Bayrou détient les clés du second tour
Pour François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH 2, il y a trois vainqueurs : Sarkozy, Royal et Bayrou. Et un perdant : Le Pen.
Quelle leçon tirez-vous du premier tour de la présidentielle ?
Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou sont les trois grands vainqueurs du scrutin. 29 à 30% pour Nicolas Sarkozy, c’est une véritable prouesse pour un ministre issu d’un gouvernement sortant. Ensuite, 26% pour Ségolène Royal, c’est aussi un bon chiffre puisque c’est le score de Mitterrand en 1981 et 3 points de plus que celui de Jospin en 1995. Quant à Bayrou, même s’il n’est pas qualifié pour le second tour, il réalise une percée sans précédent. Parti il y a 6 mois à 6-7% des intentions de vote, en terminant sa course à 18%, il a installé l’UDF dans la vie politique française. C’est lui qui détient les clés du second tour.
Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou sont les trois grands vainqueurs du scrutin. 29 à 30% pour Nicolas Sarkozy, c’est une véritable prouesse pour un ministre issu d’un gouvernement sortant. Ensuite, 26% pour Ségolène Royal, c’est aussi un bon chiffre puisque c’est le score de Mitterrand en 1981 et 3 points de plus que celui de Jospin en 1995. Quant à Bayrou, même s’il n’est pas qualifié pour le second tour, il réalise une percée sans précédent. Parti il y a 6 mois à 6-7% des intentions de vote, en terminant sa course à 18%, il a installé l’UDF dans la vie politique française. C’est lui qui détient les clés du second tour.
Cela fait donc trois vainqueurs et un perdant…
Même s’il n’y a que deux qualifiés, il y a en effet trois gagnants. Ce scrutin constitue en revanche une forte défaite pour Jean-Marie Le Pen. Pour lui, c’était l’élection de trop. Ce mauvais score tient à la mémoire de 21 avril 2002 que les Français ne voulaient pas revivre mais pas seulement. La pertinence du positionnement de Nicolas Sarkozy, qui a empiété sur son électorat, a aussi compté. Les études que nous avons réalisées durant la campagne ont d’ailleurs montré qu’un électeur sur deux du Front national en 2002 a apprécié l’action de Nicolas Sarkozy en matière de lutte contre l’insécurité. Enfin, l’homme Le Pen semblait personnellement moins à l’aise que dans les campagnes précédentes. Le tribun d’hier a banalisé son image.
Ce scrutin a aussi été marqué par une participation record. Est-ce la peur du 21 avril qui a joué ?
Ce serait une erreur de tout réduire au souvenir du 21 avril. La campagne électorale a d’abord intéressé les Français. Il y a eu des propositions nouvelles de la part des candidats et une génération nouvelle en politique, celle des quinquagénaires, a émergé. La participation tient donc aussi au fait que cette campagne a fonctionné avec succès.
Nicolas Sarkozy est-il désormais en position de force ?
Sa situation est en réalité moins facile qu’il ne pouvait l’imaginer. Un Le Pen à 11, cela signifie que le réservoir de voix lepénistes est moins important que ce à quoi il aurait pu s’attendre. Et, par ailleurs, on peut supposer qu’une majeure partie des voix de Bayrou se reportera sur Ségolène Royal.
Selon vous, cette élection marque aussi un tournant un important dans la vie politique française. Pourquoi ?
C’est une élection de régénération. C’est la fin de deux légendes de la vie politiques que sont Jean-Marie Le Pen et Arlette Laguiller. Et c'est l’émergence d’une génération de quinquagénaires qui ont un long avenir politique devant eux. Cette élection ne disqualifie ni Royal, ni Bayrou, ni Sarkozy, c’est ça qui est remarquable.
Même s’il n’y a que deux qualifiés, il y a en effet trois gagnants. Ce scrutin constitue en revanche une forte défaite pour Jean-Marie Le Pen. Pour lui, c’était l’élection de trop. Ce mauvais score tient à la mémoire de 21 avril 2002 que les Français ne voulaient pas revivre mais pas seulement. La pertinence du positionnement de Nicolas Sarkozy, qui a empiété sur son électorat, a aussi compté. Les études que nous avons réalisées durant la campagne ont d’ailleurs montré qu’un électeur sur deux du Front national en 2002 a apprécié l’action de Nicolas Sarkozy en matière de lutte contre l’insécurité. Enfin, l’homme Le Pen semblait personnellement moins à l’aise que dans les campagnes précédentes. Le tribun d’hier a banalisé son image.
Ce scrutin a aussi été marqué par une participation record. Est-ce la peur du 21 avril qui a joué ?
Ce serait une erreur de tout réduire au souvenir du 21 avril. La campagne électorale a d’abord intéressé les Français. Il y a eu des propositions nouvelles de la part des candidats et une génération nouvelle en politique, celle des quinquagénaires, a émergé. La participation tient donc aussi au fait que cette campagne a fonctionné avec succès.
Nicolas Sarkozy est-il désormais en position de force ?
Sa situation est en réalité moins facile qu’il ne pouvait l’imaginer. Un Le Pen à 11, cela signifie que le réservoir de voix lepénistes est moins important que ce à quoi il aurait pu s’attendre. Et, par ailleurs, on peut supposer qu’une majeure partie des voix de Bayrou se reportera sur Ségolène Royal.
Selon vous, cette élection marque aussi un tournant un important dans la vie politique française. Pourquoi ?
C’est une élection de régénération. C’est la fin de deux légendes de la vie politiques que sont Jean-Marie Le Pen et Arlette Laguiller. Et c'est l’émergence d’une génération de quinquagénaires qui ont un long avenir politique devant eux. Cette élection ne disqualifie ni Royal, ni Bayrou, ni Sarkozy, c’est ça qui est remarquable.
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