama les a-t-il visités ? Qui a pensé à sabler le champagne avec eux, hier, ou à les inviter sur les plateaux de télévision ? Pour terminer, au risque d’être trouble-fête, je rappellerai cette évidence. Les civils qui meurent sous les bombes en Afghanistan ou en Irak, ceux qui meurent de faim en Afrique se moquent que les ordres soient donnés par un Noir ou un Blanc. Alors attendons pour voir, comme disait l’aveugle à sa femme qui était sourde.