Ca rame pour les petits candidats...

Publié le par LV

Si Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal font la course en tête pendant que François Bayrou et Jean-Marie Le Pen se disputent la troisième place, derrière, ça rame. Sous-exposition médiatique ou effet "vote utile", toujours est-il qu'aucun des autres candidats testés depuis octobre 2006 par les six principaux instituts de sondages n'a jamais dépassé la barre des 5%.

Selon la dernière mesure réalisée par BVA les 19 et 20 février, Marie-Georges Buffet mène le gruppetto à 4% d'intentions de vote, juste devant Olivier Besancenot, Arlette Laguiller et Philippe de Villiers à 3% ; José Bové est à 2%, Dominique Voynet à 1%, et Corine Lepage est crédité d'un astérisque, renvoyant vers un diplomatique "résultat non significatif"...

Au-delà de la variation des scores d'un institut à l'autre, consécutifs à une offre électorale plus ou moins large (Ipsos propose l'offre la plus complète en testant également Nicolas Dupont-Aignan, Frédéric Nihous et Gérard Schivardi), le fait est qu'aucun des petits candidats n'arrive à percer. Ce n'était pas le cas en 2002, le rapport de force était beaucoup plus serré.

La Sofres avait mesuré dans ses intentions de vote de février Arlette Laguiller à 7,5% (le 23), Robert Hue à 6,5% (le 2), Noël Mamère à 7% (le 15), alors que Jean-Marie Le Pen et Jean-Pierre Chevènement oscillaient autour des 10%. Ipsos obtenait des résultats comparables. A cette époque, derrière Jacques Chirac et Lionel Jospin, cinq candidats pouvaient prétendre au podium.

Image Hosted by ImageShack.us

Les petits candidats sont-ils aujourd'hui condamnés à rester en fond de cale ? Le sujet fait débat. Avec Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qui captent toujours à eux deux environ 60% des intentions de vote, contre moins de 50% pour le total Chirac+Jospin en 2002, la marge de man?uvre est plus étroite.

D'autant plus que derrière, le candidat "ni gauche ni droite" de 2007 est plus haut que celui de 2002 (de 15 à 17% selon les instituts pour F. Bayrou, contre à peu près 10% pour J.P. Chevènement en février 2002), et que Jean-Marie Le Pen est lui aussi en avance sur ses temps de passage (+ 3 points en moyenne). C'est peut-être une conséquence du 21 avril, les candidats des grands partis mobilisent beaucoup mieux leur camp cette année. Plus de 80% de l'électorat UMP choisit Nicolas Sarkozy dès le premier tour (on était autour des 60% pour Jacques Chirac en 2002), les deux-tiers des sympathisants socialistes choisissent Ségolène Royal (moins de 60% en moyenne pour Lionel Jospin, et à peine un peu plus de 50% à l'approche du scrutin), François Bayrou est aujourd'hui soutenu par 60% des proches de l'UDF (40% en 2002) ; Le Pen reste à 80% de soutien dans son camp.

Avec un électorat moins dispersé, on se rapproche des "parts de marché" des différents partis, si l'on se réfère aux niveaux des proximités partisanes relevés par les sondeurs dans leurs échantillons. Pour autant, tout n'est pas joué. Les municipales 2008 en point de mire, les maires hésitent à parrainer qui que ce soit. Le couperet des 500 signatures devrait alors clarifier l'offre électorale et aider les candidats qui auraient gagné leur ticket d'entrée. Surtout, la campagne officielle n'a pas encore commencée. L'égalisation des temps de parole profite aux moins connus, et bouleverse parfois l'ordre établit.

En avril 2002, les Français découvraient Olivier Besancenot, qui gagnait alors soudainement 4 points d'intentions de vote, pour se retrouver tout près du seuil des 5%, qui fait passer le remboursement des frais de campagne de 5 à 50% des dépenses (plafonné selon le cas à  800 000 ou 8 millions d'euros). Ils étaient 7 à en bénéficier en 2002 (Chirac, Le Pen, Jospin, Bayrou, Laguiller, Mamère et Chevènement), pas sûr qu'en 2007 ils soient aussi nombreux.

 

Commenter cet article

Sanny 03/03/2007 15:10

sarko c'est pas un petit candidat ? ;)

ester 02/03/2007 22:33

Tout le monde a peur de revivre le 21 avril 2002

Martine 02/03/2007 00:19

Il devient urgent de revoir cette loi anti-démocratique!