Le grand bluff

Publié le par LV

Vrai-faux sondage des Renseignements généraux sur la chute de Royal, appels socialistes à une alliance avec Bayrou, rumeurs sur des négociations Sarkozy-Le Pen... A une semaine du premier tour de l'élection présidentielle, les manoeuvres et autres bruits de couloirs ont pris un pas qui semble définitif sur le débat de fond, et renforcent un peu plus l'incertitude du résultat.


Rien de tel pour accompagner une semaine de poker menteur qu'une bonne recette : une dose d'indécis, quelques cuillérées d'intox, des litres de sondages, et un soupçon de programme. Faîtes cuire à feu vif, et à la fin, au moins deux candidats feront un four... Pourtant, tous affichent leur assurance. Au cours des derniers jours, les luttes de personne et la séduction de l'électorat du voisin se sont encore amplifiées. A droite comme à gauche, ou, plutôt, au centre-gauche, on revendique sa position de leader, et on se livre à un pas de deux éloquent.

Chez les premiers, la passe d'armes entre Nicolas Sarkozy, qui dit vouloir ramener à droite les électeurs du Front national, et Jean-Marie Le Pen s'est accentuée. Le leader frontiste a réservé sa verve aux origines immigrées du président de l'UMP, s'opposant à lui comme candidat du "terroir". Hier encore, au Palais des sports de Paris, il tançait la "racaille politicienne", dont il faisait de Sarkozy la tête de pont. Ce lundi matin, Marine Le Pen a relayé le discours de son candidat de père, en accusant Sarkozy de vouloir l'électorat du Front national, mais pas son leader.

Marine Le Pen ministrable en cas d'accord ?

Cette joute verbale se teinte pourtant de soupçons et rumeurs sur une alliance entre les deux camps, qui ferait basculer la politique française de l'autre côté de la force morale qu'elle s'était imposée bon gré, mal gré, à l'exception de quelques présidents de région RPR en leur temps. Brice Hortefeux, (très) proche de Nicolas Sarkozy, a allumé la mèche en évoquant la semaine dernière l'introduction d'une dose de proportionnelle aux élections législatives, lesquelles n'ont jamais vraiment souri au FN.

Le candidat a vite fait de s'en écarter, assurant qu'il n'était « pas engagé » par les propos de celui qui est, et reste, l'un de ses plus fidèles lieutenants. "Nous ne serons jamais les supplétifs de votre politique", a répondu dimanche Jean-Marie Le Pen, qui sait l'importance capitale que peuvent avoir les quelque 30% de ses électeurs de 2002 que les instituts de sondages voient se rabattre sur la ligne dure de la droite républicaine prônée par Sarkozy. Le "mal" est pourtant fait, et Le Canard enchaîné n'a pas tardé à s'en saisir, avançant le nom de Marine Le Pen comme potentielle ministrable en cas d'accord...

A qui profitent les sondages ?

La gauche et le centre, eux, n'en sont pas à envisager des fauteuils ministériels. Dans les rangs serrés de la candidate socialiste, l'heure est plutôt à la remobilisation. La faute, d'abord, aux rumeurs de défaite qui ont pesé lourd la semaine dernière. Samedi, le site internet du Nouvel Observateur assurait que les Renseignements généraux avait réalisé une enquête plaçant Ségolène Royal en 4e position au premier tour. Une autre enquête, attribuée au Centre d'étude de la vie politique française (Cevipof) mais d'origine très incertaine, abondait dans ce sens. Si les RG ont rapidement démenti, un doute subsiste sur ces informations, et, surtout, sur l'origine de cette nouvelle, qui profiterait à la socialiste.

Car la quadrature du vote Royal se confond avec celle du suffrage Bayrou : l'utile. Depuis 2002, et l'échec cinglant d'un Lionel Jospin qui avait pâti de l'éparpillement des voix, en partie suscité par sa campagne précoce de deuxième tour, les socialistes n'ont de cesse d'appeler au vote utile. Pour créer "l'événement planétaire" qu'elle entrevoit, Royal répète à l'envi la nécessite de frapper fort dès le 22 avril, donc de voter "utile" pour l'envoyer au second tour. Mais elle se heurte à des études d'opinion qui la donnent systématiquement perdante si elle devait affronter Nicolas Sarkozy, quand François Bayrou serait élu à chaque coup.

Le "risque" d'un duel Sarkozy-Le Pen

Matinée d'intox, la sérénité de Ségolène Royal tranche avec les positions affichées par deux socialistes historiques, Michel Rocard et Bernard Kouchner, qui ont appelé à une alliance avec l'UDF. La candidate a désamorcé illico, assurant qu'elle ne ferait rien "dans le dos des électeurs". Et lundi matin, le chantre du rassemblement, François Bayrou, dont l'exemple allemand n'en finit plus de se décliner - après le gouvernement de coalition, argument pourtant solidement démonté dans une tribune d'un universitaire parue jeudi dans Le Monde, il a cité la chute des "murs de Berlin" - a promis qu'il n'y aurait pas d'accord avant le premier tour. Le fait est qu'aucun des deux ne souhaite laisser la place à l'autre, et attend d'être en position de force pour négocier un ralliement, sachant qu'à gauche comme au centre, une stratégie de 2e tour prévaut : empêcher l'élection de Nicolas Sarkozy.

Une tactique qui comporte, toutefois, un risque pour Royal et Bayrou. Celui de voir s'affronter dans le duel final Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen. Et pour les électeurs, l'absence d'un débat contradictoire qui pourrait, peut-être, avoir enfin lieu en cas d'opposition gauche-droite ou centre-droite, l'hypothèse d'un duel Royal-Bayrou paraissant faible. La présence du candidat UMP, en tête de tous les sondages depuis des mois, ne fait guère de doute, même si Le Pen croit deviner chez lui un syndrome Jospin. Le candidat frontiste, lui, est peut-être affaibli par le report de certains électeurs sur son rival mais reste, selon les sondages et les études qualitatives - y compris une possible étude des RG... - en embuscade.

L'hypothèse est d'autant plus crédible qu'à une semaine du premier tour, il reste 37% d'indécis, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche. Pour les convaincre, tous jettent leurs dernières forces dans la bataille. Sarkozy se gausse des soubresauts du centre gauche, Le Pen réveille dans les dernières heures son incontestable capacité de tribun, Royal se décide à sonder sur sa gauche - lundi matin, elle a promis le plus vite possible le Smic à 1500 euros nets - et Bayrou, essoufflé depuis quelques jours, s'est relancé grâce à Rocard. Tous se disent certains d'être au 2e tour.

Il y en a au moins deux qui bluffent...

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T
dans un écrit testamentaire, sarkozy a voulu faire don de son cerveau à la science mais la faculté de médecine a refusé
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R
la racaille c'est sarko!
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D
La direcction des RG était bien nomnée par Sarkozy... alors leurs sondages....
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