Le Pen cible Sarkozy mais tend la main pour l'avenir

Publié le par LV

Dans un entretien paru dans Le Figaro, Jean-Marie Le Pen appelle Nicolas Sarkozy à rompre, s'il est élu à l'Elysée, le cordon sanitaire imposé par Jacques Chirac autour de l'extrême droite. Le candidat du FN, malgré ses multiples attaques contre le président de l'UMP, songe déjà aux législatives de juin.


Jean-Marie Le Pen tiendra son avant-dernier meeting dimanche à Paris, quasiment au terme d'une campagne axée sur les médias et marquée à la fois par ses attaques et tentatives de dialogue avec Nicolas Sarkozy.

Le candidat du Front national, qui espère au mieux se qualifier pour le second tour comme en 2002, s'est déjà projeté vers les élections législatives de juin en appelant le président de l'UMP à rompre, s'il est élu à l'Elysée, le cordon sanitaire imposé par Jacques Chirac autour de l'extrême droite.

"Si Sarkozy dit qu'il est d'accord pour un rapprochement, pourquoi pas ?", dit-il jeudi dans Le Figaro. "Monsieur Sarkozy est le chef d'un grand parti politique, il ne sera peut-être pas aussi riche en députés qu'il l'est aujourd'hui", avait-il déjà expliqué mercredi sur Public Sénat, suggérant que l'UMP redoutait notamment une poussée de l'UDF.

Dans le cas contraire, le dirigeant du FN menace de maintenir son attitude de réciprocité, qui a consisté dans le passé à maintenir ses candidats partout où ils le pouvaient au second tour, affaiblissant parfois durement la droite. "S'il prend la même attitude que Jacques Chirac, nous aurons nous aussi la même attitude à son égard", prévient-il.

Néanmoins, Jean-Marie Le Pen estime que le candidat de l'UMP est un homme "avec qui on peut parler", rappelant avoir été invité deux fois par Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur pour "parler de problèmes de technique électorale." "Je n'ai pas de contentieux personnel avec Nicolas Sarkozy comme j'en avais avec Jacques Chirac. Je ne vois pas pourquoi je ne parlerais pas avec lui", insiste-t-il.

Même s'il se dit sûr d'aller au second tour, l'impact réel du président du FN au sein de l'électorat reste l'inconnue de cette présidentielle. A dix jours du scrutin, Jean-Marie Le Pen atteint dans les sondages des niveaux (13% à 16%) proches de son score du 22 avril 2002 (16,86%) et veut croire que nombre d'indécis sont des sympathisants FN honteux d'avouer leur choix.


"Victoire d'idées"


"Je peux raisonnablement pouvoir dire que je suis au-dessus de 20%", répète-t-il en misant sur un effondrement de François Bayrou et un reflux de Ségolène Royal à un niveau comparable.

Le dirigeant du FN, qui en est à sa cinquième campagne présidentielle, estime avoir fidélisé son électorat et se félicite de voir ses thèmes de prédilection, comme le patriotisme, l'immigration ou l'insécurité, repris par ses adversaires.

"Les victoires d'idées précèdent les victoires électorales", assure-t-il. "Les billes que mes principaux concurrents ont pris dans mon sac, je vais les récupérer, je le sais, et mon sac sera plus gros."

En comparaison du rythme effréné de ses adversaires, Jean-Marie Le Pen, 78 ans, a donné l'impression de mener une campagne en pantoufles. Il s'est contenté d'apparaître sur les plateaux de télévision ou de mener quelques opérations médiatiques, comme sa visite la semaine dernière sur la dalle d'Argenteuil, une banlieue symbolique du Val-d'Oise.

En tout et pour tout, le dirigeant frontiste n'aura tenu que six meetings, dont le dernier prévu le 19 avril à Nice. Une situation que son entourage explique par la faiblesse des moyens financiers du parti plus que par l'âge de Jean-Marie Le Pen.

Le président du FN explique avoir suivi la stratégie de la "tortue", qui l'a vu lancer sa campagne il y a huit mois et enchaîner une série de banquets en province, avant de laisser ses proches arpenter le terrain.

Le duo formé avec sa fille Marine, vice-présidente à l'origine de la "dédiabolisation" du FN, s'est révélé très efficace dans les médias. Lors de l'opération "Asperges" menée par son père à Argenteuil, et sur des marchés de banlieue, Marine Le Pen a pu vérifier sa notoriété auprès des jeunes des cités, dont beaucoup ne lui ont cependant pas caché qu'ils voteraient socialiste.

Sur le site de l'hebdomadaire Marianne, la vice-présidente du FN se donne dix jours pour "dénoncer l'imposture Sarkozy." Les ingrédients : dénonciation de son bilan, critique du communautarisme et "authenticité" de Le Pen, par contraste avec ses "copies."

 

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Guillaume 14/04/2007 00:31

Ces péripéties et autres 'amabilités' entre 2 candidats d'Extrême-Droite importent peu. Que l'Extrême-Droite se déchire entre elle ; on s'en contrefout. Cette bataille de chiffoniers entre gens qui ont les mêmes idées et (quasiment) un programme identique me laisse de marbre. Pour ma part je voterai pour Bayrou, au 1er comme au 2nd tour. La seule façon de battre l'extrême-Droite, quelle soit LePeniste ou Sarkosyste, c'est de toute façon de voter Bayrou puisque à 1 semaine du 1er tour il est plus qu'évident que c'est foutu pour Royal : elle ne battera jamais le nain de Vichy-sur-seine alors que Bayrou, lui, à coup certain, le battra ! Ne pas envoyer Bayrou au 2nd tour reviendrait de facto à voter Sarkosy. Il est hors de question que ce 'type' soit élu. Votons par conséquent le SEUL et UNIQUE candidat en mesure de faire échec à l'Extrême-Droite Sarkosyste : VOTONS BAYROU ! JE VOTERAI BAYROU AU 1er ET au 2nd TOUR !!! Voter Royal est (hélas) un vote perdu pour qui refuse Sarkosy-président. Ou plus exactement : chaque vote pour Royal sera à l'évidence donner une chance (une voix?) de plus à Sarkosy. C'est comme cela... Pas d'état d'âme, seul le réultat final est important et il est que Sarkosy ne soit JAMAIS élu. Cela passe par le vote Bayrou dès le 1er tour pour le hisser au 2nd pour qu'il puisse écarter Sarkosy ! Bayrou est un honnête homme en plus alors ...pas d'hésitation ! IL FAUT VOTER BAYROU EN MASSE DES LE 1er TOUR ET LE PLUS EN MASSE POSSIBLE. Y'A PLUS LE CHOIX. ROYAL NE DECOLLE PAS (C'EST TROP TARD MAINTENANT POUR ELLE) ET ELLE SERA BATTUE DE TOUTE FACON. LE SEUL EN MESURE DE BATTRE SARKOSY EST BAYROU : VOTONS BAYROU, C'EST PLUS RAISONNABLE ET MOINS RISQUE !

Karine 13/04/2007 16:54

Et Marine LE PEN pour le futur ministère de l'Identité Nationale de SARKOZY ?!!!
Arrêtons ce jeux de massacre !!!!
Il faut voter utile dès le 1° tour !!!!!!!!!!!

Jojo 13/04/2007 16:45

N'oublions pas que Sarko, c'est surtout : - le recul social avec un contrat de travail standard qui ressemblera au CNE ou à ce qu'on trouve aux US, c'est à dire aucune sécurité et une indemnité dérisoire, des travailleurs jetables en quelque sorte - un bouclier fiscal qui favorisera 5% de français ayant les plus grandes fortunes et les plus forts revenus - un TVA à 20 ou 22 % qui frappera les plus modestes et allègera les charges des sociétés qui payent des millions d'euros à leurs PDG quand il on fait des conneries et qu'ils se font virer et qui virent leurs ouvriers sans ménagements - des prestations sociales qui pénaliseront les plus modestes en instaurant les franchises - la confiscation des 35 H avec le bénéfice pour les employeurs de la flexibilité plus ou moins bien négociée en échange - l'augmentation des écarts entre riches et pauvres entrainant la montée de la délinquance et l'escalade de la violence par ceux qui n'ont rien ou peu à perdre Sarko, c'est aussi le choix de Bush et des néo conservateurs américains qui voient en lui un écho à leur vision du monde : le bien, le mal, le communautarisme ...

Cachou 13/04/2007 15:56

A force de jouer avec le feu, on fini toujours par se bruler. Oui Sarko, vous avez trop lontemps jouer avec le feu . Le pen ne fait que vous renvoyer la balle. Si seulement cela peut servir de leçon à tous les apprentis sorcier qui à chaque élection depuis des decennies, jouent avec le terme de l'immigration et maintenant de l'identité nationale.

Banette 13/04/2007 15:42

Ils s'entendent comme deux larrons en foire ces deux là; c'est à qui sera le + à l'extrême droite ou inversement . D'après le Canard Enchaîné ils seraient sur le point négocier des accords en ces de victoire de notre Petit Napoleon. Sarko ne verrait pas d'un mauvais oeil un accord avec Marine Le Pen et une éventualité de ministère. Après ça Sarko nous soutient qu'il est l'anti Le Pen.
Gens de Droite et Indécis pensez y avant de voter car en 2002 nous les gens de gauche on n'a pas voté Chirac au second ( faire échec à Le Pen ) pour qu'ensuite vos dirigeants aillent copiner avec les thèses du FN et tenir le même discours.
On s'est bien fait avoir une fois mais chat échaudé......