Travail, chômage et choix de société

Publié le par LV

Moins de chômage ne veut pas dire plus d'emplois. Toutes les études fondées sur une prétendue supériorité des pays dont le taux de chômage officiel est plus faible sont faussées au départ, car celui-ci n'a aucune réalité objective. Le taux harmonisé au sens du BIT est tout aussi inopérant que les taux construits sur d'autres bases par chaque pays.

En effet, il suffit de transformer de vrais chômeurs en faux invalides (Grande-Bretagne, Pays-Pas), en préretraités (Danemark) ou en "malades de longue durée" (Suède) pour diminuer le taux de chômage de façon conséquente.

De même, remplacer de bons emplois à temps complet par deux fois plus d'emplois médiocres temps très partiel diminue le taux de chômage et augmente le taux d'activité, mais les comptes sont faussés. Sur la base d'équivalents temps plein, seule mesure honnête, ces taux deviennent très différents.

Les gains de productivité, non compensés par une réduction équivalente de la durée du travail, sont la cause essentielle du chômage (à population active constante).

Gains de productivité du travail, durée du travail, chômage :

http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm

En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l'ensemble de l'activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d'emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d'emplois entre secteurs d'activité, le nombre d'emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.

Des mythes autour de l'emploi :

http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/mythes.htm

 

En 1994, pour une croissance forte de 2,75 %, l'emploi a diminué de 8 900 (-95 600 emplois réels) car la productivité a augmenté davantage (2,79 %) pour une durée annuelle identique du travail.

De 1970 à 1974, en quatre ans, la valeur ajoutée a progressé de 18,83 % et la productivité de 19,15 %, valeur légèrement supérieure. Si l'emploi a cependant progressé de 742 000, soit 3,60 %, c'est que la durée annuelle du travail a diminué de 3,73 % (de 1821 à 1753 heures). Le chômage a malgré tout augmenté car la population active progressait plus vite que la création d'emplois.

L'évolution de la valeur ajoutée est égale au produit des évolutions de la productivité, de la durée du travail et de la population active occupée. Autrement dit, l'emploi (population occupée) augmente uniquement si la production (valeur ajoutée) augmente plus vite que le produit de la productivité par la durée du travail.

Modèle d'économie libérale, la Grande-Bretagne a créé moins d'emplois que la France sur un cycle économique "normal", en prenant un point de départ avant la crise de 1991-1992 et non pas dans le creux de la vague (plus profonde dans les économies très libérales).

Plus d'emplois créés en France qu'en Angleterre en 15 ans :

http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/emploi_15ans.htm

En quinze ans, de 1990 à 2005, la France a créé davantage d'emplois (2 520 000 : +11,25%) que l'Angleterre (1 520 000 : +5,82%). Le modèle libéral britannique n'est donc pas supérieur au modèle social français.

Devant une augmentation semblable de la population en âge de travailler dans les deux pays, la population active a beaucoup diminué en Grande Bretagne (1 210 000) du fait d'un retrait massif d'activité (préretraites et surtout invalidité), permettant une diminution du chômage de 580 000 personnes. En France, la population active a davantage augmenté que la population en âge de travailler (690 000) du fait d'une importante demande d'emploi, entraînant une augmentation du chômage de 520 000 personnes.

Le Danemark, pays social-libéral, utilise l'abondance des préretraites pour réduire son taux de chômage en réduisant sa population active.

Danemark et chômage, le modèle danois n'a aucun mérite :

http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm

 

En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d'un taux officiel de 6,38 %.

Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n'aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l'essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.

Enfin, la durée effective du travail, pour l'ensemble des emplois, a aussi son importance et la France est l'un des pays développés où cette durée est la plus élevée.

Durée du travail : apparences et réalité, France et autres pays :

http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm

Si l'on fait la moyenne de tous les emplois, à temps partiel et à temps complet, la durée de la semaine de travail est :

36,3 h en France
36,2 h en Italie
35,1 h au Danemark
33,8 h aux Etats-Unis
33,6 h en Allemagne
33,2 h en Espagne
31,7 h en Grande-Bretagne
30,1 h en Suède (36,1 h pour ceux "au travail")
29,2 h aux Pays-Bas

"Aujourd'hui la rétribution du travail est abandonnée au hasard ou à la violence." Louis Napoléon Bonaparte  [L'extinction du paupérisme]

Pour avancer il y en a un qui le voudrait, mais pas forcément dans le bon sens !


Commenter cet article