Jospin y va sur la pointe des pieds

Publié le par LV

L’ancien Premier ministre entre en campagne ce samedi à Lens où il tiendra meeting avec son ami Guy Delcourt, en lice pour les législatives

Il y va. Mais à sa façon. Lionel Jospin rentre en campagne ce samedi à Lens, où il tiendra meeting avec son ami Guy Delcourt, en lice pour les législatives. C'est la formule politique choisie par l'ancien Premier ministre qui, après une réunion publique au gymnase parisien Ronsard, le 21 mars avec la «bande du dix-huitième», dont Bertrand Delanöe et Daniel Vaillant, devrait arpenter le Nord, le Gard, le Puy de Dôme, le Vaucluse, l'Essonne et enfin Tarbes, pour y soutenir… les candidats locaux. «C'est vraiment un homme libre, qui ira là où il veut, explique un proche. Il voit bien que c'est une campagne difficile. Et il ne peut pas être absent d'un combat politique contre la droite et pour les Français.»
 
Pendant les primaires, Lionel Jospin, qui avait renoncé à briguer l'investiture contre Ségolène Royal, n'a jamais caché sa réticence quant à la pratique politique et au rapport au parti de cette dernière. Aujourd'hui encore, ses proches se retiennent pour ne pas présenter publiquement le gonflement sondagier de la bulle Bayrou et les aléas de la campagne socialiste comme la réalisation de leurs prophéties de l'époque. Légitimisme oblige, l'éthique de responsabilité de Lionel Jospin l'emporte pourtant sur ses convictions. Même il n'entend pas donner dans les faux-semblants et les «trucs théâtralement organisés», selon ses amis politiques. «Il n'est pas invité à faire des meetings pour la présidentielle, et même s'il l'était, ce serait compliqué à mettre en scène. Il n'est pas là pour bateler avec tel ou telle. Il va se forcer à dire des trucs, elle va sentir une ombre tutélaire… Ca ne serait peut-être même pas bon pour la candidate elle-même.»
 
Les proches de Ségolène Royal, eux, s'affirment ravis : «Tout ce qui renforce Ségolène, qui dit du bien de Ségolène est bienvenu. A partir du moment où il est en mouvement, on ne va pas chipoter ou supputer.» Lionel Jospin, qui avait accepté de faire partie de l'«équipe du pacte présidentiel» - dont le rôle reste à définir avec précision - réussira-t-il à «dire du bien» ? Il entend pour sa part «s'exprimer sur le fond, assure son entourage. Il ne sera pas dans le commentaire».
 
A Lens, il devrait dresser un bilan de cinq années de pouvoir de droite, affirmer le clivage et même «reprendre quelques propositions du pacte présidentiel». Un proche résume : «Il devrait faire ce qu'elle ne veut pas faire, ou ce que son entourage ne juge pas bon de faire : soigner le clivage. Ce dont elle ne parle pas car elle privilégie une certaine solennité. Jospin, lui, n'est candidat à rien…»
 

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zizou 20/03/2007 14:32

Jospinus quoique l'on en pense avec sa froideur a obtenu les meilleurs résultas économiques sur le dette par rapport au PIB, après sarko est arrivé aux finances et lui a fait augmenter le déficit en faisant vivre le pays à crédit, il se contre dit comme trop souvent mais les chiffres sont là qui le prouve!!!

khate 18/03/2007 15:20

En tous cas hier soir je l'ai trouvée plutôt "dure" la Royal !!!

Suzan 18/03/2007 15:19

Jospin est allé à Lens où il a su trouvé les mots justes pour situer les enjeux. Il s'est rallié à Ségolène Royal et s'est en même temps, sans qu'on lui demandât, distancié de son ami Claude Allègre. Je trouve que ce n'est déjà pas mal! Mais les médias, sacrifiant à l'air du temps, ne veulent voir dans ceux qui soutiennent Mme Royal que des hypocrites, des calculateurs, des moins-disants ou encore des bons soldats. Je trouve que c'est léger. Sans penser que Lionel Jospin a digéré sa relégation définitive dans le passé de la politique intérieure française ni changé d'avis quant à ses réserves sur la pratique politique de la candidate du PS, il est clair qu'en homme libre il a analysé la situation et fait son choix. Il votera beaucoup CONTRE Sarkozy et Bayrou et UN PEU quand même pour Royal. Lucidité politique, fidélité à son parti, talent dans l'exposé, bref des qualités que n'ont décidément pas eues MM. Allègre et Besson (avec une mention spéciale pour ce dernier qui n'a rien vu d'autre pour faire parler de lui que de cracher dans la soupe et se vautrer dans le caniveau. Bravo à Jospin et à Delors, grands seigneurs et hommes d'état responsables.

vero 18/03/2007 15:15

la bulle mediatique bayrou se degonflant et segolene retrouvant le punch et le dynamisme tout est possible pour un vrai changement jusqua present la moitie des francais etait indecis mais els choses deviennent claires et sur antenne 2 segolene m a convaincue de la maitrise de la conviction et des idees neuves et relaistes pour sauver la france et lui donner un vrai visage democratique et reconciler le peuple divise

Mat 18/03/2007 15:14

C'est vrai que Jospin est de retour, hélas pour Ségolène... La manière dont il organise ses rares interventions montre que c'est lui le vrai patron ; d'autre part, chaque fois qu'il ouvre la bouche, ses auditeurs se rendent comptent que Ségolène ne vaut rien et que c'est Jospin qui devrait être à sa place. D'ailleurs les éléphants du PS l'ont déjà intégré puisqu'ils organisent déjà, en comité restreint, "l'après" échec du PS en essayant de sauver ce qui peut l'être pour les législatives. Et vu ce qu'ils mijotent, Ségolène va payer très cher son outrecuidance présidentielle et la façon dont elle a voulu les rouler dans la farine.