Le 22 avril 2007 n'est pas le 21 avril 2002 mais le début d'un choc Sarko-Sego

Publié le par LV

Ce sera un choc Sarkozy-Royal au second tour du 6 mai 2007


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RÉSULTATS DU PREMIER TOUR à minuit (totalisation nationale)

Inscrits  :  41.023.246
Votants : 34.708.297
Exprimés : 34.198.336
Abstention : 15,39%

Nicolas Sarkozy  10.602.903 voix,  31,00%
Ségolène Royal 8.764.353 voix,  25,63%
François Bayrou 6.340.477 voix, 18,54%
Jean-Marie Le Pen 3.638.037 voix, 10,64%
Olivier Besancenot 1.421.557 voix, 4,16%
Philippe de Villiers  783.398 voix, 2,29%
Marie-George Buffet 659.210 voix, 1,93%
Dominique Voynet 537.165 voix, 1,57%
Arlette Laguiller 465.789 voix, 1,36%
José Bové 453.520 voix, 1,33%
Frédéric Nihous 413.652 voix, 1,21%
Gérard Schivardi 118.275 voix, 0,35%

Nicolas Sarkozy peut-il encore perdre au second tour ? Aura-t-il des réserves de voix ? Ségolène Royal Peut-elle gagner ? Aura-t-elle assez de réserves de voix ?
 
Nicolas Sarkozy (30,5 % des suffrages selon l'estimation de TNS-Sofres publiée peu après 21 heures) et Ségolène Royal (25,7 %) s'opposeront au second tour pour un classique duel gauche-droite.

François Bayrou perd son pari de figurer dans le choix de tête et hérite de la place de troisième homme, tout en triplant presque, avec 18,5 % des voix, sa performance de 2002. Et Jean-Marie Le Pen (16,86 % en 2002) s'effondre, enregistrant avec 11 % des suffrages son plus mauvais score, hors celui de 1974.

Les huit autres candidats soldent les comptes, s'échelonnant entre 4,3 % des suffrages (le candidat de la LCR, Olivier Besancenot) et 0,4 % (Gérard Schivardi, soutenu par les trotskistes du Parti des travailleurs). Si le président de l'UMP est en bonne position pour l'emporter le 6 mai, l'écart entre les deux premiers candidats n'est pas assez déterminant pour l'assurer à coup sûr de la victoire.

Confirmant l'intérêt pour une campagne qui, pour la première fois, portera à la tête de l'Etat un représentant de la génération de l'après-guerre, le scrutin de dimanche a aussi été marqué par un taux de participation exceptionnel (84,8 %), l'un des plus forts de toute l'histoire de la Ve République, égalant le record de 1965, quand les Français élisaient pour la première fois le président de la République au suffrage universel direct.

En même temps qu'ils manifestaient hier un sursaut de civisme, les électeurs optaient plutôt pour les traditionnels partis de gouvernement. Jean-Marie Le Pen, 78 ans, a souffert de l'efficacité d'un Nicolas Sarkozy braconnant sur ses terres habituelles, et deux ans après la victoire du non au référendum du 29 mai 2005 sur la Constitution européenne, la gauche de la gauche échoue à transformer l'essai : les trois candidats trotskistes totalisaient 10,8 % des voix il y a cinq ans, ce que toute la gauche hors PS engrange aujourd'hui dans un émiettement où seul Olivier Besancenot surnage, sans toutefois franchir la barre des 5 % qui permet un remboursement des frais de campagne.

Pour sa sixième et ultime candidature à la présidentielle, Arlette Laguiller s'effondre à 1,4 %, là où elle en faisait presque quatre fois plus il y a cinq ans. Marie-George Buffet (1,9 %) entérine la disparition historique du PCF. Parti en fanfare, l'altermondialiste José Bové atterrit avec un piteux 1,3 % et la verte Dominique Voynet, avec 1,5 %, n'égale même pas son propre score de 1995 (3,32 %).

Mieux que Chirac. Avec 30,5 % des voix, Nicolas Sarkozy fait mieux que n'a jamais fait Jacques Chirac, égalant presque le score de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 (32,6 %). Pour l'emporter au second tour, il lui faudra capitaliser les voix de Philippe de Villiers (2,4 %), ce qui ne devrait pas être trop difficile, de Frédéric Nihous (CPNT, 1,1 %), ce qui est à sa portée. Il lui faudra aussi attirer sur son nom les suffrages de Jean-Marie Le Pen, ce qui sera sans doute moins évident, l'électorat lepéniste, rétif aux sirènes sarkozystes lors du premier tour, étant le plus difficile à convaincre lors du second.

Il lui faudra, enfin, puiser largement dans les voix de François Bayrou, ce qui ne sera pas plus aisé. Certes, une majorité d'entre elles viennent de droite. Mais celles-là sont issues de la base centriste traditionnelle, pas forcément convaincue par le comportement droitier du président de l'UMP. L'électorat de Raymond Barre en 1988 (16,5 %), comme celui d'Edouard Balladur en 1995 (18,6 %) étaient sans doute plus enclins à voter Jacques Chirac au second tour que ne l'est aujourd'hui celui du député des Pyrénées-Atlantiques.

Dans le sac aux voix de François Bayrou figurent aussi celles de sympathisants de gauche désemparés par la candidate socialiste, qui n'iront pas pour autant frapper à la porte de l'UMP le 6 mai. Enfin, bien que l'ensemble de sa carrière politique dise le contraire, le leader centriste a persuadé nombre d'électeurs qu'il n'était ni de droite ni de gauche, mais d'abord hostile à «l'arrogance des puissants». Il est peu probable, là encore, que ceux-là se précipitent chez Nicolas Sarkozy, pur produit du système partisan.

A priori, dans la bataille du 6 mai, Ségolène Royal part avec un gros handicap, puisqu'elle arrive 5 points derrière son adversaire du second tour. Son score est pourtant tout à fait honorable, évidemment supérieur à celui de Lionel Jospin, en 2002 mais aussi en 1995 (23,3 %), et voisin de celui de François Mitterrand enŠ 1981 (25,8 %) - il est vrai toutefois qu'à l'époque le PCF était à 15 %.
Cette fois, le challenge est d'autant plus difficile à relever que le total absolu des voix de gauche atteint à peine plus de 35 %.

Compte tenu du taux de participation à son niveau record dimanche, il n'y a rien à attendre, en ce cru présidentiel 2007, du rituel appel aux abstentionnistes du premier tour. La candidate socialiste dispose néanmoins de quelques atouts : le report d'une partie des voix de François Bayrou, notamment ceux des électeurs qui expliquaient que le vote centriste était le vrai «vote utile» pour contrer le candidat de l'UMP. Sans doute toutes les voix de gauche égarées en terrain centriste ne reviendront-elles pas à Ségolène Royal - la campagne a montré que celle-ci avait des adversaires résolus jusque dans son propre parti -, mais elle en récupérera une part non négligeable, bien que, fidèle à sa ligne et en attente des législatives de juin prochain, François Bayrou se soit refusé à donner une quelconque consigne de vote.

 La présidente de la région Poitou-Charentes peut compter aussi sur l'électorat d'extrême gauche, viscéralement anti-sarkozyste à défaut d'être profondément royaliste. Elle devrait enfin bénéficier du caractère de référendum «Tout sauf Sarkozy» que ne manquera pas de prendre la campagne qui commence aujourd'hui, et se terminera dans quinze jours.
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Résultats définitifs officiels du 1er tour :

Nicolas Sarkozy, 11 450 011 voix, 31,18%
Ségolène Royal, 9 501 214 voix, 25,87%
François Bayrou, 6 820 882 voix, 18,57%
Jean-Marie Le Pen, 3 834 996 voix, 10,44%
Olivier Besancenot, 1 498 780 voix, 4,08%
Philippe de Villiers, 818 645 voix, 2,23%
Marie-George Buffet, 707 294 voix, 1,93%
Dominique Voynet, 576 740 voix, 1,57%
Arlette Laguiller, 487 940 voix, 1,33%
José Bové, 483 062 voix, 1,32%
Frédéric Nihous, 420 759 voix, 1,15%
Gérard Schivardi, 123 577 voix, 0,34%

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Damien 24/04/2007 00:33

Que M. Sarkozy fasse de bons scores sur la base d'une campagne aussi populiste, ou populeuse, cela devrait inquiéter ! Quelle est en effet la réalité du sens démocratique du peuple. Sarkozy allait-il se mettre à dos les électeurs de la droite républicaine qui prétendaient placer haut les valeurs éthiques ? Résultat de sa campagne : il a gagné sur les deux tableaux, rafler la mise en s'attachant bon nombre des voix du FN, sans pour autant perdre du côté de la droite classique. On doit se rendre à l'évidence, la droite française a renoué avec son vieux fond pétainiste et on a quelques difficultés à distinguer l'idéologie de l'UMP de celle du FN. Les élus de ces deux camps sont quasiment interchangeables, et avec la lévée du tabou, ils le seront de plus en plus. Il y avait d'ailleurs eu des signes avant-coureurs : Peyrat maire FN de Nice, accueilli bras grands ouverts par l'UMP quand il a senti qu'il ne pourrait pas être réélu avec l'étiquette FN ! Il n'avait pourtant pas changé d'idéologie ! Bon, no comment, tout ce dégoût me fait vomir.

Ness 23/04/2007 22:33

Sarkosy a fait le plein des voix des français qui sont pour lui, le 6 mai Royal va rallier, à quelques exceptions près, tous les français qui sont déjà pour elle et ceux qui sont contre Sarkosy : résultat Ségolène Royal Présidente.

Saturne 23/04/2007 19:43

La France frileuse et raciste est en passe de porter un irresponsable à l'Elysée, même s'il est toujours posssible qu'un vote ANTI-SARKOZY sauve l'honneur du pays au 2ème tour.

La "France d’après", en cas de victoire de L’UMP-FN, sera la démonstration par l’absurde de l'incompatibilité de son candidat avec les valeurs républicaines. Le 21 avril 2002 n'était donc pas un accident ! Sarkozy c'est pire que Le Pen, qui n'a jamais pu mettre en oeuvre son projet, alors que maintenant "tout est possible" !

Pauvre France qui aime Zidane et Thuram, uniquement quand ils se contentent de jouer au football.

mimax 23/04/2007 15:40

à méditer :
Qui avale une noix de coco fait confiance à son anus.
(proverbe de cote d'ivoire)

IrÚne 23/04/2007 10:30

Rien de plus à ajouter .
Je ne comprends pas toujours tout et je n'ai pas la "verve" de certains .
Je suis déçue parce qu'autour de moi personne n'ose avouer avoir voter pour "lui" à croire que les voix qu'il a récoltées ont été envoyées par l'opération du Saint Esprit .
Juste une remarque mais tu en fais ce que tu veux : je n'aime pas , mais pas du tout la bulle rose pour elle et la bulle bleue pour lui , on dirait un faire part de naissance . Je ne pense pas que ce soit ton intention . Pour ma part j'aurais mis une couleur grise à tous les cdeux.Bonne journée .

LV 23/04/2007 14:42

Les couleurs des bulles ne sont que symboliques, traditionellement, dans l'échiquier politique, le bleu a toujours représenté la droite, le rose la gauche socialiste, le rouge le PC, le vert les Verts, le noir l'anarchisme, etc... Couleurs que l'on retrouve systématiquement sur les graphiques politiques officiels. Les partis politiques s'identifient ainsi à travers la planète, on pourrait même dire que c'est devenu une sorte de norme ISO... Non, avec ces teintes il n'était pas question d'annoncer une naissance...ou s'il y devait y en avoir une dans 15 jours ce pourra être la naissance d'un désastre français... ;-)