L'UMP veut donner un coup de pouce au FN

Publié le par LV

Nicolas Sarkozy redoute les conséquences d'une absence de Jean-Marie Le Pen

Nicolas Sarkozy le sait, l'absence de Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle serait une sombre nouvelle pour lui. « Tous les analystes de l'opinion nous disent que le report des voix de Le Pen se ferait moins bien », explique Claude Guéant, le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, mais nous avons jusqu'au 16 mars (date limite de retour des formulaires de parrainage). »

Jusqu'au 16 mars pour quoi faire ? Ce sujet est l'un de ceux qui embarrassent le plus Nicolas Sarkozy. « Je m'interroge. Je n'ai pas de réponse toute faite », répond-il quand on lui demande ce qu'il compte faire. Sarkozy ne veut pas dire tout bonnement à ses élus de parrainer Le Pen, de peur d'être accusé de tous les maux par ses adversaires. Il juge également trop risqué d'organiser en catimini un soutien de maires divers droite au candidat FN, comme fit le RPR en 2002 au profit de Bruno Mégret.

Jusqu'à maintenant, la stratégie a été de jouer sur tous les tons l'air de la « déculpabilisation » des élus. Cela a commencé en novembre dernier, au congrès de l'Association des maires de France : « On ne gagne pas en empêchant les gens de s'exprimer », avait déclaré Sarkozy. À la fin de janvier, il est allé plus loin, en jugeant « souhaitable » que Le Pen soit candidat « comme tous les candidats qui représentent un courant d'opinion ».

De nombreux responsables UMP ont aussi donné des signes en ce sens : le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, avait expliqué qu'en aucune façon le parrainage n'est synonyme de « soutien aux idées de tel ou tel candidat ». Un argument qui a été à nouveau repris par Brice Hortefeux dans les colonnes du Figaro, la semaine dernière.

Le bilan de cette stratégie a été, pour le moment, assez décevant. Seuls deux maires sarkozystes ont à ce jour écrit à l'UMP pour dire qu'ils parrainaient la candidature Le Pen ! Franck Dhersin, chargé à l'UMP des relations avec les élus locaux, cite ce passage : «M. Sarkozy n'a pas vraiment besoin de mon parrainage, j'ai donc l'intention de parrainer M. Le Pen, au nom de la démocratie. »

Au Q.G. de Sarkozy, on aimerait bien qu'il y en ait plus. Mais on planche sur d'autres stratégies pour donner un coup de pouce au candidat FN. Hier, Gérard Pelletier, président de l'Association des maires ruraux, a ironisé en disant qu'il apporterait sa signature à Le Pen - au nom de la démocratie - quand « les maires de Bordeaux, de Marseille et de Neuilly auront donné l'exemple en parrainant M. Le Pen ».

Sans aller jusque-là, certains, à l'UMP, imaginent déjà que des élus non suspects de sympathie pour Le Pen pourraient se déclarer publiquement prêts à le parrainer. Antilepéniste militant, et voisin du maire de Bordeaux, le député Vert Noël Mamère a en tout cas confié, hier, au Figaro : « Je pense que tous les courants de pensée doivent être représentés.

Si Le Pen n'était pas présent à la présidentielle, plusieurs millions de Français se sentiraient humiliés. » Serait-il prêt à parrainer Le Pen ? « Ce n'est pas à nous à le faire, que la droite assume ses responsabilités. » C'est, dans la douleur, ce qu'elle essaye de faire. 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
ce systeme de parrainage est malade, il faut le revoir et faire que se soit directement des electeurs tirés au sort qui parrainent et non des hommes politiques!
Répondre
D
Pour moi cette règle des 500 signatures avait été faite pour éviter d'avoir des candidats "folkloriques" mais pas pour empêcher les candidats "politiques" de toute obédience de se présenter. Je pense que, quelque soient ses idées, un candidat sérieux doit pouvoir se présenter. C'est dans les urnes que l'on fait son choix! Il est dommage que l'on assimile les personnalités qui parrainent à la personne parrainée: Je suis plein de reconnaissance pour le parrain de droite qui parraine un candidat de gauche et pour un parrain de gauche qui parraine un candidat de droite: ceux-là ont compris ce qu'est la DEMOCRATIE.
Répondre
D
Sarkozy est le mieux placé aujourd'hui pour connaitre la réalité des parrainages sur les prétendants à l'élection présidentielle. Son intervention n'est pas gratuite, car dans l'hypothèse où Le Pen n'aurait les 500 signatures, Sarkozy devient le bon apôtre et de cette manière récupère les voix de Le Pen. Beaucoup trop de gens vont une fois de plus se faire tromper par des promesses et illusions.
Répondre
S
Pure stratégie...En donnant un coup de pousse a LePen Sarko veut faire renaitre la peur qu'ont eu les gens lors des dernieres elections, ce qui va pousser les gens a aller voter massivement, il se presentra ainsi comme la seule alternative possible de la droite...; pour ce qui est de Besancenot c'est un remake, une multiplication de candidature de la gauche entraine forcemment moins de gens qui vont voter pour le PS... Qu'a t il prevut pour Bayrou ???? ....
Répondre
A
L'élection au sufrage universel ne doit pas être un vote sur des candidats sélectionnés par les élus. Le système des parainages, comme le système du financement des partis politiques est anti démocratique. On parraine ses amis et on reçoit du fric si on a des élus. Le cout d'une camapgne électorale est, à mon avis, déjà un critère de sélection bien insurmontable pour beaucoup, y rajouter des parrainages de ceux qui ont déjà le pouvoir c'est obliger les candidats à entrer dans le système des partis et n'en déplaise aux politiciens, du partage du gâteau. Les élus sont les représentants du peuple, non les représentants des partis.
Répondre