Rachida Dati, fuites au cabinet
Quatre jours après le départ de son directeur de cabinet, Michel Dobkine, ce sont trois conseillers que la ministre de Justice, Rachida Dati, voit quitter la place Vendôme. Si en surface on parle de raisons personnelles et de choix de carrière, beaucoup évoquent les rapports difficiles entre la Garde des Sceaux et ses collaborateurs pour expliquer cette fuite des cerveaux.
Il y a eu, vendredi, le mariage trop prenant de Michel Dobkine, le directeur de cabinet. Et mardi, ce sont des choix de carrières qui auraient influencé les décisions de trois conseillers importants. Des justifications très officielles, pour une vague de départ sans précédent. En moins d'une semaine, quatre collaborateurs de la ministre de la Justice, Rachida Dati, ont jeté l'éponge.
Michel Dobkine a donc été le premier a abandonner son poste, en évoquant "des raisons personnelles". Un "événement privé", en l'occurrence la préparation de son mariage, prévu début août, l'aurait empêché d'être présent autant que le souhaiterait sa ministre. "Pour ce travail, il fallait être à 100%. Or, j'étais là à 85%", expliquait-il à ses collaborateurs pour mettre en avant l'incompatibilité entre sa vie de famille et sa vie professionnelle. Sur l'antenne de France info, il enfonçait le clou, en parlant d'une ministre "qui veut aller très vite, qui veut faire bouger les lignes, qui a pris un peu le taureau par les cornes, et qui demande évidemment une disponibilité très importante, à 100 000%". Une forme d'éloge, avec un bémol.
Selon le site internet de L'Est républicain, il ne s'agit pourtant pas tant d'implication que de complications dans les rapports entre le directeur de cabinet et Rachida Dati. Leurs relations, dit le quotidien régional, seraient "dégradées". Et si, aux premiers jours de son arrivée Place Vendôme, Michel Dobkine disait de la ministre néophyte qu'il fallait "la protéger, tout le monde l'attend au tournant", un député UMP cité mercredi par le Canard enchaîné est plus saignant: "Elle est dans le pathos et la plainte ! Il faut la rassurer en permanence, lui répéter qu'elle est belle et hypercompétente." Tout en exigeant, selon la même source anonyme, "une présence physique 22 heures sur 24".
Ajustements ou malaise
Cette difficulté de collaborer pourrait bien être aussi à l'origine du départ de Philippe Lagauche, Xavier Samuel et Françoise Andreo-Cohen, respectivement conseillers pour les questions pénales, les libertés publiques et les questions constitutionnelles, et le droit des mineurs. Des personnalités directement en lien, donc, avec les réformes en cours sur les peines plancher, la délinquance des mineurs, et la carte judiciaire. Les trois magistrats ont demandé cette semaine leur mutation, sans en préciser les motifs. Le porte-parole du ministère, Guillaume Didier, a pour sa part mentionné de simple "ajustements" opérés d'un "commun accord" avec le nouveau directeur de cabinet, Patrick Gérard, en remplacement de Michel Dobkine.
Ces derniers n'ont pas invoqué de raisons personnelles et le milieu judiciaire s'interroge sur le caractère cassant et autoritaire de la ministre, qui userait ses collaborateurs. Son porte-parole nie tout "malaise", mais un haut magistrat cité par le Canard enchaîné lance, cinglant: "Impossible de se faire maltraiter de la sorte plus longtemps". A l'UMP, on semble s'en inquiéter, d'autant qu'un désaccord politique pourrait aussi avoir influencé les trois magistrats. Les syndicats ont déjà dit leurs doutes quant à certaines mesures: l'adoption des peines plancher, qui limite le rôle du juge amené à apprécier la peine, ou l'absence de grâce, décidée par le président de la République, et qui fait craindre des difficultés, cet été, dans les prisons. Pas vraiment le bon moment pour céder à la désorganisation.
Il y a eu, vendredi, le mariage trop prenant de Michel Dobkine, le directeur de cabinet. Et mardi, ce sont des choix de carrières qui auraient influencé les décisions de trois conseillers importants. Des justifications très officielles, pour une vague de départ sans précédent. En moins d'une semaine, quatre collaborateurs de la ministre de la Justice, Rachida Dati, ont jeté l'éponge.
Michel Dobkine a donc été le premier a abandonner son poste, en évoquant "des raisons personnelles". Un "événement privé", en l'occurrence la préparation de son mariage, prévu début août, l'aurait empêché d'être présent autant que le souhaiterait sa ministre. "Pour ce travail, il fallait être à 100%. Or, j'étais là à 85%", expliquait-il à ses collaborateurs pour mettre en avant l'incompatibilité entre sa vie de famille et sa vie professionnelle. Sur l'antenne de France info, il enfonçait le clou, en parlant d'une ministre "qui veut aller très vite, qui veut faire bouger les lignes, qui a pris un peu le taureau par les cornes, et qui demande évidemment une disponibilité très importante, à 100 000%". Une forme d'éloge, avec un bémol.
Selon le site internet de L'Est républicain, il ne s'agit pourtant pas tant d'implication que de complications dans les rapports entre le directeur de cabinet et Rachida Dati. Leurs relations, dit le quotidien régional, seraient "dégradées". Et si, aux premiers jours de son arrivée Place Vendôme, Michel Dobkine disait de la ministre néophyte qu'il fallait "la protéger, tout le monde l'attend au tournant", un député UMP cité mercredi par le Canard enchaîné est plus saignant: "Elle est dans le pathos et la plainte ! Il faut la rassurer en permanence, lui répéter qu'elle est belle et hypercompétente." Tout en exigeant, selon la même source anonyme, "une présence physique 22 heures sur 24".
Ajustements ou malaise
Cette difficulté de collaborer pourrait bien être aussi à l'origine du départ de Philippe Lagauche, Xavier Samuel et Françoise Andreo-Cohen, respectivement conseillers pour les questions pénales, les libertés publiques et les questions constitutionnelles, et le droit des mineurs. Des personnalités directement en lien, donc, avec les réformes en cours sur les peines plancher, la délinquance des mineurs, et la carte judiciaire. Les trois magistrats ont demandé cette semaine leur mutation, sans en préciser les motifs. Le porte-parole du ministère, Guillaume Didier, a pour sa part mentionné de simple "ajustements" opérés d'un "commun accord" avec le nouveau directeur de cabinet, Patrick Gérard, en remplacement de Michel Dobkine.
Ces derniers n'ont pas invoqué de raisons personnelles et le milieu judiciaire s'interroge sur le caractère cassant et autoritaire de la ministre, qui userait ses collaborateurs. Son porte-parole nie tout "malaise", mais un haut magistrat cité par le Canard enchaîné lance, cinglant: "Impossible de se faire maltraiter de la sorte plus longtemps". A l'UMP, on semble s'en inquiéter, d'autant qu'un désaccord politique pourrait aussi avoir influencé les trois magistrats. Les syndicats ont déjà dit leurs doutes quant à certaines mesures: l'adoption des peines plancher, qui limite le rôle du juge amené à apprécier la peine, ou l'absence de grâce, décidée par le président de la République, et qui fait craindre des difficultés, cet été, dans les prisons. Pas vraiment le bon moment pour céder à la désorganisation.
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