Les électeurs restent largement indécis

Publié le par LV

A quelque 50 jours du premier tour de la présidentielle, la plupart des sondeurs estiment que le choix des électeurs n'est pas encore fait, mais les Français se disent beaucoup plus intéressés par la campagne qu'il y a cinq ans.

Pour la plupart des sondeurs, l'une des caractéristiques de cette campagne est l'extrême volatilité de l'électorat. Alors que, traditionnellement, la fin février marque un tournant dans les campagnes présidentielles, le moment où les électeurs basculent dans un camp ou un autre de façon quasi-définitive, celle-ci semble faire exception à la règle.

"Il y a énormément d'indécision et de votes flottants, explique Roland Cayrol (CSA). C'est une élection très particulière. On n'a pas vu, depuis 1981, un tel taux d'indécis pour l'élection. Les gens peuvent passer d'un bord à l'autre au gré d'une émission télévisée qui les marque, un événement de campagne...", ajoute-t-il.

"Les indécis sont toujours aussi nombreux", renchérit Frédéric Dabi (Ifop). "A cinquante jours du premier tour, la cristallisation des intentions de vote est loin d'être faite. Près d'un électeur sur deux déclare pouvoir changer d'avis et les indécis sont particulièrement nombreux chez les électeurs les plus jeunes, les ouvriers, mais également parmi les cadres supérieurs et les professions libérales", assure-t-il.

Selon le dernier sondage hebdomadaire de LH2, des 23 et 24 février, seuls 44% des Français auraient définitivement fait leur choix en faveur d'un candidat. 33% disent avoir une préférence marquée mais pouvoir encore changer d'avis et 23% affirment encore hésiter.

La dynamique dont bénéficie depuis plusieurs semaines François Bayrou, parti de 6% en début d'année pour atteindre 19% aujourd'hui, est symptomatique de cette volatilité.

Selon Roland Cayrol, "c'est d'abord sur des déçus de la gauche qui ne trouvaient pas bien leurs préoccupations (dans la campagne de Ségolène Royal) qu'il a engrangé. Puis c'est à droite qu'il a pris, là aussi, des gens qui étaient un peu déçus par les orientations excessivement libérales de Nicolas Sarkozy".

"En même temps, poursuit-il, c'est l'électorat le plus fragile puisqu'il est composé de déçus, de gens d'en face qui ne sont pas encore complètement fixés".

Un avis partagé par Jérôme Sainte-Marie (BVA), pour qui il pourrait même y avoir "une crise importante de sa candidature" si la dynamique dont bénéficie le candidat centriste venait à s'arrêter.

Parmi les instituts de sondage, BVA est le seul à exprimer un avis un peu dissonant quant à l'incertitude du corps électoral. Selon lui, 55% des électeurs ont maintenant choisi définitivement leur vote. 25% ont une préférence mais peuvent encore changer d'avis, 10% hésitent entre plusieurs candidats et 9% ne savent pas du tout pour qui ils vont voter.

Par-delà ces nuances, tous les sondeurs s'accordent cependant pour reconnaître que cette campagne suscite une attention marquée de la part des Français. Selon BVA, 72% des Français se disent ainsi intéressés, et pour 77% d'entre eux, la façon dont se déroule la campagne les incite plutôt à aller voter.

Selon CSA, 50% des Français indiquent parler de la présidentielle et de politique avec leur entourage, les jeunes (57%) étant ceux qui en parlent le plus.

 

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Rog 03/03/2007 14:38

les sondeurs n'arivent plus a s'y retrouver malgré des montages et élucubrations matémathiques les plus empiriques; il faut dire qu'il y a de quoi, chacun des candidats se reprenant leurs thèmes et surrenchérissant sans cesse les citoyens ont du mal a leur donner de la crédibilité. 

Arnaud 03/03/2007 12:54

il n'y a pas d'offres réelles c'est le non choix cette campagne

Stora 03/03/2007 12:20

Tous ont des ambitions pour eux mais aucun pour leur pays !

Quins 02/03/2007 22:56

une sugeestion: pour réduire le nombre des indécis; pourquoi ne pas organiser dés maintenant des débats entre candidats ? alors la véritable identité et stature de présidentiable se fera jour et devrai faire diminuer le nombre d'indécis . Car aujourd'hui, ces meetings devant des sympathisants et adhérents relevent du cirque et n'apportent rien sur le fonds du sujet ; chacun se plaisant à dénigrer le candidat adverse génant

Francis 02/03/2007 22:54

Qui rémunèrent les organismes de sondages?