Débrayage à Airbus contre le faible intéressement
Les salariés du constructeur protestent contre le montant de leur prime annuelle, cette année de 5 euros, qu'ils "ramènent aux 8,5 millions touchés par l'ex-PDG Noël Forgeard".
Plusieurs centaines d'employés du constructeur aéronautique Airbus ont débrayé mercredi 25 avril, en fin d'après-midi, à Toulouse, pour protester contre le montant de la prime d'intéressement annuelle annoncée mardi par la direction, et qu'ils estiment "dérisoire", apprend-on de source syndicale.
Des débrayages ont affecté l'usine de Saint-Martin-du-Touch, à la périphérie de Toulouse et de Saint-Eloi à Toulouse vers 18h00 heures, a indiqué Xavier Petrachi, délégué syndical central CGT.
"Il s'agit d'un mouvement d'humeur par rapport à la prime d'intéressement, d'un montant moyen de cinq euros, contre 1.200 à 1.800 euros l'an dernier", a-t-il expliqué.
"Il faut ramener ce chiffre de cinq euros aux 8,5 millions d'euros touchés par Forgeard", l'ex-PDG d'Airbus, a ajouté Xavier Petrachi, évoquant le montant des indemnités de départ versées par l'avionneur européen à Noël Forgeard.
Mécontentement
L'ex-PDG d'Airbus et ancien co-président exécutif d'EADS a touché 6,1 millions d'euros lors de son départ en 2006 du groupe, auxquels s'ajoute une prime de non-concurrence de 2,4 millions d'euros.
Une délégation d'employés s'est rendue mercredi en fin d'après-midi à la direction afin de faire part de leur mécontentement et demander le versement d'une prime exceptionnelle, a précisé le représentant syndical de la CGT.
Le débrayage est intervenu alors que se terminait un comité central d'entreprise d'Airbus France.
"Il n'y a rien eu de plus, rien de nouveau lors de cette réunion sur Power8", le plan de restructuration d'Airbus, a déclaré Christian Caillé, un représentant de la CGT, à l'issue de la réunion .
Un comité européen d'Airbus doit se tenir vendredi à Toulouse.
Plan social
"Power8 sera sans doute évoqué plus en détail, car la volonté de la direction est d'avancer sur le plan social. Mais j'ai le sentiment que la direction attend le résultat de l'élection présidentielle pour se risquer plus avant", indiquait Jean-François Knepper, vice-président du comité européen et délégué syndical central Force ouvrière (FO, majoritaire).
Le plan Power8 prévoit notamment la suppression de 10.000 emplois au cours des quatre prochaines années, 4.300 en France, 3.700 en Allemagne, 1.600 en Grande-Bretagne et 400 en Espagne, afin de réaliser 5 milliards d'euros (6,58 milliards de dollars) d'économie d'ici à 2010.
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