Ségolène Royal place la défense dans un cadre global

Publié le par LV

Armement, renseignement, communications, intelligence économique, accès à l'énergie... Ségolène Royal a placé les questions de défense dans une perspective large, en présentant - pour la première fois - ses orientations en la matière, samedi à la Maison de la chimie à Paris. « Toute défense est globale et le civisme en constitue le ciment », a déclaré la candidate socialiste, en insistant sur la nécessité de renforcer le lien armées/nation. Ce qui passera d'abord par l'instauration d'un service civique, un accroissement du rôle du Parlement (« il doit être mieux associé au contrôle des opérations extérieures et recevra dans un cadre approprié des informations sur les exportations d'armement »), et par la revalorisation de la condition des militaires. A ceux-ci, elle promet un plan « d'ensemble de soutien » et l'accès à une « pleine citoyenneté ».

Jusque-là peu loquace sur les questions de défense et de politique extérieure, Ségolène Royal tentait avec ce discours de recoller avec Nicolas Sarkozy. Ce dernier, qui s'est déjà largement exprimé sur le sujet (« Les Echos » du 29 janvier), a organisé la semaine dernière une conférence de presse sur la politique internationale. Et il doit clôturer mercredi la convention défense de l'UMP.

Accompagnée notamment de deux anciens ministres de la Défense, Paul Quilès et Jean-Pierre Chevènement, et d'Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, Ségolène Royal a d'abord dressé le panel des menaces actuelles (terrorisme, prolifération, nationalismes...). « La France doit faire le choix d'une fermeté sans faille » pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, a-t-elle notamment estimé. Pour réitérer ensuite qu'elle entendait « maintenir et adapter » l'effort de défense du pays. Le budget actuel, environ 2 % du PIB, restera identique, même si un redéploiement des priorités sera nécessaire à partir d'un nouveau Livre blanc (le dernier date de 1994).

Tout comme Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a réaffirmé son attachement à la dissuasion nucléaire, à l'Europe de la défense (« je prendrai des initiatives »), et à l'autonomie du Vieux Continent par rapport aux Etats-Unis. « L'Otan ne doit pas devenir le gendarme du monde », a-t-elle déclaré, de manière assez similaire avec les propos que son rival de l'UMP a tenus la semaine dernière. Mais une divergence demeure : alors que ce dernier s'est finalement prononcé pour la construction d'un second porte-avions pour pallier les périodes d'indisponibilité du « Charles-de-Gaulle », Ségolène Royal renvoie la question de la « permanence à la mer » à une « coopération opérationnelle » avec les Britanniques.

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