Jacques Chirac prend ses retraites
Jacques Chirac a annoncé dimanche soir qu'il ne ne briguerait pas un troisième mandat après douze ans de pouvoir, avouant son "émotion" et exhortant les Français à rejeter "l'extrémisme, le racisme", lors d'une allocution solennelle radio-télévisée.
"Au terme du mandat que vous m'avez confié, le moment sera venu pour moi de vous servir autrement. Je ne solliciterai pas vos suffrages pour un nouveau mandat", a-t-il dit.
Jacques Chirac a également indiqué qu'il s'exprimerait plus tard sur ses "choix personnels" pour les prochaines échéances électorales, s'abstenant d'apporter son soutien au candidat de son camp, Nicolas Sarkozy.
Dans cette allocution d'une dizaine de minutes, Jacques Chirac a avoué s'adressser aux Français "avec beaucoup d'émotion". "Pas une minute, je n'ai cessé d'agir pour servir cette France magnifique. Cette France que j'aime autant que je vous aime", a dit le chef de l'Etat.
S'attardant à peine sur son bilan, il a exhorté les Français à ne "jamais composer avec l'extrémisme, le racisme, l'antisémitisme ou le rejet de l'autre". Il a aussi adressé plusieurs "messages" sur les valeurs démocratiques, le rôle et les responsabilités de la France, l'Europe et l'écologie.
Il s'est engagé à continuer "à mener les combats qui sont les nôtres, les combats de toute ma vie, pour la justice, pour le progrès, pour la paix, pour la grandeur de la France".
Jacques Chirac, 74 ans, a été élu pour la première fois à la présidence en 1995 et réélu en 2002 pour un deuxième mandat, marqué par son opposition à la guerre américaine en Irak.
Cette annonce à six semaines du premier tour était très attendue mais ne constitue en rien une surprise, tant la scène politique est aujourd'hui occupée par la lutte que se livrent ses principaux successeurs potentiels: l'UMP Nicolas Sarkozy, la socialiste Ségolène Royal et l'UDF François Bayrou qui a fait une percée spectaculaire dans les sondages.
Ségolène Royal a reconnu la "dignité" de l'intervention du président Chirac mais a souligné que la fracture sociale s'était aggravée pendant ses deux mandats.
François Bayrou a voulu, de son côté, adressé "un coup de chapeau" à Jacques Chirac, ajoutant que "ce discours était le fil conducteur de ce qu'il faudrait faire en France".
Seule fausse note, le président du Front national Jean-Marie Le Pen a qualifié Jacques Chirac de "plus mauvais président de la République de l'Histoire de France".
En "fauve" de la politique qui a connu une longévité exceptionnelle - il a arraché son premier mandat de conseiller municipal de Sarran en Corrèze en 1965 et est devenu député le 12 mars 1967, il y a quarante ans - Jacques Chirac aurait sûrement saisi la moindre occasion de se présenter pour la cinquième fois à l'Elysée. Notamment en cas de crise internationale majeure.
Il a d'ailleurs toujours entretenu le flou sur ses intentions, retardant le plus possible le moment où il tirerait lui-même le rideau sur quarante-deux ans d'une vie politique hors norme, après avoir été deux fois président, deux fois Premier ministre, 18 ans maire de Paris.
Nicolas Sarkozy a été le seul a ne pas communiquer de réaction après l’allocution de Jacques Chirac.
Bonnes retraites Monsieur le Président !



