Au Cambodge les bons comptes font les bons mariés

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mariages-cambodge.jpgLa saison des mariages dure de début novembre à début juin. Elle occasionne de grandes dépenses dans les familles qui affirment ainsi leur rang dans la société, relate l'hebdomadaire Cambodge Soir.

Début décembre, le vent frais qui souffle du nord annonce, aussi sûrement que les oracles des kru [les médecins traditionnels], la saison des mariages. Celle-ci s'étend jusqu'au mois de mai, à l'époque où les premières pluies viennent différer les ardeurs des jeunes fiancés et de leur famille. Il est question d'amour, mais pas seulement ; le mariage, c'est aussi une question d'argent… Si la tradition veut qu'il se déroule dans la maison de la famille de la jeune fille, les couples sont de plus en plus nombreux à choisir une salle ou un restaurant pour l'organiser. Question d'image : des noces au restaurant sont plus chics aux yeux des invités. Mais elles coûtent aussi plus cher et étaient, jusqu'à peu, réservées aux familles riches. Pourtant, à l'heure actuelle, les familles de classe moyenne et les ruraux s'offrent ce luxe. Et aujourd'hui, seule une cérémonie sur dix se déroule à la maison.

A l'image des plus riches, les classes moyennes ou plus pauvres ne veulent pas perdre la face à l'occasion de leur mariage. Navin et Thida, jeunes Phnompenhois, se diront "oui" le mois prochain au restaurant Tonlé Sap situé au bord du fleuve éponyme qui traverse la capitale. Tous deux sont issus de familles pauvres, mais ils désirent de belles noces. Ils ont donc décidé de l'organiser au restaurant grâce à l'aide financière des parents et des proches. "Même si nous ne sommes pas riches, nous devons préserver notre honneur", explique Thida.
Dara et Makara se sont, quant à eux, mariés l'an dernier. Membres de familles de fonctionnaires, ils ont invité plus de 300 personnes pour leurs noces. Tout le monde était ravi. "Ce qui est important, c'est ce que pensent les invités, pas les difficultés financières, explique Dara. Parfois l'apparence est plus importante que l'argent. Pour mon honneur ce jour-là, je n'ai pas compté les dépenses", souligne la jeune femme.

Les tarifs de location des salles de réception varient selon deux critères importants. Premièrement, l'emplacement : une salle en centre-ville assez facile d'accès coûtera plus cher qu'un lieu un peu isolé ou à la campagne. Deuxièmement, la date : la plupart des mariages ayant lieu du début novembre jusqu'au mois de juin, les prix sont plus élevés à cette période. Le coût moyen d'un mariage, avec 400 invités au repas, varie entre 2727 et 6817 euros.

Si un mariage coûte cher aux familles des mariés, l'addition peut aussi être salée pour les invités… Leur participation est souvent conditionnée au degré de proximité avec les époux. Sept euros pour les personnes qui sont seulement des connaissances et de 14 à 68 euros pour les plus proches, amis ou famille. Cette tirelire de mariage se révèle être un échange de bons procédés permettant de rembourser la coûteuse cérémonie. "Il m'arrive de me plaindre, car cela coûte cher, mais je ne rate aucune cérémonie. Je compte bien inviter un grand nombre de gens le jour du mariage de ma fille. La société nous force à fonctionner ainsi", confie Kim Sreng, une commerçante de 55 ans, invitée à trois mariages durant le même week-end.

Le déroulement des festivités s'est sensiblement modifié au cours des dernières décennies. Autrefois, une cérémonie durait trois jours et trois nuits, mais aujourd'hui le mariage doit être réglé dans les vingt-quatre heures. La guerre civile qui a éclaté en 1970 et l'arrivée au pouvoir des Khmers rouges en 1975 seraient à l'origine de cette évolution, l'instabilité politique incitant les Cambodgiens à écourter les festivités. Selon Meich Ponn, spécialiste du mariage à l'Institut bouddhique, l'avènement de la société libérale et l'influence étrangère ont par la suite renforcé cette pratique. De nombreux rites ont ainsi été sacrifiés, comme les conseils de longévité [prodigués par le achar (représentant bouddhiste), les parents des mariés ainsi que par les invités aux nouveaux mariés]. Et pour certains tenants de la tradition bouddhiste, le raccourcissement de la cérémonie serait une cause de l'augmentation des divorces que l'on constate aujourd'hui.

Repère
Si, autrefois, les parents de la jeune fille prenaient en charge toutes les dépenses du mariage, aujourd'hui, les frais sont répartis entre les deux familles. Ainsi, avant d'accepter l'union, les parents de la jeune fille négocient avec ceux du garçon le "prix du lait" qui correspondait dans le passé aux "frais de nourrice". Autrefois payé en bêtes, maison, terrain ou argent, il est aujourd'hui toujours acquitté en espèces.

Le prix est variable et l'honneur de la famille de la fiancée en dépend. Pour les familles pauvres, il peut aller de 255 à 510 euros, tandis que dans le milieu commerçant et éduqué le prix passe à 1 021 euros et de 2 044 à 4 770 euros pour les familles urbaines. Pour s'assurer d'un partage équitable des frais de cérémonie, les familles ont désormais tendance à consigner dans un carnet la totalité des frais engagés, du maquillage au coiffeur en passant par le bouquet, la bague et le photographe.

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Lhuna/Angelique 29/12/2007 05:17

Pour se marier !!!!!!!!!!
Mais quelle idiotie au nom de de je ne sais quelle tradition !