Visite obligée des candidats au salon de l'agriculture
Le Salon international de l'agriculture, qui s'est ouvert aujourd'hui samedi à Paris, s'annonce comme un rendez-vous incontournable de la campagne présidentielle, à moins de deux mois du scrutin.
Du 3 au 11 mars, la plupart des candidats sont attendus à la Porte de Versailles, de Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal en passant par François Bayrou ou Jean-Marie Le Pen.
En revanche, l'ancien leader de la Confédération paysanne José Bové a choisi de rester sur ses terres du Larzac pour recevoir, dit-il, des visiteurs dans sa ferme.
Fidèle à sa tradition, le président Jacques Chirac inaugurera, samedi, en présence du ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau, l'édition 2007 du salon où plusieurs centaines de milliers de visiteurs sont attendus.
Au total, depuis 1972, il a sillonné une trentaine de fois les allées de cette immense ferme, d'abord comme ministre de l'Agriculture, puis comme maire de Paris et ensuite en tant que président de la République.
En 2006, le chef de l'Etat y avait passé plus de quatre heures, confirmant son attachement au monde paysan dont une importante frange se revendique de "la chiraquie".
A chaque scrutin, les paysans français sont courtisés par les dirigeants politiques de gauche comme de droite.
Réputés pour leur sens civique, ils affirment qu'ils peuvent peser sur une élection bien qu'ils ne sont plus que 640.000 aujourd'hui et que leur vote représente 3% de l'électorat.
L'opération de charme a déjà commencé auprès de la puissante FNSEA, qui vient de remporter 57,3% des suffrages aux élections des Chambres d'agriculture.
Mardi, Ségolène Royal a rencontré le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, Jean-Michel Lemétayer, qui avait quatre jours auparavant vu Nicolas Sarkozy. Fin décembre, il s'était entretenu avec le candidat UDF François Bayrou.
"Tous les candidats vont venir au Salon et j'entends bien leur rappeler les revendications des agriculteurs", assure Jean-Michel Lemétayer.
"Je dis à chacun : il est grand temps d'afficher clairement ses ambitions pour l'agriculture", a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité d'une indépendance alimentaire et du développement des débouchés non alimentaires de l'agriculture.
"Je compte sur le futur chef de l'Etat pour porter haut et fort les couleurs de l'agriculture dans le débat international et européen", a-t-il ajouté.
Jean-Michel Lemétayer brandit la menace d'"une capitulation" sur le volet agricole face aux Etats-Unis dans les discussions menées à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Il a soumis aux candidats son projet agricole dans lequel les questions internationales et l'avenir de la politique agricole commune de l'Union européenne (PAC) occupent une place primordiale ainsi que les nouveaux débouchés.
Des thèmes que les organisateurs du salon entendent décliner auprès du grand public, de plus en plus sensible aux biocarburants, à l'habitat rural et à l'environnement.
