Les comptes de Sarkozy

Publié le par LV

Cela fait maintenant près d'un mois que Nicolas Sarkozy a changé. Un mois c'est long et c'est tout à la fois très court. Par exemple un mois c'est court pour inaugurer en urgence une rue Jean Jaurès ou bien une Place Léon Blum à Neuilly. Mais un mois c'est suffisant pour dérouler une campagne démagogique quand on a des soutiens fidèles qui arpentent des médias déjà sous contrôle.
Nicolas Sarkozy nous prépare donc, parce qu'il a changé, un avenir radieux mais que ceux qui sont nés avec une cuiller d'argent dans la bouche se rassurent, l'avenir radieux c'est le leur. Quant à ceux qui sucent depuis des lustres leur cuiller en plastique, qu'ils se méfient.

Souvenons-nous de ce beau dimanche de janvier, c'était le 14, et de cette interview quelques jours plus tard, c'était dans le monde. En l'espace de quelques jours Nicolas Sarkozy n'y avait pas été par quatre chemins : création d'un droit opposable à la scolarisation des handicapés (500 millions d'Euros), cautionnement par l'Etat des entrepreneurs sans ressources (100 millions d'Euros), déduction de l'intérêt de l'emprunt immobilier du revenu imposable (2,5 milliards d'Euros), allocation de formation pour les jeunes (3 milliards d'Euros), prêt à taux zéro pour les jeunes (2 milliards d'Euros), crédit d'impôt recherche, bouclier fiscal à 50%, déduction de l'ISF des investissements dans les PME etc....

Face à ces nouvelles dépenses du candidat UMP intervenues en quelques jours, il est donc plus que légitime de parcourir le programme initié par le Président de l'UMP pour essayer de comprendre ce miracle électoral. Autrement dit nous interroger sur les mesures d'économie préconisées par l'UMP face à ces nouvelles dépenses ? Revue de détail.

Tout d'abord il s'agit pour Sarkozy de garantir le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sachant que ce bon Nicolas compte affecter la moitié des économies ainsi réalisées aux fonctionnaires en poste, c'est à dire au total une « économie » de 5 milliards d'Euros sur......2012.

Continuons. Notre nouvel ami des travailleurs qui vont travailler plus pour gagner plus n'aime manifestement pas trop les travailleurs qui ne travaillent pas. C'est ainsi, je cite, que Sarkozy préconise « le resserrement des conditions de versement des minimas sociaux ». Une mesure censée représenter pour l'Etat une « économie « de 500 millions.

Le compte n'est donc pas encore bon. Sarkozy a indiqué, une fois élu, qu'il mettrait en place « une franchise sur les actes médicaux », les Français apportant ainsi grâce à cette franchise non remboursable, la somme de 1,25 milliards d'Euros.

Enfin, en alignant les régimes spéciaux sur le régime général des retraites, Sarkozy annonce une « économie » de 3 milliards d'Euros.

Sans rentrer dans les détails, constatons que le ministre-président-candidat Nicolas Sarkozy en campagne vient d'annoncer plus de 13 milliards de promesses tout en garantissant, pourquoi se gratter, une maîtrise de la dette publique et le bonheur des travailleurs. Les promesses viennent s'ajouter, il faut bien le comprendre, à celles qui figuraient déjà dans le programme de l'UMP. Bilan des courses, bilan des comptes, si l'on intègre les nouvelles promesses aux anciennes, tout en tenant compte « des économies », on en arrive, tenez-vous bien, à la vertigineuse somme de 88 milliards de dépenses en euros bruts.

On se souvient, en mars 1995, de cette déclaration de Sarkozy, « Jacques Chirac raconte des fariboles en promettant d'augmenter toutes les dépenses et de baisser tous les impôts ».

Revenons à l'interview au Monde d'il y a quelques semaines. Nicolas Sarkozy y prend l'engagement de réduire de 4% les prélèvements obligatoires ce qui, en passant, prive l'Etat de 68 milliards d'Euros par an.

La boucle est bouclée. Avec Sarkozy la France est assurée d'un creusement du déficit public. C'est la certitude que la dette va s'envoler. C'est la garantie de moins de protection sociale et plus globalement de l'aggravation des conditions de vie d'une écrasante majorité de français.

 

Commenter cet article