Ce que coûterait aux salariés la victoire de Sarkozy

Publié le par LV

De nombreux économistes se sont penchés sur ce que le programme économique de Sarkozy coûterait à l'Etat et ont, heureusement, été amenés à souligner son invraisemblance et son absence de cohérence. Ils l'ont même « explosé en vol » jeudi 15 février ruinant toutes ses prétentions de sérieux. 

Mais, curieusement, personne ne semble s'intéresser à ce que coûterait la victoire de Sarkozy à 90 % des salariés, ceux qui gagnent moins de 2 200 euros par mois.

A écouter Sarkozy, ces salariés ne pourraient qu'y gagner : il leur suffirait de travailler plus. (Qui veut travailler plus ?).

Mais cette affirmation est en pleine contradiction avec la pratique du gouvernement auquel appartient Sarkozy.

Ce gouvernement, en effet, a fait passer le « contingent annuel autorisé » d'heures supplémentaires de 130 à 220 heures (et plus par « accord » selon la loi Fillon du 4 mai 2004, ce qui a donné 230 h dans la poissonnerie et 360 h dans la restauration). Or, c'est le dépassement de ce contingent annuel autorisé qui déclenche le paiement des heures supplémentaires avec une majoration de 100 %. Auparavant, dès la 131ème heure supplémentaire, le paiement de chaque heure supplémentaire était majoré de 100 %. Aujourd'hui, ce n'est qu'à la 221ème heure ( ou la 231°, la 361°...) qu'aura lieu cette augmentation. Cela revient à travailler plus pour gagner moins : l'inverse de ce qu'affirme Sarkozy qui n'a jamais annoncé qu'il reviendrait sur cette mesure.

De même c'est le gouvernement avec Sarkozy et Fillon qui a reporté la majoration des heures supplémentaires comprises entre 35 h et 39 h qui devait, par décision de la gauche, passer de 10 % à 25 % le 1er janvier 2005... Elle sont restées à 10 % jusqu'au 1er janvier 2008 : 5 millions des salariés peuvent dire merci à Sarkozy-Fillon d'avoir continué a travailler plus en gagnant moins... Idem avec l'extension des forfaits jours, le rachat rendu possible à taux zéro des comptes « épargne-temps » et la déduction des temps de trajet professionnels du temps de travail effectif (loi Borloo de janvier 2005).

Mais au moins ces salariés verraient-ils leurs impôts diminuer ? C'est en tous les cas ce qu’affirme Sarkozy. Mais cela n’a rien à voir avec la réalité des propositions de Sarkozy et de l'Ump. Leurs priorités ne concernent pas les salariés puisqu’il s'agit de diminuer l'impôt sur les sociétés et l'impôt de solidarité sur la fortune (grâce au bouclier fiscal que Sarkozy veut porter à 50 % du revenu et qui n’a qu'une seule véritable fonction : protéger ceux qui paient cet impôt).

Quant à l'impôt sur le revenu il suffit de constater à qui sa baisse a profité durant les gouvernements Raffarin et de Villepin (auxquels participait Sarkozy) pour comprendre que la très grande majorité des salariés ne sera pas concernée.

En 2002, 10 % des contribuables avaient profité de la baisse moyenne de 5 %; en 2003, 4,5 % des contribuables avaient profité de 56 % de la baisse; en 2004, 2,9 % des contribuables avaient bénéficié de 45 % de la baisse...
Non seulement Sarkozy ne proposent pas de revenir sur ces mesures, mais il propose d’aller encore plus loin.

Il est par contre un autre impôt que Sarkozy s’est bien donné garde de chiffrer mais qu'il veut soumettre au débat « sans a priori idéologique » : la « Tva sociale ». Chacun sait, en effet, que Sarkozy n'a pas d'a priori idéologique... La droite, les néo-libéraux ont depuis longtemps étudié la question et veulent porter le taux de Tva de 19,6 % à 23 ou 25 %. Une hausse de 5 points de la Tva pour un salarié gagnant 2 200 euros par mois et dépensant la presque totalité de son salaire mensuel, cela représente une hausse du coût de la vie d’environ 100 euros chaque mois !

La privatisation d'Edf-Gdf, souhaitée par Sarkozy, aura, elle aussi, de graves répercussions sur le pouvoir d’achat des salariés.
Dans tous les pays où le gaz et l'électricité ont été privatisés, les tarifs ont été multipliés par 2, 3 ou 4. Ce qui est logique puisque les actionnaires privés n’ont qu'une idée en tête : leurs dividendes. Les tarifs n’ont pas bougé en 2007 pour ne pas effrayer l'électeur. Mais si Sarkozy gagne, attention aux factures : chacun peut faire son calcul.

Si le prix du pétrole brut augmente : attention, là encore, à la facture à la pompe car la droite a supprimé la « flottaison » de la Taxe intérieure sur les produits pétroliers (Tipp) qui permettaient de diminuer cette taxe en proportion de l'augmentation du prix du brut. Et Sarkozy refuse d'y revenir.

Avec Sarkozy, la santé coûtera de plus en plus cher aux salariés.

Sarkozy et l'Ump proposent d’instaurer une franchise annuelle non remboursable de 50 à 100 euros sur les consommations de soin. Cela signifie que chaque année, les 50 ou 100 premiers euros que vous paierez à votre médecin ou votre pharmacien ne vous seront pas remboursés. Déjà que le forfait hospitalier a été élevé, que vous payez un euro par consultation, que nombre de médicaments ont été dé-remboursés...

La diminution du nombre de médicaments remboursés, l'augmentation du tarif des généralistes de 20 à 23 euros tout cela va dans le même sens.

Quant à la réforme de l'assurance maladie, elle est loin d'avoir produite tous ces effets les plus négatifs. Si Sarkozy l’emporte, il ne faudra pas attendre beaucoup pour voir toujours plus diminuer les soins remboursés par l'assurance obligatoire. En contre-partie, les tarifs des assurances complémentaires seront, en quelques années, multipliés par 1,5 ou 2. Là aussi, chacun peut faire son calcul.

Les salariés qui voudront faire grève pour compenser la baisse de leur pouvoir d'achat ne le pourront pas : les propositions de Sarkozy vident le droit de grève de son contenu et rendraient pratiquement impossible (comme au Royaume-Uni) le recours à ce droit qui ne serait plus qu'une coquille vide.

Le « contrat de travail unique » que Sarkozy veut imposer en s'inspirant du Cne rendrait d'ailleurs encore plus difficile toute revendication salariale. La généralisation du Cne signifierait, en effet, la précarité généralisée, la possibilité pour tout salarié d'être licencié sans motif et sans indemnité à n’importe quel moment.

Les salariés qui partiront en retraite seront frappés de plein fouet par la loi Fillon qui allongera d'au moins un trimestre par an (et sans doute de deux) la durée de cotisation nécessaire à l'obtention d’une retraite à taux plein à partir de 2009. Quand on sait que la moyenne d’une carrière dans le secteur privé est de 37 ans, il n'est pas difficile de comprendre ce que le droit à la retraite à 60 ans signifiera pour nombre de salariés des retraites dont le montant sera en chute libre. Or Sarkozy ne propose pas d'abroger cette loi. N'était-il pas, d'ailleurs - même s'il essaie de se faire passer pour un homme neuf - membre du gouvernement Raffarin qui l'a soumise au Parlement !

L'accroissement du chômage produit par la politique de Sarkozy irait dans le même sens et pèserait encore plus lourd qu’aujourd’hui sur les salaires. La diminution du pouvoir d’achat salarial programmé par la droite alors qu'il faudrait relancer la consommation pour relancer la croissance, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, la volonté de faire travailler les salariés âgés aux dépens de tous les jeunes qui cherchent un travail : tout va dans le même sens, celui de l'augmentation du chômage.

Quant à la régression du service public programmée par la droite et Sarkozy, elle se traduira forcément par une montée des inégalités face à la santé, à l'éducation, aux transports, à la culture, à la poste, aux télécommunications... qui touchera en priorité ceux dont les revenus sont les moins élevés.

Voilà un « chiffrage » effectué d'un point de vue qui n’intéresse en rien Sarkozy ni ses « experts » des grands médias. Un chiffrage qui n’a rien a voir non plus avec les autres « chiffrages » du candidat ridiculement « effondrés », « explosés en vol » ces jours derniers par ses propres amis Fillon, Méhaignerie, Lambert, etc...

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D
Cet article pointe "la part d’ombre" de l’élection présidentielle. Les salariés modestes et les mal-payés. Je ne crois pas une seconde que Ségolène Royal changera quelque chose à cet état de fait. Concernant, par exemple, les services publics, je ne l’ai jamais entendu promettre de revenir sur la LOLF, arme maîtresse de la droite, et votée par les socialistes pour démolir les services publics, ses acquis, son efficacité et sa valeur de modèle social qui entraine le privé quand une régression se pointe. <br /> Je voterais, la mort dans l’ame, au second tour pour Royal pour une simple et essentielle raison : police partout justice nulle part. <br /> Là aussi, sans trop d’illusions, mais tout en croyant qu’un Vaillant de l’heure sera moins "baton" qu’un SDNB, qui nous amènera la dictature, fil pétainiste implicite dans ses propos comme dans ses troupes dont le principe premier est briser le salariat et surtout les revendications. En ce sens il est le Parti de la Mort sociale, contre quoi même une gauche pitoyable à la Royal est préférable.
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F
<br /> TVA sociale, le « non dit » du débat fiscal ? <br /> Nicolas Sarkozy a avancé un certain nombre de propositions fiscales en ce début 2007. Reconnaissons-lui un mérite, celui d’avoir contribué (avec Johnny, un de ses principaux soutiens !) à engager le débat fiscal. Parmi les mesures qu’il avance figurent ; la quasi-suppression des droits de succession, l’abaissement du bouclier fiscal, la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés... Le candidat de l’Ump reste cependant très discret sur l’augmentation de la TVA qu’il ne semble pas écarter puisqu’il a déclaré préférer « imposer la consommation plutôt que le travail ». Or, on sait que la TVA sociale est populaire dans son entourage. Jean Arthuis et Philippe Marini se sont par exemple régulièrement prononcés en faveur de la TVA « sociale ». Au fond, la focalisation sur l’impôt de solidarité sur la fortune, dont l’importance dans les recettes fiscales est proportionnellement inverse à son poids médiatique, pourrait bien arranger les affaires des supporters de la TVA sociale, au point qu’elle pourrait bien être le non-dit du débat fiscal. En déclarant vouloir imposer la consommation plutôt que le travail, le candidat de l’Ump sousentend donc clairement que c’est la TVA, impôt sur la consommation, qui est préférée à l’impôt sur le revenu. Or, pour la grande majorité des contribuables, c’est le revenu du travail qui est l’unique source de revenus. La consommation s’effectue alors en dépensant les revenus du travail. Imposer la consommation par un impôt indirect proportionnel revient donc à imposer les revenus du travail ce qui, pour les contribuables aux revenus modestes, peu ou pas imposables, revient à augmenter la charge fiscale. Le tour de passe-passe ne trompe pas. On rappellera ici les chiffres du Conseil économique et social : les 10 % des ménages les plus riches consacrent 3,4 % de leur revenu à la TVA, les 10 % les plus pauvres 8,1 %... Le but est clair : il s’agit en réalité d’opérer un basculement des impôts directs progressifs, en principe les plus justes à condition qu’ils ne donnent pas lieu à de multiples niches fiscales (on sait qu’elles sont malheureusement nombreuses, coûteuses et inefficaces mais pour autant, leur suppression ou leur diminution n’est pas à l’ordre du jour), vers les impôts indirects et proportionnels. On retrouve là une vieille antienne libérale pour laquelle l’impôt ne doit pas être un instrument de redistribution et donc de correction des inégalités. Cette proposition de Tva « sociale » circule avec une certaine insistance dans « les milieux autorisés » : augmenter la TVA permettrait de compenser une baisse des cotisations sociales dites « patronales ». Il s’agit, en transférant sur la TVA une partie du financement du système de sécurité sociale, d’alléger le coût du travail tout en imposant davantage les produits importés (les produits exportés n’étant pas imposés à la TVA). Les promoteurs de cette réforme, à gauche et à droite, mettent en avant les effets suivants : l’allègement du coût du travail supposé favoriserait la création d’emplois et la compétitivité des entreprises, la taxation supplémentaire à l’importation devant ériger une forme de barrière protectionniste. Cette « TVA sociale » est cependant bien plus complexe qu’il n’y parait au premier abord. Car augmenter la TVA (pour la porter à 23 voire 25 %) n’est pas sans effet sur la consommation, le pouvoir d’achat des ménages et, in fine, l’activité économique. Le prix de tous les produits importés serait augmenté, tout comme le prix de nombreux produits provenant de France. En effet, la baisse du coût du travail ne serait pas (ou ne pourrait pas être) répercutée dans le prix des produits de nombreux secteurs d’activité, soit du fait d’une hausse du taux de marge à due concurrence de la baisse des « charges sociales » (ce qui est possible dans les secteurs peu concurrentiels par exemple), soit parce que le coût de la main d’œuvre, notamment peu qualifiée, a déjà fait l’objet d’allègements, de sorte qu’il serait impossible de répercuter la totalité des nouveaux allègements proposés. Il en résulterait une hausse des produits des secteurs concernés. Au final, le prix payé augmenterait pour une quantité importante de biens de consommation, ce qui pèserait dans le budget des ménages, déprimerait la consommation et donc la croissance. Enfin,l’augmentation de l’imposition des importations conduirait à davantage de pression dans les pays qui exportent vers la France qui « compenseraient » par une pression salariale et sociale accrue la hausse des prix des produits vendus en France. La TVA sociale s’inscrit pleinement dans la vision de l’impôt portée par le discours dominant. On voit cependant que les effets sociaux et économiques d’une augmentation de la TVA sont loin d’être ceux avancés par ses partisans. La hausse de la TVA en Allemagne (qui a porté sa TVA de 16 à 19 %, soit 0,6 point de moins que l’actuelle TVA française) ne semble d’ailleurs pas produire les effets escomptés. Puisse cette expérience servir le débat fiscal français... <br /> Syndicat National Unifié des Impôts - Tél. : 01.44.64.64.44 - www.snui.fr http://www.snui.fr/gen/chronique_fiscale/2007_debat_fiscal/debat_fiscal_2007.htm
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A
La TVA inventée par le Général de Gaulle est l'impôt le plus inégalitaire, surtout concernant les produits vitaux qui ne devraient pas être taxés !!! Et en plus Sarkozy veut l'augmenter !!!
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M
Le caviar n'est pas moins taxé que les pommes de terre, ces 2 produits sont à 5,5% de TVA ce qui est pour le moins scandaleux! Pour les voitures c'est pareil, une petite voiture est taxée comme une Ferrari ou une Rolls! De qui ont se moque?
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S
C'est facile de promettre des baisses d'impots sur le revenu en compensant largement par une augmentation de la TVA ! Je saurais faire aussi ! Mais c'est encore ceux qui gagnent le moins qui seront gros jean comme devant car une personne aisée ne mange pas plus souvent qu'une moins aisée... 
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