Ces jeunes qui conspuent l'Occident pourri

Publié le par LV

Organisée et encadrée, la jeunesse pro-Poutine a manifesté à Moscou son hostilité à l'égard de l'Occident, présenté comme une menace. La Nezavissimaïa Gazeta s'inquiète de cette culture antioccidentale héritée de la guerre froide et qui masque la responsabilité des Russes face à leurs problèmes

Le mouvement proprésidentiel Nachi [Les Nôtres, mouvement de jeunesse] a organisé, dimanche 25 mars, une manifestation antioccidentale sans précédent dans les rues de la capitale. A première vue, cela pouvait ressembler à une simple célébration des sept ans de présidence de Vladimir Poutine, mais il s'agissait de tout autre chose. Dès l'aube, l'avenue Sakharov avait été bloquée par des véhicules spéciaux et bordée de cordons de police.

L'événement du jour a été le tract distribué au cours de la manifestation. En dix points, il expliquait de façon nette et précise qui est l'ennemi de la Russie. Réponse : l'Occident. La première question suffisait déjà à provoquer des angoisses : "Que pensez-vous (que penses-tu) du fait que des bases militaires sont déployées tout autour de la Russie et que la tension monte ?" Une question qui semblait rhétorique, et qui l'était. La deuxième question proposait de choisir entre divers ennemis, et suggérait la réponse : les pays Occidentaux, "et surtout les Etats-Unis", mènent-ils une politique hostile ou amicale à l'égard de la Russie ? La question trois faisait froid dans le dos : "Qu'est-ce que l'Occident cherche à obtenir de la Russie ?" Suivaient plusieurs hypothèses démoniaques, telles qu'"établir dans le pays un régime contrôlé par l'étranger".

L'ambiance de cette manifestation ne laissait planer aucun doute sur son objectif : pousser les jeunes à adopter une mentalité isolationniste et antioccidentale par le biais d'une terminologie datant de la guerre froide, vieille d'un demi-siècle mais qui a fait ses preuves.

L'aspect proprésidentiel de la manifestation se révélait sans ambiguïté dans la question sept : "Etes-vous d'accord avec l'idée que le pays connaîtrait un nouveau ‘temps des troubles' et que des agents de l'Occident ou des extrémistes s'empareraient du pouvoir si Poutine était écarté du pouvoir ou si sa politique était mise en cause ?" La réponse s'imposait d'elle-même. Et ce dans une foule dense [15 000 personnes] et loin d'être débonnaire. Cela ressemblait donc à un vrai chantage, et pas seulement adressé à ceux sur qui il était censé s'exercer. Il semblait aussi viser le président Poutine. "A qui veux-tu nous abandonner ?" est l'interrogation qui transparaissait entre les lignes. "Tu nous laisserais aux mains de partisans de l'Occident, à des vendus ?" La seule conclusion possible était : "Ne pars pas". "Sinon ce sera pire pour le pays."

Il faut aussi noter que les Nachi, contrairement aux manifestants du même âge qui avaient défilé la veille lors de la Marche des protestataires de Nijni-Novgorod, ont eu affaire à des gardiens de l'ordre bien disposés à leur égard. Aucune autre manifestation en Russie ne saurait donner lieu à pareil spectacle de brigades d'OMON (forces spéciales), policiers et éboueurs aussi compréhensifs. Les responsables du service d'ordre des Nachi et les jeunes auxiliaires de la police en veste noire se concertaient de façon zélée avec la police, et j'ai eu fortement l'impression que l'unique mission des forces de l'ordre était de protéger les manifestants contre des actes imprévisibles de la population ; 3 000 policiers et militaires avaient été déployés sur le parcours. L'ampleur de la manifestation montrait clairement qu'elle avait nécessité de très importantes sommes d'argent.

En quoi cela profite-t-il au Kremlin ? Et à qui cela profite-t-il, au Kremlin ? Mobiliser contre un ennemi extérieur est une stratégie politique, avec un objectif précis.

La manifestation est terminée. Son arrière-goût demeure. L'expérience de ces vingt dernières années nous a largement prouvé que l'ennemi le plus "fort et retors" du pays était en nous-mêmes. Personne ne nous cause plus de mal que nous.

Les avions qui s'écrasent, les explosions dans les mines, les hôpitaux qui flambent, les morts des accidents de la route, les bizutages cruels à l'armée sont le résultat de notre propre irresponsabilité, et tout cela ne vient en aucun cas des menaces de l'étranger. Il vaudrait mieux que les jeunes réfléchissent à ce genre de choses. Cela vaudrait mieux pour eux. Car la jeunesse passe vite...

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leurs parents ont déja donné avec plus de 70 ans de communisme qui a dégradé ce pays et ils voudraient y retourner ? réouvrir des goulags ? mais qu'ils voyagent un peu dans le monde pour se rendre compte que les solutions ne sont pas le tout communisme ni le tout capitalisme !
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R
Bravo pour ce blog bonne continuation !<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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A
Le XXIième siècle est le danger du retour des extrêmes tout confondus. Quelle tristesse et décadence de ne pas inventer de nouvelles pensées positives. 
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