Sarkozy, émission "J'ai une question à vous poser" TF1 du 5 février 2007
la Star'Ac de la politique qui ne fait qu'accentuer la spirale déclinante dans laquelle le débat d'idées est aspiré, nous lasse et nous agace.
On connaissait à l'avance le format de l'émission à laquelle participait hier soir Nicolas Sarkozy. Il y avait un présentateur vedette contraint de jouer les meneurs de revue, des invités censés nourrir la discussion en exposant les difficultés quotidiennes des Français et enfin un candidat en tête des sondages, qui ne lésine pas pour convaincre les électeurs qu'il possède l'épaisseur et la densité qui font les chefs d'Etat.
Dans cet exercice fait pour les bateleurs qui savent parler aux foules, le toujours ministre de l'Intérieur n'est pas le plus malhabile. Mais la démonstration finie que reste-t-il ? La preuve que la machine Sarkozy fonctionne. Comme s'il avait fallu attendre ce nouveau gonflement de la bulle médiatique pour le constater. D'ailleurs, ce genre de numéro débouche rarement sur la définition d'un projet et de son contenu. Disons plutôt qu'il entretient la politique du vide, où l'on considère que le chef c'est désormais celui qui sait jouer avec les émotions populaires.
Nicolas Sarkozy a éprouvé quelques difficultés à se livrer à son habituel numéro de séduction. Il a même frisé la gaffe avec une jeune femme d'origine algérienne». «En vérité, poursuit-il, la liberté de ton des questionneurs a obligé Nicolas Sarkozy à "ramer" et se "gendarmer" à plusieurs reprises.
Avec cependant des propos racistes :
"Je suis le premier homme politique de droite à dire qu'il faut une immigration choisie. Mais je dis aussi une chose avec la plus grande force: personne n'est obligé d'habiter en France. Et quand on aime la France, on la respecte", a-t-il ajouté.
"On respecte ses règles, c'est-à-dire qu'on n'est pas polygame, on ne pratique pas l'excision sur ses filles, on n'égorge pas le mouton dans son appartement et respecte les règles républicaines", a-t-il insisté.
Ce à quoi une jeune Lilloise d'origine algérienne a répondu : "les propos que vous venez de tenir sur les moutons ce sont des propos racistes. Il y a des règlementations, il y a des abattoirs, on est civilisés", a-t-elle dit, en ajoutant. "c'est honteux, je suis d'origine algérienne et je suis musulmane et je me sens insultée, complètement".
Edition du 07 février 2007 - Retour sur l'émission Sarkozy TF1 :
Sarkozy sur TF1 : avait-il les questions ?
Alors que lundi la chaîne assurait que personne ne connaîtrait les questions à l'avance, un participant a affirmé mardi qu'au contraire on a demandé au panel de préciser le contenu de leurs interventions.
Nicolas Sarkozy avait-il les questions de l'émission "J'ai une question à vous poser", lundi soir sur TF1? Selon Le Canard enchaîné de mercredi 7 février, la direction de la chaîne assurait lundi que ni le candidat de l'UMP, ni la direction de la chaîne, ni même Patrick Poivre d'Arvor, présentateur de l'émission, ne connaitrait à l'avance les questions du panel de 100 Français présent sur le plateau. Or l'un d'entre eux a indiqué, mardi, au Parisien, qu'ils avaient dû indiquer le thème de leur intervention lors d'une réunion avec Robert Namias, Etienne Mougeotte et Patrick Poivre d'Arvor.
Le Canard enchaîné affirme par ailleurs que Franck Tapiro, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, "a assisté, à l'automne dernier, à la première réunion consacrée à la future émission". Le Canard rappelle également que la société de production "A Prime", chargée de gérer "l'accueil et l'encadrement des 100 participants" "n'est autre que la société de Dominique Ambiel, l'ex-conseiller de Raffarin à Matignon".
Et de conclure ironiquement : "C'est donc par un malencontreux hasard qu'aucun participant n'a abordé, lors de l'émission, le "thème" des RG".