Le petit sacre du Tsar Kozy le 14 janvier 2007

Publié le par LV

Reportage d'un invité au sacre de TsarKozy le 14 janvier 2007

Petite pause dans le récit de mes vacances. Je ne peux pas m'empêcher de vous parler du sacre sarkozyste. Car j'y étais ! Non, rassurez-vous, je ne compte pas adhèrer à l'UMP, et malgré mon refus de soutenir la candidature de Ségolène Royal, celle de Nicolas Sarkozy trouve encore moins grâce à mes yeux. Mais je voulais voir. Tout le monde parlait de cet évènement, alors plutôt que d'avoir le résumé par les médias, autant me rendre directement à cette investiture. Récit de quelques heures parmi la droite française.

Trois quarts d'heure en métro sur la ligne 12, et me voici arrivé au parc des expositions de la porte de Versailles. Hier pourtant j'avais envoyé un mail à l'UMP, en retour duquel on m'a affirmé que je pourrais obtenir un pass à la porte L. Malheureusement, impossible de rentrer. Alors il faut être malin. Je m'adresse poliment aux personnes sortant de l'endroit pour savoir si cela ne les dérangeait pas de me transmettre le talisman. Il aura fallu attendre la 5ème ou 6ème tentative pour obtenir le sésame, entre temps les participants auxquels je me suis adressé m'ont envoyé bouler sous des prétextes plus ridicules les uns des autres. Genre : "si vous n'avez pas le bracelet, c'est que vous ne le méritez pas", ou "je ne peux vous le donner, pour des raisons de sécurité", et encore un "si moi je l'ai, pourquoi pas vous ?", le summum de la politesse provenant d'une vieille bourgeoise liftée, me balançant un aimable "demmerdez-vous !". Plus de 15 minutes après mon arrivée, me voici enfin dans l'arène.

Contrairement à ce que les médias nous martèlent, je doute vraiment du nombre de participants annoncé. Le problème est qu'ici le "selon la police" et le "selon les organisateurs" sont les mêmes ... Il est absolument impossible que 80 000 personnes se tenaient sur place lorsque j'y étais présent. Or je suis arrivé au point fort de la journée, pour le discours du chef.

On nous parle également de l'ambiance. Me concernant, je trouvais l'assistance extrêmement molle. La ferveur est plus celle de la galette des rois de la maison de retraite de ma grand-mère que celle des Champs Elysées lors de la victoire des footballeurs français. Peu d'acclamations, à quatre ou cinq reprises seulement. Les Jeunes Pop essaieront en vain de lancer un mouvement de liesse. En vain, les vieux et vieilles les rabrouant aussitôt, ne pouvant boire le discours de Sarkozy. D'ailleurs, il est assez étonnant de remarquer le manque de politesse de l'assistance. A plusieurs reprises, j'ai dû subir les foudres d'Umpistes n'admettant pas que je me déplace devant eux, si bien installés sur leur chaises en plastique. Le militantisme de droite est assez particulier dans l'intolérance.

La fin du discours n'amène pas plus d'acclamations. La standing ovation est très brève, pas plus de 30 secondes, j'ai pris la peine de compter. Mais ne nous inquiètons pas, les moyens techniques nous donneront de belles images, notamment celles obtenues grâce à la Louma présente (voir photo ci-dessous). Et toutes les chaînes de TV reprenant les images oublieront de dire qu'elles sont gracieusement fournies par l'UMP. De l'information des électeurs très démocratique !

A la fin du discours, la Marseillaise chantée par une chorale d'enfants (peut-être celle de St Nicolas du Chardonnay ?) ajoutera du ridicule à la situation. Non, chanter la Marseillaise n'est pas une tare, mais là-bas j'avais tout de même plus l'impression d'être à un meeting du vieux borgne.

Bien évidemment, Nicolas Sarkozy a été investi par 98% des militants de l'UMP. Un vrai scoop lorsqu'il n' a qu'un seul candidat ! Evidemment il fallait que la participation soit plus importante pour son investiture (69%), que pour celle de Ségolène Royal (66%). Pour moi, ces chiffres n'ont strictement aucune valeur. Par contre, celui du coût de ce raout, 3,5 millions d'euros, en présente plus à mes yeux, soit prêt de 44 euros par participants, si on s'en tient aux chiffres officiels. Onéreux pour un sacre. En recevant le calendrier, avec l'affiche de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, je suis étonné de la ressemblance avec l'affiche du film Président sortie fin septembre. Simple hasard ?

Un petit tour au stand des produits dérivés proposés par l'UMP, l'occasion d'avoir un autographe de Jacques Toubon (un des rares hommes politiques qui mérite le respect, m'est avis). Puis je me dirige vers la sortie, non pas celle des simples participants, mais celle des people de l'UMP. Non, je ne croiserai pas Doc Gyneco ou Johnny. Mais Jean-Pierre Raffarin, fidèle à lui-même, et aussi François Fillon, extrêment maquillé, à en faire pâlir Mickaël Jackson. Egalement mes deux chouchoutes de l'UMP : Roselyne Bachelot, et Christine Boutin, cette dernière qui pour l'occasion avait emprunté un des tailleurs de Ségolène Royal. Probablement pour attirer les caméras.

Et là, seul, tel un vilain petit canard, je vois Michel Barnier. J'ai du avoir pitié de cette solitude et me suis dirigé vers lui. L'occasion était trop belle, pour ne pas l'interroger sur la politique internationale développée par Ségolène Royal. Et de lui demander son avis sur celle de Nicolas Sarkozy. Mais quand j'ai voulu aborder la convergence entre la diplomatie française prônée par le chef de l'UMP et celle du président Chirac, il m'a très poliment quitté. En tout cas, un très beau moment de langue de bois ...

Je vous quitte sur la vidéo de cette interview :

Interview de Michel Barnier

 

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