80.000 détenus en France en 2017

Publié le par .

Une note de l'Administration pénitentiaire estime à 80.000 le nombre de détenus dans les prisons françaises à l'horizon 2017, alors qu'elles ne devraient compter à cette date que 63.000 places.

Une note de synthèse de l'Administration pénitentiaire (AP) estime à 80.000 le nombre de détenus dans les prisons françaises à l'horizon 2017. Le document, révélée par Le Monde dans son édition datée du samedi 14 juillet, est censé nourrir la réflexion sur la future loi pénitentiaire, alors que la Garde des Sceaux, Rachida Dati s'est engagée à proposer une loi sur les prisons à l'automne.

La note indique que "la population confiée à l'AP pourrait atteindre 80.000 personnes en 2017", précisant néanmoins qu'il s'agit d'"éléments de prospective". Une population bien supérieure à la capacité d'accueil des établissements pénitentiaires à cette date, selon les projections du programme de construction de prisons voté en 2002 (et qui prévoyait 13.200 nouvelles places) : elle comptera en effet 63.000 places contre 50.000 aujourd'hui. 

"Un fort accroissement des violences en détention" 

L'Administration pénitentiaire recensait à la date du 1er juin 2007 60.870 détenus en France. On n'ignorait encore, vendredi 13 juillet, le chiffre de prisonniers au 1er juillet, chiffre habituellement dévoilé le premier jour du mois par le cabinet de la Garde des Sceaux. 

Selon l'AP, le bond de quelque 30% du nombre de détenus dans la décennie à venir s'expliquerait par l'amplification de plusieurs phénomènes déjà observés aujourd'hui. Le premier de ces constats consiste en "un accroissement des durées des longues peines" combiné à "un accroissement fort de la proportion des courtes peines". Par ailleurs, les détenus ont un profil plus varié, avec à la fois "une augmentation forte de la proportion des détenus ''âgés''" et de celle "des jeunes de 18 à 35 ans".
Cette population carcérale, précise le document, "est plus violente, notamment du fait de l'apport de détenus en provenance d'Europe de l'Est mal connu des services pénitentiaires et d'une dégradation de l'état psychique des détenus".
"Ceci se traduit par un fort accroissement des violences en détention, ce que subissent les détenus autant que les personnels", peut-on encore lire dans la note.
 

Plus de soupape de sécurité

Le débat sur la surpopulation carcérale a récemment été relancé par le refus de Nicolas Sarkozy d'accorder la traditionnelle grâce collective. Une mesure qui jouait un rôle de soupape de sécurité, permettant en effet chaque été de soulager provisoirement les prisons de 3.500 à 5.000 détenus. La décision du président de la République n'a, pour le moment, provoqué aucun mouvement important parmi les prisonniers. Mais les personnels pénitentiaires ont cependant été rappelés à la vigilance.

Commenter cet article