Les moutons du processus de soumission à l'autorité

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La fameuse expérience de soumission à l'autorité de Stanley Milgram reprise dans l'excellent film de Verneuil "I comme Icare", restituée dans l'intégralité de sa séquence avec les commentaires sur l'implication et les conséquences de l'expérience...

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Roland 13/02/2010 22:34


Et il y a aussi l'expérience de la prison de l'Université de Stanford. Qui est pleine d'enseignements, édifiants ! et inquiétants.
Vous connaissez ?
http://michel-terestchenko.blogspot.com/2008/10/stanford-prison-experiment.html
MICHEL TERESTCHENKO: Stanford Prison Experiment


Fred de Roux 23/12/2009 19:28


Merci Libre Vent. Je te souhaite des moments sereins malgré la morosité de notre époque. J'espère que tu nous offriras encore des articles ou des vidéos qui font aller au-delà des seules
apparences.

A bientôt Fred


Fred de Roux 22/12/2009 19:31


Incroyable ce film. Je ne connaissais pas. Il m'a rappelé un texte de La Boétie qui parle des tyrans. Quelques phrases intéressantes qui recoupent le sujet de ce film :
- C'est le peuple qui s'asservit et se coupe la gorge, ..., repousse la liberté et prend le joug..
- la première raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude..
- .. les tyrans, pour s’affermir, se sont efforcés d’habituer le peuple, non seulement à l’obéissance et à la servitude mais encore à leur dévotion.
- dès qu’un roi s’est déclaré tyran, tout le mauvais, toute la lie du royaume... se groupent autour de lui et le soutiennent pour avoir part au butin et pour être, sous le grand tyran, autant de
petits tyranneaux... le tyran asservit les sujets les uns par les autres.
Cette "expérience" montre bien qu'on peut tout obtenir pour peu qu'on soit autoritaire. La liberté est un choix que ne font pas ceux qui obéissent aveuglément aux ordres quels qu'ils soient. Cette
soumission est indigne d'un esprit réfléchi, mais également de celui qui ne se pose pas de question.

Merci d'avoir mit cet extrait en ligne.

Passe une bonne fin d'année Fred


LV 23/12/2009 17:44


Merci pour ces rappels de La Boétie :)

Voici Spinoza :
Pour parvenir à garder un autre individu en sa puissance, on peut avoir recours à différents procédés.

On peut l'avoir immobilisé par des liens, on peut lui avoir enlevé ses armes et toutes possibilités de se défendre ou de s'enfuir.
On peut aussi lui avoir inspiré une crainte extrême ou se l'être attaché par des bienfaits, au point qu'il préfère exécuter les consignes de son maître que les siennes propres, et vivre au gré de
son maître qu'au sien propre.

Lorsqu'on impose sa puissance de la première ou de la seconde manière, on domine le corps seulement et non l'esprit de l'individu soumis. Mais si l'on pratique la troisième ou la quatrième manière,
on tient sous sa dépendance l'esprit aussi bien que le corps de celui-ci. Du moins aussi longtemps que dure en lui le sentiment de crainte ou d'espoir. Aussitôt que cet individu cesse de les
éprouver, il redevient indépendant. Même la capacité intérieure de juger peut tomber sous la dépendance d'un autre, dans la mesure où un esprit peut être dupé par un autre.

Il s'ensuit qu'un esprit ne jouit d'une pleine indépendance, que s'il est capable de raisonnement correct.
On ira plus loin. Comme la puissance humaine doit être appréciée d'après la force non tant du corps que de l'esprit, les hommes les plus indépendants sont ceux chez qui la raison s'affirme
davantage et qui se laissent davantage guider par la raison.

En d'autres termes, je déclare l'homme d'autant plus en possession d'une pleine liberté, qu'il se laisse guider par la raison.