Un proche de Sarkozy entendu par la justice

Publié le par LV

Thierry Gaubert, qui avait travaillé avec le candidat de l'UMP à Neuilly et au ministère du budget, a été entendu comme témoin assisté. L'affaire porte sur le détournement présumé de plus de 23 millions d'euros.

Un proche de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, a été entendu mardi comme témoin assisté à Nanterre dans une affaire portant notamment sur le détournement présumé de quelque 23,5 millions d'euros dans des ministères entre 1993 et 1997.

"Enrichissement personnel"
Ces fonds, collectés pour le logement social sous les gouvernements Balladur et Juppé, auraient finalement "permis l'enrichissement de personnes privées", selondes sources proches du dossier, qui confirment des informations parues jeudi dans Libération.

Marié à la princesse Hélène de Yougoslavie, Thierry Gaubert était chargé de la communication à la mairie de Neuilly-sur-Seine dans les années 1980 alors que Nicolas Sarkozy en était le maire. Sous le gouvernement Balladur, il a été membre du cabinet du président de l'UMP au ministère du Budget, avant de devenir son chef de cabinet au ministère de la Communication.

Il a été entendu par le juge d'instruction Richard Pallain à plusieurs reprises en février et mars, ainsi que son associé, le promoteur immobilier Philippe Smadja, comme témoin assisté, un statut intermédiaire entre celui de témoin simple, sur qui ne pèse aucune charge, et celui de mis en examen, sur qui pèsent des indices graves et concordants.

En 1999, le procureur de la République de Nanterre de l'époque, Yves Bot, avait ouvert une information judiciaire pour "abus de biens sociaux, abus de crédit, exercice illégal de la profession de banquier, abus de confiance, favoritisme, escroquerie au préjudice de l'Etat". Cette information judiciaire faisait suite à des rapports d'organismes gouvernementaux, portant sur l'activité d'organismes dirigés par Gaubert et Smadja.

 

Nicolas Sarkozy au courant ?
L'un de ces rapports, dont l'AFP a obtenu copie, a été rédigé par l'Inspection générale des finances (IGF). Thierry Gaubert avait créé dans les années 1980, avec Philippe Smadja, une structure de collecte du 1% logement, le CIL, ou "Comité interprofessionnel du logement", chapeautant des sociétés civiles immobilières (SCI) et des sociétés d'économie mixte (SEM) basées à Neuilly.

De 1992 à 1994, il est aussi président d'une filiale du CIL, l'association Habitation pour tous, créée afin de collecter des fonds pour fournir des logements aux fonctionnaires. Ce que fera Thierry Gaubert à partir de son arrivée au cabinet de Nicolas Sarkozy, notamment aux ministères de l'Intérieur et les Finances.

Or, selon l'IGF, Habitation pour tous "ne rentre pas dans les catégories d'organismes avec lesquels l'Etat est autorisé à signer des conventions de réservations de logements pour les fonctionnaires", et n'était donc pas réglementairement autorisée à collecter les 23,5 millions litigieux. Une situation dont Nicolas Sarkozy avait été informé à l'époque, selon Libération.

Globalement, relève l'IGF, l'activité de Habitation pour tous "apparaît entachée de graves irrégularités": "enrichissement de personnes privées", "pratique active de distribution de cadeaux à des agents de ministères", délivrance de prêts immobiliers à des proches ou relations d'affaires (un avocat, un notaire, un commissaire aux comptes...). Pour l'IGF, Gaubert et Smadja menaient un "train de vie excessif, non dénué d'aspects somptuaires, sans rapport ni avec la taille ni avec la finalité non lucrative" de Habitation pour tous.

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biba 21/04/2007 18:17

ya que du beau linge dans son entourage